Actualités Francophones

Ecrit par le 26 Juin, 2017

Nous avons souvent évoqué sur ce blogue la guerre que se livrent les langues dans différentes parties du monde. Ainsi, les Anglo-saxons saxons tentent-ils de substituer l’anglais au français en Afrique, avec succès au Rwanda et de manière de plus en plus appuyée dans l’Est de la...

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Linguistique

Ecrit par le 8 Juil, 2017

L’été dernier, je suis retourné en Irlande. J’y connais une famille irlandaise et j’en ai profité pour réaborder le sujet du gaélique, la langue celte qui était parlée avant l’arrivée de l’anglais. La plus grande propagation de l’anglais s’est...

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Culture francophone

Ecrit par le 17 Sep, 2017

Le Mali, pôle musical de premier ordre Il existe plusieurs pôles musicaux dans le monde : l’Angleterre, la France, les États-Unis, les pays hispaniques et les pays scandinaves (en anglais) sont ceux qui défendent le mieux leur industrie musicale. Mais la musique existe aussi en dehors de...

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Derniers articles

Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

17 Oct, 2017

Le français occupe une place non-négligeable dans le monde d’aujourd’hui (parlé sur les 5 continents, environ 270 millions de personnes sont considérées comme francophones par l’OIF, et c’est une des langues les plus apprises au monde à tel point qu’on manque de professeurs de français). Ceci dit, la première place est indiscutablement occupée par l’anglais, grâce notamment à l’influence des États-Unis aujourd’hui, et du Royaume-Uni au XIXe siècle. En tant que français, nous connaissons tous nos défaites fameuses (Waterloo, Trafalgar) qui ont mis hors d’atteinte une plus grande expansion du français. Mais le français aurait pu avoir une place plus importante… sans guerre. On ne refait pas l’histoire, mais il est bon de ne pas dévaloriser son histoire. Savoir ce que l’histoire doit au hasard permet à chaque peuple de retrouver une place d’égaux. Aujourd’hui, pour faire un peu les chauvins (et gratter là où ça fait mal), nous allons voir les rendez-vous manqués du français avec l’histoire. (ou avec une plus grande histoire, parce que le français est loin d’avoir disparu !)

Le Mali, centre musical mondial

Le Mali, pôle musical de premier ordre

Il existe plusieurs pôles musicaux dans le monde : l’Angleterre, la France, les États-Unis, les pays hispaniques et les pays scandinaves (en anglais) sont ceux qui défendent le mieux leur industrie musicale. Mais la musique existe aussi en dehors de l’industrie musicale et d’autres lieux de mélange et de créativité existent… comme le Mali, dont la tradition musicale et vocale (les griots) est très ancienne. C’est aussi l’une des patries de la kora, cet instrument à cordes ancestral.

Pour ceux qui connaissent Youssou N’Dour, un auteur-compisteur-interprète qui vient du Sénégal connu notamment pour son duo avec Neneh Cherry : « 7 Seconds », on ne peut pas parler de pôle musical sénégalais vu de France, car trop peu d’artistes sénégalais se sont fait connaître comme le fruit d’une tradition musicale locale. Il faut au moins deux individus pour commencer à faire une généralité…

En ce qui concerne le Mali, la qualité et le nombre des artistes qui en sont issus est assez étonnante. cela fait plusieurs fois que j’entends parler de ce foyer de création par différents artistes qui l’incarnent ; la particularité y est une tradition qui semble séculaire et de qualité, et qui s’est épanouie à l’abri de l’influence occidentale. C’est donc une singularité tout à fait remarquable et intéressante que la musique malienne. Je vous propose donc de vous faire découvrir quelques artistes coup de coeur à travers lesquels s’exprime cette singularité.

Perception de l’anglais par des Irlandais

Pourcentage d’Irlandais parlant le gaélique sur une base quotidienne, en dehors de l’école (enquête 2011)

L’été dernier, je suis retourné en Irlande. J’y connais une famille irlandaise et j’en ai profité pour réaborder le sujet du gaélique, la langue celte qui était parlée avant l’arrivée de l’anglais. La plus grande propagation de l’anglais s’est faite au XIXe siècle et l’indépendance en 1922 n’a pas infléchi cette tendance.  La question que je me posais était celle-ci : quelle est la perception de l’anglais par les Irlandais. Autrement dit : comment vit-on le fait de devoir parler anglais dans un pays comme l’Irlande, c’est-à-dire dans un pays qui a été mis à genoux par les Anglais à plusieurs reprises, notamment lors de l’épisode du « potato blight ». Comment vit-on le fait de devoir parler la langue de ses envahisseurs et que la dynamique qui promeut cette langue est bien plus forte que celle qui porte la langue de notre pays, la langue qui fonde notre identité ?

La fin de la Bretagne romaine (3)

De l’influence du britto-latin (et donc du Brythonic ancien)

 

La présence impressionnante de mots d’origine latine en Anglais est souvent attribuée à l’influence du Français introduit après la conquête normande en 1066. Elle est si importante qu’elle ferait douter de la pertinence de la classification de l’Anglais dans la famille des langues germaniques, car quel que soit le facteur considéré : lexical, morphologique ou phonologique, les différences avec les autres langues de ce groupe paraissent considérables.

Ainsi est il admis que la proximité lexicale du français et de l’anglais se manifeste de manière remarquable, de 50 à 70 % du vocabulaire anglais courant est d’origine latine, même si cela dépend du niveau de langue considéré, « populaire » ou plus « universitaire » et du contexte d’usage : familier, professionnel, professoral ou journalistique.

La fin de la Bretagne romaine (2)

État partiel de la recherche sur l’influence celtique en Anglais

 

Des générations d’archéologues ont expliqué la longue connivence culturelle entre les populations installées des deux côtés de la manche. Ainsi, depuis le néolithique et ses réalisations mégalithiques et durant l’age du Bronze atlantique d’intenses relations commerciales sont attestées. Mais rien n’indique ou n’infirme qu’une langue unique ait alors été utilisée lors de ces échanges.

Des recherches récentes situent l’ethnogenèse « celtique » non plus dans les vallées et sur les contreforts septentrionaux des Alpes mais plutôt sur la côte atlantique entre l’age du bronze final et l’age du fer (Alinéi et al. PCP 1996 – 2002). Si ces hypothèses sont fondées, il est probable que des langues relativement parentes aient pu se propager lentement le long des côtes atlantiques de l’Europe. Concernant le peuplement celtique de l’archipel britannique, la théorie « invasionniste » classique (H. Hubert 1932) elle-même, situait les arrivées successives des Gaels, des Pietés et des Bretons, à partir du milieu du 2nd millénaire avant l’ère commune, mais en provenance de la côte sud orientale de la mer du Nord. Les deux grandes théories concurrentes s’accordent donc au minimum sur la présence des langues celtiques dans les îles britanniques dès l’age du bronze atlantique (3300 YBP).

La fin de la Bretagne romaine (1)

Contribution de la linguistique à la reconnaissance de l’histoire – approche traditionnelle vs approche actuelle.

 

Gwenaël Henry m’a demandé de mettre en ligne ces trois articles sur l’histoire linguistique des peuples qui peuplaient la Grande Bretagne à la fin de l’Empire romain. Articles érudits et intéressants du point de vue de l’histoire de la langue française elle-même puisqu’il y est question de l’impact du français (et du latin) avant même 1066. Les interactions avec la Bretagne également méritent l’attention.

Partie I – Survol de l’évolution du traitement universitaire de la question

La linguistique comparée s’est véritablement singularisée en tant que discipline scientifique spécifique, il y a un peu plus de deux siècles, à partir des premiers travaux sérieux et documentés réalisés dès 1783 par le philologue William Jones, d’origine galloise. Soit près d’un siècle avant la parution de la thèse révolutionnaire de Charles Darwin (1859) qui permis entre autres d’approfondir considérablement la durée de l’histoire de l’humanité. Car avant Darwin, l’Histoire se cantonnait tant bien que mal, dans les six petits millénaires alloués par la tradition biblique.

Guerre des langues en Suisse alémanique

Nous avons souvent évoqué sur ce blogue la guerre que se livrent les langues dans différentes parties du monde. Ainsi, les Anglo-saxons saxons tentent-ils de substituer l’anglais au français en Afrique, avec succès au Rwanda et de manière de plus en plus appuyée dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Mais cette confrontation entre le français et l’anglais se joue aussi aux portes de la France, plus précisément en Suisse alémanique (germanophone). Cette situation de « tension linguistique » n’est pas nouvelle mais elle s’est réaffirmée dernièrement, dimanche 21 mai 2017, sur ce territoire helvétique à l’occasion d’un référendum organisé dans le canton de Zurich. La question posée était : faut-il continuer à enseigner deux langues autres que l’allemand dans le primaire ? Le vrai enjeu implicite était en fait : faut-il continuer à enseigner le français en primaire ou garder uniquement l’anglais ?

Pour comprendre les enjeux, un résumé de la situation de l’apprentissage des langues en Suisse s’impose.

Jean-Luc Mélenchon fait du bien à la francophonie

Jean-Luc Mélenchon fait du bien à la francophonie

9 Avr, 2017

Quelle surprise ! Après avoir eu l’impression de prêcher un peu dans le désert pendant des années, voilà qu’une bonne partie des idées et arguments défendus sur ce blogue sont repris par Jean-Luc Mélenchon dans une émission grand public : le « On n’est pas couché » du 8 avril. Cela mérite d’y revenir.

Retour sur notre combat

Déjà, notre choix tactique, sur ce blogue, c’est de s’adresser à des convaincus et de leur faire gagner du temps en leur fournissant des arguments, des données, des chiffres et des analyses. On avait aussi choisi de se faire l’écho des bonnes nouvelles, car pendant longtemps, la francophonie était directement synonyme de langue du passé, de colonialisme, de réactionnaire, de trop compliquée, et on ne pouvait rien dire d’autre. La langue anglaise serait-elle indemne de ces défauts ?

Nous nous sommes attachés à déconstruire ces représentations (la langue anglaise est très compliquée dès qu’on a passé les débuts, c’est une langue bourrée d’exceptions ; quant au colonialisme, on sait bien que les Etats-Unis sont un pays qui se sont bâtis sur le génocide d’un peuple et l’exploitation d’un autre ; il ne s’agit pas de les critiquer aujourd’hui pour des fautes passées, mais d’être raisonnables et équitables dans ses jugements). Par ailleurs, nous avons cherché à nous concentrer sur ce qui fonctionne plutôt que de nous laisser dicter les termes du débat par les gens hostiles à l’épanouissement de notre langue, à sa vivacité, à son utilisation.