EDUCATION FIRST, puissant lobby anglophile

 

                                   Tous les ans, un peu avant la rentrée scolaire de septembre, avez-vous remarqué comme les médias s’en donnent à cœur joie pour critiquer l’Ecole ? C’est l’occasion de mettre en valeur les évaluations PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis), toujours plus déprimants à les lire. Bien sûr, on passera sous silence que la France reste dans la moyenne des pays évalués. Pourtant, contrairement à la plupart des autres pays de l’OCDE par exemple, même les plus touchés par la crise de 2008, les conditions de travail s’y sont dégradées et sont parmi les pires : salaires en baisse nette et relative, nombre plus élevé d’élèves par classe, formations continues inexistantes, etc.

                                                                 L’ enseignement des langues n’échappe pas à des comparaisons  forcément désobligeantes : les Français seraient parmi les mauvais élèves de l’Europe. Bien sûr, pas un mot sur le niveau des Anglais (ou des Anglo-saxons en général) en langues étrangères… Implicitement, on les exclut de toute comparaison puisqu’ils sont « en haut de l’échelle » grâce à la puissance de diffusion de leur langue…  Il faudrait un jour s’interroger sur les impacts psychologiques, individuels ou collectifs, qu’une telle hiérarchie implique sur les relations humaines ou inter-étatiques ; mais cela dépasse mon champ de compétences !

                                                                        Parmi toutes les critiques de notre système scolaire, l’une s’invite régulièrement depuis quelques années dans les journaux : les interventions d’une entreprise commerciale, Education First.

SYSTÈME DÉGAGE

                  

                                      

                      Depuis plusieurs semaines, les Algériens manifestent pour réclamer le départ de leur président, M. Boutéflika. Âgé de plus de 82 ans et très affaibli physiquement, ce dernier ose briguer un 5 ième mandat. C’en est évidemment trop pour un peuple et une jeunesse qui étouffent sous les difficultés économiques (même si la situation s’est nettement améliorée depuis 20 ans) et politiques (corruption soutenue dans l’administration, confiscation du pouvoir par une oligarchie étroitement liée aux intérêts de M. Boutéflika).                                   

                        Parmi les slogans que scande la foule des manifestants, l’un d’eux revient régulièrement : Boutéflika Dégage qui s’est transformé rapidement en Système Dégage. Sa notoriété en Algérie et hors de ses frontières sera l’occasion de s’interroger sur la place du français  et  sur ses éventuelles perspectives de développement dans ce pays maghrébin.

Sachons cibler nos priorités !

Le texte qui suit  est une réponse à un article écrit récemment par un   journaliste sénégalais, M. Konate.  Au départ, ce devait être un simple commentaire; son ampleur l’a destiné à devenir un article de ce blogue, rédigé sous forme de missive.

 

Cher Monsieur Konate

                                                     J’ai lu avec beaucoup d’attention votre article   ( https://www.lequotidien.sn/oif-la-francophonie-a-t-elle-un-avenir/ ) sur l’Organisation Internationale de la Francophonie, ses récentes querelles pour l’élection d’une nouvelle dirigeante à sa tête ainsi que votre juste diatribe à l’encontre de ces Français haut placés qui s’acharnent à singer leurs homologues anglo-saxons, jusqu’à oublier leur propre langue. Vous ne mâchez pas vos mots et vous avez raison !

                                                  Il y a vraiment de quoi désespérer du comportement d’une certaine élite française à s’aplatir devant leurs pairs anglo-saxons ! Derrière vos critiques hélas pleinement justifiées, je devine une personne à la fois triste et en colère, presque à la limite du désespoir. Pourtant, je voudrais vous dire : ne vous fixez pas sur ces comportements et portez vos regards en dehors des couloirs feutrés des ambassades, salles de réunion onusiennes et autres endroits fréquentés par la soi-disant « bonne société ». Des motifs d’espoir vous apparaitront bien réels !

Saint-Martin, Saint-Barthélémy ou la francophonie molle

 

Saint- Martin, Saint- Barthélémy

L’actualité récente a fait découvrir à beaucoup de Français l’existence même de ces deux îles. En effet, le 6 septembre 2017, après le passage de l’ouragan Irma, Saint-Barthélémy et Saint-Martin étaient brutalement sortis de l’anonymat pour une majorité de nos concitoyens. Comme ces territoires sont des collectivités d’outre-mer françaises, l’Etat français est intervenu vigoureusement dans l’organisation des secours et les médias ont largement relayé pendant des semaines ces efforts. Des reportages nous montraient ainsi de « nouveaux » francophones, perdus dans la mer des Caraïbes.

Francophones vraiment ?

Guerre des langues en Suisse alémanique

Nous avons souvent évoqué sur ce blogue la guerre que se livrent les langues dans différentes parties du monde. Ainsi, les Anglo-saxons saxons tentent-ils de substituer l’anglais au français en Afrique, avec succès au Rwanda et de manière de plus en plus appuyée dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Mais cette confrontation entre le français et l’anglais se joue aussi aux portes de la France, plus précisément en Suisse alémanique (germanophone). Cette situation de « tension linguistique » n’est pas nouvelle mais elle s’est réaffirmée dernièrement, dimanche 21 mai 2017, sur ce territoire helvétique à l’occasion d’un référendum organisé dans le canton de Zurich. La question posée était : faut-il continuer à enseigner deux langues autres que l’allemand dans le primaire ? Le vrai enjeu implicite était en fait : faut-il continuer à enseigner le français en primaire ou garder uniquement l’anglais ?

Pour comprendre les enjeux, un résumé de la situation de l’apprentissage des langues en Suisse s’impose.

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