Les quotas de chanson française sont-ils efficaces ?

Les quotas de chanson française sont-ils efficaces ?

12 Juil, 2019

Clara Luciani en 2019

La chanson française se porte bien, merci ! Il est loin le temps de la disette. Dans les années 80 / 90, les jeunes se tournaient massivement vers les groupes et chansons britanniques ou américains… Quelques groupes et chanteurs français sortaient du lot, tel Téléphone, Indochine ou encore Goldman. Mais l’actualité se passait surtout ailleurs, on se devait d’écouter les chansons en langue anglaise. Le français, c’était ringard.

Dans ce contexte arriva la Loi Toubon (ou Tasca-Toubon) en 1994 qui voulut pallier cette tendance. Cette loi installa des quotas minimums de diffusion de chanson française (40% dans les radios diffusant des musiques actuelles) sur les radios pour éviter la disparition de la chanson française. C’était une forme de protectionnisme linguistique, qui s’inscrivait dans la continuité de la notion « d’exception culturelle » (i.e. la culture n’est pas un bien comme les autres). De nombreuses voix s’élevèrent pour se moquer de M. Allgood (M. Toubon) et critiquer le bien-fondé de cette loi. Certaines lois étaient peut-être peu efficaces (on moquait la francisation de certains termes, comme vacancettes pour remplacer weekend), mais 25 ans après, on peut affirmer que l’histoire lui a donné raison sur les quotas. Essayons de comprendre ce qui s’est passé.

Les gilets jaunes au lycée, une occasion de parler francophonie

Les gilets jaunes au lycée, une occasion de parler francophonie

5 Déc, 2018

A première vue, il est difficile de voir ce qui peut relier le combats des gilets jaunes au thème de la francophonie. Et pourtant, c’est une occasion intéressante d’en parler. Explications.

Revendications des lycéens gilets jaunes

Le mouvement des « gilets jaunes » est un mouvement qui met en avant de nombreuses revendications, parfois contradictoires. Au lycée, l’inquiétude pour l’avenir est un des moteurs, si bien que des lycéens réclament la suppression de Parcoursup, la plateforme d’accès aux études supérieures, ainsi que la baisse des taxes, en tant que futurs conducteurs et l’abrogation de la réforme du lycée. Autre source de révolte qui m’a interpellé : de nombreux lycéens s’offusquent du projet du gouvernement de vouloir mettre en place des droits d’inscriptions à l’université autour de 3000 euros.

Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 3 – Le Saint-Laurent et la région des Grands Lacs

1763, date terrible pour l’histoire de la Nouvelle-France puisqu’elle en signe la disparition continentale. Après la guerre de 7 ans, la France négocie pour conserver les îles à sucre (Haïti, Guadeloupe, Martinique) mais cède toute la partie continentale. Elle garde cependant l’île à morues, Saint Pierre-et-Miquelon. A l’époque, l’argent provenant des profits réalisés à Haïti permettait de boucler le budget de l’Etat français. La prospérité amenée par ces îles était considérable. Economiquement, ce n’était pas forcément un mauvais calcul du point de vue de l’époque. On connaît le refrain du Canada, que Rousseau évoque dans Candide en parlant des quelques « arpents de neige » du Canada. On connaît aussi la suite.

Aujourd’hui, on va imaginer les conséquences d’une décision alternative : la France se préoccupe davantage du Nouveau-Monde pendant la guerre de 7 ans ou après. Plusieurs scénarios sont possibles. Bien sûr, on peut affirmer que si l’histoire ne s’est pas déroulée autrement, c’est que ce n’était pas possible, mais parfois l’histoire tient à peu de choses et on va imaginer des petits rouages dans l’histoire telle qu’on la connaît.

Défense de la langue française – l’anomalie coupable

Si je devais citer une chanson pour illustrer la défense de la langue française aujourd’hui, j’évoquerais la « tristitude » (Oldelaf). Et encore,  la tristitude est un euphémisme, on devrait plutôt dire qu »au bout du compte, on se rend compte, qu’on est toujours tout seul au monde » (Starmania). L‘état a fait voter des lois qu’il ne fait pas appliquer, et se repose sur quelques bénévoles. Ce qu’il faudrait, c’est de re-« donner l’envie, l’envie d’avoir envie… » (comme le chantait Johnny Hallyday). Petite touche humoristique pour ne pas complètement déprimer. Quand on veut défendre la langue française, il y a intérêt à avoir le moral, vous allez voir. Vous pensez que c’est la catastrophe ? C’est pire que ça. Petit espoir : si un politique s’emparait de ce sujet, il aurait un boulevard tant la situation est ubuesque. Les outils juridiques sont là, mais rien n’est fait. Il suffirait juste que l’État soit mis en demeure de faire appliquer ses lois.

Petit état des lieux…

Le « en même temps » de M. Macron face à la francophonie

M. Macron est-il le pire défenseur de la langue française ou son plus fervent promoteur ? Les deux à la fois, mais par stratégie. Explications.

Le prix d’infamie

En tant qu’adhérent d’ALF (association Avenir de la Langue Française), je reçois des bulletins bien écrits et dont les idées sont développées avec mesure et érudition. Dans le bulletin d’avril, on apprend que le prix de la « Carpette anglaise 2017 » a été attribué à Mme Anne Hidalgo. Je ne m’y m’attarde pas, ce n’est pas notre sujet du jour. On y apprend aussi que M. Emmanuel Macron a été pressenti. Surpris ? Le bulletin rappelle ces allocutions en anglais, notamment à l’université Humboldt de Berlin, l’affichage public « One Planet Summit » lors de la conférence. On peut rajouter les « helpers » lors de la campagne présidentielle, le site « Make our Planet great again » ; on trouve d’autres anglicismes en cherchant sur la toile (ou en lisant le bulletin) que je vous épargnerais.

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