Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

17 Oct, 2017

Le français occupe une place non-négligeable dans le monde d’aujourd’hui (parlé sur les 5 continents, environ 270 millions de personnes sont considérées comme francophones par l’OIF, et c’est une des langues les plus apprises au monde à tel point qu’on manque de professeurs de français). Ceci dit, la première place est indiscutablement occupée par l’anglais, grâce notamment à l’influence des États-Unis aujourd’hui, et du Royaume-Uni au XIXe siècle. En tant que français, nous connaissons tous nos défaites fameuses (Waterloo, Trafalgar) qui ont mis hors d’atteinte une plus grande expansion du français. Mais le français aurait pu avoir une place plus importante… sans guerre. On ne refait pas l’histoire, mais il est bon de ne pas dévaloriser son histoire. Savoir ce que l’histoire doit au hasard permet à chaque peuple de retrouver une place d’égaux. Aujourd’hui, pour faire un peu les chauvins (et gratter là où ça fait mal), nous allons voir les rendez-vous manqués du français avec l’histoire. (ou avec une plus grande histoire, parce que le français est loin d’avoir disparu !)

Le Mali, centre musical mondial

Le Mali, pôle musical de premier ordre

Il existe plusieurs pôles musicaux dans le monde : l’Angleterre, la France, les États-Unis, les pays hispaniques et les pays scandinaves (en anglais) sont ceux qui défendent le mieux leur industrie musicale. Mais la musique existe aussi en dehors de l’industrie musicale et d’autres lieux de mélange et de créativité existent… comme le Mali, dont la tradition musicale et vocale (les griots) est très ancienne. C’est aussi l’une des patries de la kora, cet instrument à cordes ancestral.

Pour ceux qui connaissent Youssou N’Dour, un auteur-compisteur-interprète qui vient du Sénégal connu notamment pour son duo avec Neneh Cherry : « 7 Seconds », on ne peut pas parler de pôle musical sénégalais vu de France, car trop peu d’artistes sénégalais se sont fait connaître comme le fruit d’une tradition musicale locale. Il faut au moins deux individus pour commencer à faire une généralité…

En ce qui concerne le Mali, la qualité et le nombre des artistes qui en sont issus est assez étonnante. cela fait plusieurs fois que j’entends parler de ce foyer de création par différents artistes qui l’incarnent ; la particularité y est une tradition qui semble séculaire et de qualité, et qui s’est épanouie à l’abri de l’influence occidentale. C’est donc une singularité tout à fait remarquable et intéressante que la musique malienne. Je vous propose donc de vous faire découvrir quelques artistes coup de coeur à travers lesquels s’exprime cette singularité.

Perception de l’anglais par des Irlandais

Pourcentage d’Irlandais parlant le gaélique sur une base quotidienne, en dehors de l’école (enquête 2011)

L’été dernier, je suis retourné en Irlande. J’y connais une famille irlandaise et j’en ai profité pour réaborder le sujet du gaélique, la langue celte qui était parlée avant l’arrivée de l’anglais. La plus grande propagation de l’anglais s’est faite au XIXe siècle et l’indépendance en 1922 n’a pas infléchi cette tendance.  La question que je me posais était celle-ci : quelle est la perception de l’anglais par les Irlandais. Autrement dit : comment vit-on le fait de devoir parler anglais dans un pays comme l’Irlande, c’est-à-dire dans un pays qui a été mis à genoux par les Anglais à plusieurs reprises, notamment lors de l’épisode du « potato blight ». Comment vit-on le fait de devoir parler la langue de ses envahisseurs et que la dynamique qui promeut cette langue est bien plus forte que celle qui porte la langue de notre pays, la langue qui fonde notre identité ?

Jean-Luc Mélenchon fait du bien à la francophonie

Jean-Luc Mélenchon fait du bien à la francophonie

9 Avr, 2017

Quelle surprise ! Après avoir eu l’impression de prêcher un peu dans le désert pendant des années, voilà qu’une bonne partie des idées et arguments défendus sur ce blogue sont repris par Jean-Luc Mélenchon dans une émission grand public : le « On n’est pas couché » du 8 avril. Cela mérite d’y revenir.

Retour sur notre combat

Déjà, notre choix tactique, sur ce blogue, c’est de s’adresser à des convaincus et de leur faire gagner du temps en leur fournissant des arguments, des données, des chiffres et des analyses. On avait aussi choisi de se faire l’écho des bonnes nouvelles, car pendant longtemps, la francophonie était directement synonyme de langue du passé, de colonialisme, de réactionnaire, de trop compliquée, et on ne pouvait rien dire d’autre. La langue anglaise serait-elle indemne de ces défauts ?

Nous nous sommes attachés à déconstruire ces représentations (la langue anglaise est très compliquée dès qu’on a passé les débuts, c’est une langue bourrée d’exceptions ; quant au colonialisme, on sait bien que les Etats-Unis sont un pays qui se sont bâtis sur le génocide d’un peuple et l’exploitation d’un autre ; il ne s’agit pas de les critiquer aujourd’hui pour des fautes passées, mais d’être raisonnables et équitables dans ses jugements). Par ailleurs, nous avons cherché à nous concentrer sur ce qui fonctionne plutôt que de nous laisser dicter les termes du débat par les gens hostiles à l’épanouissement de notre langue, à sa vivacité, à son utilisation.

Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

30 Mar, 2017

Ce matin, en allant au travail, j’entends Benoît Hamon sur France Info avec Jean-Michel Apathie. Moment d’anthologie, apparemment, France Info rediffuse une minute avant la fin de l’émission un extrait d’un enfant qui avait interrogé Benoît Hamon en anglais dans une école :

L’enfant (Teddin ?) « Do you think that leaving the government hurt your image or made you look like someone disloyal ? »

Benoît Hamon : « Est-ce que j’ai été déloyal, est-ce que… »

L’enfant : « In English please »

Benoît Hamon : « Non, je vais répondre en français si tu veux bien parce que… à cette excellente question dans un excellent anglais. »

Dans la suite de l’entretien, les journalistes relancent donc cette question, avec l’un des deux qui ajoute successivement : « improve your English » (améliore ton anglais) et « just do it ». Passablement agacé, je me suis penché sur les raisons de cet énervement. Analysons.

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