La fin de la Bretagne romaine (3)

De l’influence du britto-latin (et donc du Brythonic ancien)

 

La présence impressionnante de mots d’origine latine en Anglais est souvent attribuée à l’influence du Français introduit après la conquête normande en 1066. Elle est si importante qu’elle ferait douter de la pertinence de la classification de l’Anglais dans la famille des langues germaniques, car quel que soit le facteur considéré : lexical, morphologique ou phonologique, les différences avec les autres langues de ce groupe paraissent considérables.

Ainsi est il admis que la proximité lexicale du français et de l’anglais se manifeste de manière remarquable, de 50 à 70 % du vocabulaire anglais courant est d’origine latine, même si cela dépend du niveau de langue considéré, « populaire » ou plus « universitaire » et du contexte d’usage : familier, professionnel, professoral ou journalistique.

La fin de la Bretagne romaine (2)

État partiel de la recherche sur l’influence celtique en Anglais

 

Des générations d’archéologues ont expliqué la longue connivence culturelle entre les populations installées des deux côtés de la manche. Ainsi, depuis le néolithique et ses réalisations mégalithiques et durant l’age du Bronze atlantique d’intenses relations commerciales sont attestées. Mais rien n’indique ou n’infirme qu’une langue unique ait alors été utilisée lors de ces échanges.

Des recherches récentes situent l’ethnogenèse « celtique » non plus dans les vallées et sur les contreforts septentrionaux des Alpes mais plutôt sur la côte atlantique entre l’age du bronze final et l’age du fer (Alinéi et al. PCP 1996 – 2002). Si ces hypothèses sont fondées, il est probable que des langues relativement parentes aient pu se propager lentement le long des côtes atlantiques de l’Europe. Concernant le peuplement celtique de l’archipel britannique, la théorie « invasionniste » classique (H. Hubert 1932) elle-même, situait les arrivées successives des Gaels, des Pietés et des Bretons, à partir du milieu du 2nd millénaire avant l’ère commune, mais en provenance de la côte sud orientale de la mer du Nord. Les deux grandes théories concurrentes s’accordent donc au minimum sur la présence des langues celtiques dans les îles britanniques dès l’age du bronze atlantique (3300 YBP).

La fin de la Bretagne romaine (1)

Contribution de la linguistique à la reconnaissance de l’histoire – approche traditionnelle vs approche actuelle.

 

Gwenaël Henry m’a demandé de mettre en ligne ces trois articles sur l’histoire linguistique des peuples qui peuplaient la Grande Bretagne à la fin de l’Empire romain. Articles érudits et intéressants du point de vue de l’histoire de la langue française elle-même puisqu’il y est question de l’impact du français (et du latin) avant même 1066. Les interactions avec la Bretagne également méritent l’attention.

Partie I – Survol de l’évolution du traitement universitaire de la question

La linguistique comparée s’est véritablement singularisée en tant que discipline scientifique spécifique, il y a un peu plus de deux siècles, à partir des premiers travaux sérieux et documentés réalisés dès 1783 par le philologue William Jones, d’origine galloise. Soit près d’un siècle avant la parution de la thèse révolutionnaire de Charles Darwin (1859) qui permis entre autres d’approfondir considérablement la durée de l’histoire de l’humanité. Car avant Darwin, l’Histoire se cantonnait tant bien que mal, dans les six petits millénaires alloués par la tradition biblique.

Évidences invisibles 2

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°10


Suite de la Chronique n°9, et fin des chroniques « Retour d’Amérique. Vingt ans après ».
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Le couple

Un Français marié depuis de nombreuses années à une Américaine : « j’aime beaucoup ma femme… Mais elle sera toujours pour moi l’étrangère intime. »

Une Américaine, qui avait vécu en couple avec un Français, a résumé ainsi son expérience : « Si j’avais voulu avoir un enfant, j’aurais aimé le faire avec lui, mais pour rien au monde je n’aurais voulu qu’il soit le père de mon enfant ».

À la maison, « dedans », sans témoin, c’est l’intimité, la séparation d’avec les autres, la sexualité. À moins donc d’être admise dans l’intimité d’un couple, je ne connaîtrais ce couple que par son comportement du « dehors », c’est-à-dire social.

Évidences invisibles 1

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°9

Pour terminer cette série de huit chroniques, j’ai choisi de proposer, pour les deux dernières, quelques citations du livre de Raymonde Caroll. Il a été publié en 1987 et correspond donc à l’époque où j’ai vécu aux États-Unis.

Certains aspects de l’ouvrage ont donc vieilli, mais ce recueil de citations sélectionne celles qui sont toujours d’actualité, conformément au principe de ces chroniques.
Si j’y étais resté, j’aurai certainement mis cet ouvrage au programme de mon cours de civilisation.
Nous avons continué, en effet, en bien ou en mal, à nous « américaniser » et certaines différences tendent à s’estomper, tandis que d’autres résistent et résisteront encore très longtemps.

Raymonde Caroll, Évidences invisibles, Américains et Français au quotidien, Le Seuil 1987.
Raymonde CarollCultural misunderstandings, The French American experience, University of Chicago Press 1987.

Bien qu’ayant lu la version anglo-américaine, les citations sont celles de la version originale française.
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Une très grande partie des échanges interculturels se fait sans aucun problème, tout comme il est possible de « très bien se débrouiller » dans une langue étrangère, de la parler même « couramment » mais d’être totalement incapable de bien traduire un texte dans cette langue.

Ceci est plus visible chez les immigrants qui arrivent déjà en couple ou en famille, et développent un modus vivendi entre culture de la maison et culture de l’extérieur.

 La maison

 Des Français s’étonnent souvent que la première fois qu’ils sont arrivés chez des Américains, leurs hôtes leur aient fait le tour de la maison, et interprètent cela comme « un désir d’épater ». Sans exclure cette possibilité, il est important de comprendre cependant que, pour des Américains, c’est faire en sorte que vous puissiez « vous sentir chez vous » en vous donnant l’occasion d’abord de reconnaître, pour ainsi dire, le terrain.

 

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