Les rendez-vous manqués 1 & 2 : Commentaires

 

Je reste toujours ébahi devant cette cascade de dégringolades (et ce n’est pas fini !).

Ébahi, oui, depuis l’enfance avec les premières leçons d’Histoire (la Préhistoire étant négligée en Primaire) :
Leçon 1 :  Nos ancêtres les Gaulois (qui vivaient dans des huttes basses).
Leçon 2, sans transition : Alésia.
Ça commençait très fort.

À une époque (le milieu des années 50) où les Français sortaient de l’Occupation (le temps de mon père, travailleur requis en Allemagne), et n’étaient pas encore tout à fait sortis de la Première Guerre mondiale (le temps de mon grand-père, quatre années dans les tranchées).
Sans oublier la défaite humiliante de 1870 (mon arrière-grand-père). 
J’ai débuté ma carrière d’amateur d’Histoire dans une France meurtrie, quasiment par nature ; ce n’était pas très stimulant pour faire éclore le sentiment de patriotisme.
Lorsque Charles De Gaulle est arrivé au pouvoir en 1958, cela correspondait à mon entrée au Collège : lorsqu’il parlait de « la grandeur de la France », franchement je ne voyais pas ; je comparais cette France déclassée avec les civilisations de Sumer, de Babylone, d’Égypte, que l’on étudiait en classe de Sixième.
Et puis la guerre de Cent Ans, aussi longue que triste, et qui commence très mal, sauf à la fin. Encore aujourd’hui, l’implantation des résidences secondaires britanniques est corrélée avec les limites de l’empire des  Plantagenêt (à l’exception de quatre départements). [Cliquer pour agrandir]

La fin de la Bretagne romaine (3)

De l’influence du britto-latin (et donc du Brythonic ancien)

 

La présence impressionnante de mots d’origine latine en Anglais est souvent attribuée à l’influence du Français introduit après la conquête normande en 1066. Elle est si importante qu’elle ferait douter de la pertinence de la classification de l’Anglais dans la famille des langues germaniques, car quel que soit le facteur considéré : lexical, morphologique ou phonologique, les différences avec les autres langues de ce groupe paraissent considérables.

Ainsi est il admis que la proximité lexicale du français et de l’anglais se manifeste de manière remarquable, de 50 à 70 % du vocabulaire anglais courant est d’origine latine, même si cela dépend du niveau de langue considéré, « populaire » ou plus « universitaire » et du contexte d’usage : familier, professionnel, professoral ou journalistique.

La fin de la Bretagne romaine (2)

État partiel de la recherche sur l’influence celtique en Anglais

 

Des générations d’archéologues ont expliqué la longue connivence culturelle entre les populations installées des deux côtés de la manche. Ainsi, depuis le néolithique et ses réalisations mégalithiques et durant l’age du Bronze atlantique d’intenses relations commerciales sont attestées. Mais rien n’indique ou n’infirme qu’une langue unique ait alors été utilisée lors de ces échanges.

Des recherches récentes situent l’ethnogenèse « celtique » non plus dans les vallées et sur les contreforts septentrionaux des Alpes mais plutôt sur la côte atlantique entre l’age du bronze final et l’age du fer (Alinéi et al. PCP 1996 – 2002). Si ces hypothèses sont fondées, il est probable que des langues relativement parentes aient pu se propager lentement le long des côtes atlantiques de l’Europe. Concernant le peuplement celtique de l’archipel britannique, la théorie « invasionniste » classique (H. Hubert 1932) elle-même, situait les arrivées successives des Gaels, des Pietés et des Bretons, à partir du milieu du 2nd millénaire avant l’ère commune, mais en provenance de la côte sud orientale de la mer du Nord. Les deux grandes théories concurrentes s’accordent donc au minimum sur la présence des langues celtiques dans les îles britanniques dès l’age du bronze atlantique (3300 YBP).

La fin de la Bretagne romaine (1)

Contribution de la linguistique à la reconnaissance de l’histoire – approche traditionnelle vs approche actuelle.

 

Gwenaël Henry m’a demandé de mettre en ligne ces trois articles sur l’histoire linguistique des peuples qui peuplaient la Grande Bretagne à la fin de l’Empire romain. Articles érudits et intéressants du point de vue de l’histoire de la langue française elle-même puisqu’il y est question de l’impact du français (et du latin) avant même 1066. Les interactions avec la Bretagne également méritent l’attention.

Partie I – Survol de l’évolution du traitement universitaire de la question

La linguistique comparée s’est véritablement singularisée en tant que discipline scientifique spécifique, il y a un peu plus de deux siècles, à partir des premiers travaux sérieux et documentés réalisés dès 1783 par le philologue William Jones, d’origine galloise. Soit près d’un siècle avant la parution de la thèse révolutionnaire de Charles Darwin (1859) qui permis entre autres d’approfondir considérablement la durée de l’histoire de l’humanité. Car avant Darwin, l’Histoire se cantonnait tant bien que mal, dans les six petits millénaires alloués par la tradition biblique.

Évidences invisibles 2

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°10


Suite de la Chronique n°9, et fin des chroniques « Retour d’Amérique. Vingt ans après ».
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Le couple

Un Français marié depuis de nombreuses années à une Américaine : « j’aime beaucoup ma femme… Mais elle sera toujours pour moi l’étrangère intime. »

Une Américaine, qui avait vécu en couple avec un Français, a résumé ainsi son expérience : « Si j’avais voulu avoir un enfant, j’aurais aimé le faire avec lui, mais pour rien au monde je n’aurais voulu qu’il soit le père de mon enfant ».

À la maison, « dedans », sans témoin, c’est l’intimité, la séparation d’avec les autres, la sexualité. À moins donc d’être admise dans l’intimité d’un couple, je ne connaîtrais ce couple que par son comportement du « dehors », c’est-à-dire social.

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