Plumons l’Oiseau – Hervé Bazin

(publié sur lefrançaisenpartage le 08-08-2013)

«… Oui, je vous le demande, si WA s’écrit W-A et si ZO s’écrit bien Z-O, comment se fait-il que le nom de ce volatile s’écrive O-I-S-E-A-U… et non W-A-Z-O ?

(…)

Le mot oiseau a été mon premier sujet de scandale. Je me disais : comment se fait-il que pour l’écrire, ce mot, quatre lettres suffisent et que, pourtant, pas une d’entre elles ne soit employée ? Comment se fait-il qu’on m’oblige à en utiliser six autres dont aucune n’est correcte ? O-i ne fait pas W A et n’est vraiment à sa place que dans Moïse. L’S est prononcé comme un Z. Et pour la finale, eau, on mobilise trois voyelles, un e, un a, un u, qui ont tous leur son propre, tandis qu’on se refuse de se servir de l’o, dont justement c’est le job. »

Cet extrait, ainsi que ceux de l’article précédent Devinette : quel est ce livre visionnaire sur la langue française ? sont extraits du livre d’Hervé Bazin, Plumons l’Oiseau, livre qui donne la parole à un professeur Patagos très érudit. Ce livre est un vrai régal, un concentré d’érudition qui nous invite à réfléchir sur l’orthographe française. J’y avais découvert que ce que l’on apprend à l’école n’est pas forcément logique (suivant les règles de la phonétique) ou étymologique (suivant l’orthographe des mots dont ils découlent : ainsi, pourquoi écrit-on 8 avec un h quand en latin il s’écrivait octo (sans h) ?). Certes l’orthographe française a une certaine logique quand même, mais elle se présente davantage comme un collage de mots et de règles d’origines différentes (grecque, latine, mais aussi gaulois, anglais, arabe, italien, espagnol…) autour d’une base grosso modo latine un peu maltraitée par le temps.

Devinette : quel est ce livre visionnaire sur la langue française ?

(Publié sur le françaisenpartage le 29-07-2013)

Pour ceux qui s’intéressent à la réforme de l’ortografe, à l’esperanto, au français et qui aiment bien rire, je vous propose les extraits succulents du livre d’un auteur français connu. Le but est de se divertir certes, mais de me donner le nom de cet auteur et le titre de son ouvrage. En quelle année cela a-t-il été écrit ? Tentez votre chance, au moins pour la date…

« Bien que le professeur ait détruit à peu près toutes les notes sur la question, nous savons par ces confidences qu’il s’était un moment proposé de mettre au point « une interlangue, associée à une pasigraphie, pour tenter l’O.N.U. ». Il m’a dit une fois : « Je sais, ces inventions ont toujours avorté. Voyez l’esperanto, voyez le volapuk, voyez la merveilleuse pasigraphie de Damm ! Il y a environ trente langues importantes sur la planète et, pour les unifier, on en a inventé trois cent quatre-vingt-deux ! Alors, une trois cent quatre-vingt-troisième, non !… Et pourtant, mon ami, n’est-ce point raisonnable de rendre plus efficace l’effort de nos enfants, en le limitant à l’acquisition de leur propre langue – dans une écriture nationale – et d’une interlangue – dans une écriture universelle – ? Au moindre potache de la section classique, on réclame beaucoup plus, puisqu’on exige de lui la connaissance du français, puis celle du latin et du grec (qui n’ont pas le même alphabet), sans compter quelques notions d’anglais. Curieuse humanité ! Faire la bombe atomique, voilà qui est sérieux. Rêver de l’anti-babel, il paraît que c’est ridicule… ». »

Francophonie juilletiste : lectures et émission

(Publié sur lefrançaisenpartage le 08-07-2013)

Le soleil est arrivé, vous avez peut-être envie d’aller faire un tour sur la plage avec un bon bouquin ? Voici quelques idées pour cultiver votre côté francophone :

« Je dis ça, je dis rien » et 200 autres expressions in-sup-por-tables, d’Adèle Bréau

Je-dis-ca.jpgUn petit livre léger qui revient sur les expressions à la mode. Où l’on voit qu’il y a quand même une bonne part d’expressions d’origines anglaises, mais pas que ! Retour en humour sur les « au jour d’aujourd’hui » « asap » et autres « rush ». Il ne faudrait pas que votre « N+1 », s’il est un peu « old school » vous surprenne en train de lire ce « must-have » de la francoattitude alors que vous devriez être en train de préparer votre préz‘. Plus sérieusement, c’est une lecture sympa, présentée sous forme d’un article par mot, pour la mise en contexte et l’explication. Il y en a pas mal que je ne connaissais pas ou de loin, même si on comprend facilement, issus du monde du travail (parisien ; pas mal d’anglicismes ou de calques) ou de la culture jeune : , un sujet concernant, une cougar, drafter, dead-line, vdm, non mais allo quoi, ça m’interroge… Ça se lit facilement, c’est distrayant.

« Enchanté de faire votre plein d’essence ! » de Marie Treps

(publié sur lefrançaisenpartage le 24-03-2013)

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Pour changer un peu des mes articles parfois austères pépères, j’aimerais vous parler d’un livre que je viens de découvrir : « Enchanté de faire votre plein d’essence ! » de Marie Treps.

Un quidam inattentif dans une librairie survolant la pochette présentant la gravure de type XIXe siècle s’attendra à un ouvrage sur la politesse au XIXe siècle (sujet rassembleur, certes!); mais au bout de quelques instants, le style d’écriture différent de « plein d’essence » et la suite « et autres joyeuses calembourdes » l’alertera sur le contenu du livre dont le sujet est le calembour, le pataquès… réunis sous le terme de calembourdes (je fais partie de ceux qui n’avaient pas remarqué que calembourde est construit sur le principe qu’il désigne…).

L’auteure de ce livre, Marie Treps, est une universitaire, linguiste et sémiologue. Pour autant, il ne faut pas s’effrayer de ce que l’on va trouver dans ce livre. Dans la première partie, Marie Treps fait son travail de linguiste et revient sur ce que sont les calembours et les pataquès puis sur leur histoire et la façon dont ils ont été perçus par différents auteurs français. L’auteure a l’esprit de précision et est pédagogue : elle sait restituer tous les sens du mot avec simplicité et en expliquer l’intérêt :

Un peu de lecture avec M. Cerquiglini

(publié sur lefrançaisenpartage le 05-01-2012)

Voici un article que j’ai trouvé à la fois intéressant, instructif et agréable à lire sur la langue française, avec quelques jolies phrases et des réflexions bien senties. Il donne également un éclairage historique à l’évolution de notre langue avec des petites anecdotes, un retour sur le contexte de la génèse de l’académie française. L’ensemble de cette allocution gagnerait à être davantage connu.

C’est, comme on peut s’en rendre compte de par le ton, un texte transcrit de l’oral, étant à la base une conférence donnée par Mr Cerquiglini, ancien délégué général à la langue française et aux langues de France (DGLF) (maintenant, c’est Mr Xavier North), actuel recteur de l’AUF (Agence Universitaire de la Francophonie), et ce, depuis 2007.

A retrouver dans un fichier format PDF en cliquant ici.

Voici quelques morceaux choisis qui vous donneront peut-être envie d’en lire plus :

« La langue française est à la francophonie ce qu’a été la reine d’Angleterre au Commonwealth. »

« Toutes les langues empruntent des mots. Il n’y a que des langues mortes qui n’empruntent plus. »

« La Langue Française face à la Mondialisation » d’Yves Montenay

(Article publié sur lefrançaisenpartage le 28-02-2011)

Présentation

Voici un liv22510100870330Mre qui change de l’image que l’on a de la francophonie : un sujet démodé pour psycho-rigide. Il faut dire qu’Yves Montenay n’a pas le profil d’un homme de théorie : certes, il est Centralien, sort de Science-Po et est docteur en géographie humaine, mais il a également travaillé pour de nombreuses entreprises de stature internationale sur les 5 continents. En somme, c’est quelqu’un qui possède une solide base intellectuelle tout en étant un homme d’action et de terrain. De par le ton employé dans ses livres, Yves Montenay est un peu le commercial de la francophonie : il met en avant les réussites de la francophonie, expose les échecs et propose de solutions. Avec lui, un problème a toujours une solution. 

Dans son livre « la langue française face à la mondialisation », l’auteur commence par une récapitulation de l’histoire de la présence de la langue française à travers le monde très instructive ; il synthétise tout ce que j’avais pu apprendre ici ou là et est à ce titre une bonne introduction à l’histoire de notre langue.

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