Un peu d’humour : Jamel et Stromae

La scène électro en France se porte plutôt bien : Air ; Wax Tailor, Daft Punk pour citer quelques exemples notoires. Les paroles (quand il y en a) se font souvent en anglais. Il fallait donc pallier à ce petit problème et découvrir la recette pour faire de l’électro à la française. C’est chose faite grâce à Djamel et Stromae ; je vous laisse découvrir les coulisses de la création de ce tube puis ce que ça donne. « Il faudrait un son de… chien Kabyle… »

 

Les quotas de chansons francophones : transmission et uniformisation

Les quotas de chansons francophones : transmission et uniformisation

4 Fév, 2014

Fatals Picards

Le magazine FrancoFans

A l’heure où les radios réclament de pouvoir faire « sauter les quotas » de chansons francophones (40%), il est temps de faire le point sur les enjeux et le contexte culturels et économiques. En effet, « les radios musicales veulent être libres de programmer la musique de leur choix ». Je vais tenter de montrer que l’argument de la liberté ne peut pas recouvrir la totalité des enjeux, et que les radios ont une sorte de mission de service public qui requiert ces quotas. Les radios avancent également l’argument commercial, arguant que les industries en ligne ne sont pas soumises à ces quotas, d’où une concurrence déloyale. Les quotas sont-ils ringards ? Sont-ils adaptés à la situation actuelle ? Ont-ils un intérêt ?

Alternatives musicales : Manic Street Preachers, Mago de Oz, Mana

[Publié sur lefrançaisenpartage le 23-11-2013]

Je parle souvent de musique ici, car je veux montrer en quoi l’omniprésence de chansons anglophones à la radio est le résultat d’un choix délibéré mais dont on oublie les raisons.
Délibéré parce que soutenus par les arguments : l’anglais fait jeune, et que les groupes anglais sont meilleurs… sans se rendre compte à quel point le choix des musiques tente de valider ces arguments. On va choisir, chercher des musiques qui vont dans ce sens. 

Petit rappel pour ceux qui ne suivent pas mon blogue depuis le début : les accords Blum-Byrnes (versant culturel du plan Marshall) nous ont amené à mettre plus de chansons anglaises (et de cinéma) pour donner des débouchés commerciaux à l’industrie culturelle américaine en échange de prêts d’argent. Nous avons donc été consentants. Par contre, on s’est habitué à une certaine esthétique, et même si l’on ne voulait pas « de l’anglais », maitenant on en veut car cela nous rassure, ce sont les modèles avec lesquels on a grandi et il ne faut pas que la transition soit trop brutale. C’est une forme de colonisation douce consentie, sans heurts, sans violence physique. De plus, les Etats-Unis, avec la victoire de la Seconde Guerre Mondiale, ont pris la place symbolique de pays le plus puissant (alors qu’avant c’était la France (au niveau culturel, c’était indéniable) et le Royaume-Uni). On veut donc savoir quels contenus culturels « consomme » l’élite mondiale, et en être.

Tout cela, ce sont des constructions mentales, qui découlent d’un historique et d’un inconscient. Je le prouve en musique.

Le Royaume-Uni à gauche toute : les Manic Street Preachers

Quand on parle de communisme, on pense URSS, Cuba, Chine. Dans notre imaginaire, les contenus culturels marxistes ne peuvent venir que de ces pays, même si le marxisme a pu influencer d’autres pays (comme la France).

Le rock indé, attribut de l’impérialisme culturel anglo-américain

(publié sur lefrançaisenpartage le 28-10-2013)

Cet article, je l’avais en tête depuis longtemps, et il aura fallu un courriel d’une amie pour m’obliger à le mettre en forme au niveau des idées. En effet, j’ai envoyé un courriel où je faisais part de certaines des musiques (6 ou 7) que j’écoute actuellement et que je voulais partager, mon amie m’a répondu par une sélection des siennes et par le fait que globalement elle aimait bien celles que j’avais envoyées « sauf une ou deux » (indiqué avec un petit smiley juste après).

Que faut-il écouter aujourd’hui ? La doxa moderne

J’ai donc regardé ce qu’elle m’avait envoyé. Madness de Muse, Asaf Avidan, Syd Matters, un truc de Gossip, un des Red Hot Chili Peppers et je ne sais quoi encore. Tout d’un coup, je me suis senti pris en défaut. Des goûts très sûrs. Ca m’a fait remonter des mauvais souvenirs. Quand on est jeune, on écoute ce qu’on aime parmi ce qui passe à la radio. Et un jour, il y a un ami qui vient te dire que telle ou telle musique que tu aimes, c’est commercial, c’est de la m***. Mince. Qu’est-ce qui fait que c’est nul et que je n’ai rien vu ? Bon, on peut toujours écouter les autres groupes, et il y en a plein ou ne pas en tenir compte et continuer à écouter ses musiques à l’abri de cette personne. Et puis un deuxième ami, un troisième, une personne dans une soirée, une autre… alors là on commence à douter.

Les chanteurs français aiment l’Amérique

[Article publié sur lefrançaisenpartage le 27-10-2013]

La France et l’Amérique, c’est « je t’aime moi non plus » comme dirait Gainsbourg. Sujet de fascination, de mépris, d’étonnement et d’admiration, on chante l’Amérique en France et depuis un moment déjà. Ce qui ressort des chanteurs que je vais vous présenter, c’est que chacun parle d’une Amérique très différente. Il faut dire que l’Amérique est vaste, que 50 états la composent, et qu’il n’y a pas grand chose à voir entre New York et la Nouvelle-Orléans, entre San Francisco et le Colorado, si ce n’est la langue des gens qui y vivent. L’Amérique est plurielle et a beaucoup inspiré les chanteurs français qui l’adorent. Johnny Halliday est LE chanteur français qui s’inspire sans doute le plus de l’Amérique : tournée 66 pour ses 66 ans, tenue de cow-boy, nom américanisé, style rock et blues (entre autres). On ne compte plus le nombre de chanteurs qui vont puiser leur inspiration outre-atlantique : de Dick Rivers, Eddy Mitchell, Julien Clerc, Nougaro… jusqu’à Christophe Maé pour son dernier album cette année.

La guerre de 1939-45 a amené les chewing-gums en France, mais a aussi créé un pont entre ce pays-continent et la France et entre leurs cultures. Edith Piaf, Gilbert Bécaud et d’autres encore  y sont allé avant que le rock et les yéyés ne viennent inspirer nos chanteurs.

L’Amérique, Joe Dassin veut l’avoir ! (1970)

Joe Dassin est le fils d’un couple ukrainien juif qui avait émigré aux États-Unis, à New-York, là où Joe Dassin est né. En difficulté d’être juif en Europe, l’appartenance au parti communiste de son père le mets en difficulté aux États-Unis et ramène la famille en Europe, en Suisse puis en France. Joe Dassin est ensuite reparti un moment faire ses études d’ethnologie dans le Michigan (États-Unis). Il a donc partagé sa vie entre ces deux pays, et c’est avec un enthousiasme communicatif qu’il chante son désir d’Amérique. C’est l’un des chanteurs français les plus « américains », imprégné de cette culture, chantant les Dalton par exemple ou encore son tube international « L’été indien ». En France, les gens qui ont plus de 30-40 ans connaissent une bonne partie de son répertoire par cœur et les jeunes générations connaissent toujours les plus célèbres : « Les Champs-Élysées », « Salut les Copains », « Siffler sur la Colline ». Pour le découvrir, on commence par sa chanson « L’Amérique », dans laquelle il déclare sa flamme pour ce pays :

 

Chanson française – les années 50 et Charles Aznavour

[Publié sur lefrançaisenpartage le 09-08-2013]

Je me suis procuré un livre sur la chanson française qui remonte jusqu’aux années 20. Si j’ai déjà entendu parler de certains chanteurs / ses, je ne peux vraiment les situer et les appréhender qu’à partir des années 50 / 60. En effet, à part « Douce France » de Charles Trénet, « Le Chant des Partisans » ou quelques chansons de la résistance que je connais « accidentellement » (« Faut pas Francine », de Fernandel), la chanson française commence pour moi dans les années 60. Comme s’il y avait un avant et un après. On le sent d’ailleurs au niveau des radios comme Nostalgie ou Chérie FM, sans doute est-ce lié davantage à la qualité des enregistrements avant les années 60 avec leurs grésillements qu’à la médiocre qualité des chansons. C’est là où la technique rejoint la diffusion d’oeuvres culturelles.

 Je me propose de faire sur ce blogue un petit retour sur l’histoire de la chanson française par époques. J’ai déjà commencé avec certains thèmes (chanteurs d’origine italienne, zouk, rock français des années 80…), je vais maintenant me consacrer au courant de variété qui traverse la chanson française et l’approfondir par époque et par rapport à ce que je connais le mieux. Je m’excuse donc auprès de mes lecteurs pour les auteurs que je vais passer à la trappe faute de bien les connaître.

Les Années 50

 

Comme je le disais, c’est une période que je connais peu mais qui voit l’émergence de certains grands chanteurs qui vont devenir célèbres ultérieurement. Pour être un minimum exhaustif, je vais citer quelques chanteurs ultra connus à l’époque sans pouvoir développer davantage : c’est le début de Boris Vian (Le Déserteur, Vas-y Francky), Guy Béart (L’Eau Vive), Luis Mariano, Bourvil, Juliette Gréco.

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