La voix francophone vous explique Charlie

Difficile de passer Charliedessin1à côté des tragiques évènements récents. Fidèle à la vocation de notre site, nous allons en profiter pour faire oeuvre de pédagogie envers les francophones non français qui n’auraient jamais entendu parler de Charlie Hebdo jusqu’à aujourd’hui.

Charlie Hebdo, tout d’abord, c’est une institution : c’est un journal qui a une influence beaucoup plus large que son tirage  ne pourrait le suggérer parce qu’il représente un courant de pensée assez unique dans le paysage médiatique. On pourrait dire que c’est un journal d’extrême-gauche, mais on pourrait aussi dire que c’est un journal qui se caractérise par le fait qu’il se permet de rire de tout, y compris des sujets les plus graves (on a ainsi pu voir des caricatures qui essaient de faire rire à chaud autour des tragiques évènements récents, comme celles dans cet article). Il est un peu héritier de mai 68 dans le sens où s’il est de mauvais ton de parler d’un sujet, ses journalistes et caricaturistes vont s’en donner à coeur joie, fidèle à la devise du journal Le Canard Enchaîné, dans lequel interviennent certains journalistes de Charlie Hebdo : « La liberté d’expression ne s’use que si l’on ne s’en sert pas ».

La loi Toubon, 20 ans après : journée d’étude

Le 13 octobJacques Toubon, nommé Défenseur des droits, à Paris le 16 juillet 2014re 2014 a eu lieu au Sénat une journée d’études sur les 20 ans de la loi sur l’emploi de la langue française, dite « loi Toubon ». J’ai eu l’honneur, et à travers moi La Voix Francophone, d’y être invité, en plus d’environ 150 autres personnes. La liste des interventions a été un peu bousculée : les intervenants du matin ont dépassé leur temps alloué, et l’intervention de la ministre de la Culture et de la Communication, Mme Fleur Pellerin, prévue pour 17h30 a obligé les intervenants de l’après-midi à raccourcir, parfois à amputer leur temps de parole. Dommage ! On aurait voulu entendre plus longuement certains intervenants tels François Taillandier, Pouria Amirshahi ou Jean-Marc Lévy-Leblond. 

Le CV des intervenant était prestigieux, j’ai découvert des artisans de l’ombre, d’autres étaient plus connus. Si vous avez peu de temps, je vous invite cependant vivement à prendre connaissance des interventions de Vincent Dubois, Frédéric Châtaignier, Bernard Cassen et François Taillandier, même si toutes les interventions sont également intéressantes. Un bilan succinct de cette journée est accessible ici. Le forum dédié à cette journée est accessible .

Voici la liste des intervenants et le lien vers le résumé de leurs interventions, que vous retrouverez regroupés selon leur thème.

Interventions de la matinée :

I.1) La construction d’un dispositif constitutionnel et législatif
Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), co-organisateur de cette journée d’étude : présentation de la journée
Olivier Dutheillet de Lamothe, président de la section sociale du Conseil d’Etat, membre honoraire du Conseil constitutionnel : « La langue de la République est le français »
Vincent Dubois, Université de Strasbourg : « La loi du 4 août 1994 : esquisse d’une sociologie politique »

Gérard de Villiers à l’honneur dans le New York Times

[Article originellement publié sur le Forum dans la catégorie Débats et Réflexions le 5 Février 2013]

Gérard de Villiers, l’auteur de SAS, est à l’honneur dans le New York Times, ici . Un article de neuf colonnes, très approfondi. Ici un article d’un contributeur du Monde assez bien résumé . Là, un petit condensé, chez Atlantico, mais bienveillant :
Les mots entre parenthèses sont des citations du texte original du New York Times. Cet auteur de romans de gare à grand tirage (top selling pulp fiction) n’est pas considéré par les élites (literati) comme de la grande littérature. Ces descriptions érotiques, les couvertures de ses ouvrages (Its lurid green-and-black cover), peuvent paraître outrancières, démodées, racoleuses, c’est selon. Mais Gérard de Villiers « a un don, une forte capacité intellectuelle à comprendre les problématiques de sécurité et de terrorisme » (He has a gift — a very strong intellectual comprehension of these security and terrorism issues).

Projet de Loi Fioraso, l’analyse (sur l’article 2)

(publié sur lefrançaisenpartage le 23-05-2013)

Faute de temps, je n’ai fait que relayer quelques réactions sur l’article 2 du projet de loi Fioraso, concernant l’extension des possibilités d’enseigner en anglais à l’université. Il semble que le débat gagne en ampleur et qu’enfin certains dirigeants politiques et syndicaux s’emparent du débat. Cela a au moins le mérite de mettre le débat sur la langue française et sa promotion (plutôt défense dans ce cas précis) sur la table. Le combat est pourtant loin d’être gagné, car le niveau des connaissances des enjeux est très faible et ce projet risque de passer grâce à de vagues idées à partir desquelles on passe en raccourci à des conclusions hâtives (il faut parler anglais pour réussir ; il ne faut pas se fermer, mais s’ouvrir, ne parler que français, c’est se fermer, il faut donc ouvrir des universités en France au cursus entièrement anglais). Les arguments qui sont médiatisés sont assez faibles d’un côté et de l’autre, il faut donc faire connaître les vraies enjeux et affûter nos arguments. Si les intentions sont louables, les modalités sont très discutables, voici pourquoi.

Que dit le projet de loi Fioraso ?

Pour bien comprendre les enjeux, je vais devoir contextualiser un peu. Le projet de loi Fioraso complète et amende le texte décrivant les « Missions de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche » ; ce texte est le cadre de notre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mme Fioraso souhaite donc « mettre à jour » ce texte pour s’adapter aux réalités modernes.

L’avenir du français, vidéo-reportage

(Publié sur lefrançaisenpartage le 27-12-2012)

Voici deux reportages :

- le premier, très intéressant, réalisé par Isabelle Baechler et Olivier Robert en 2008 (14min24s) parle de la situation de l’anglais pour ensuite se concentrer sur le français au Québec et sur la francophonie.

 

Retour sur les progrès de la sensibilisation autour de la francophonie depuis 2010

(Publié le 20-05-2012 sur lefrançaisenpartage)

Les informations du rapport de l’OIF 2010 ont été popularisées

Il y a 3 ans, je commençais mon carnet et il y a à peu près deux ans, je découvrais le rapport de l’OIF La langue française dans le monde 2010 qui contient une quantité d’informations intéressantes très importantes : nombre de francophones dans le monde, répartition géographique, progrès, évolutions, initiatives prises en sa faveur, etc… Je mesurais le gouffre entre ce qui se fait et qui m’a surpris par l’ampleur des actions et de la dynamique, et ce que le grand public en sait. Auparavant, personne ne savait quel était le nombre de francophones dans le monde, les chiffres allant de 70 millions (version du site ethnologue je crois, que je soupçonne de francophobie patente) à 500 millions pour les exaltés de la francophonie. On se battait à coup de chiffres sans aucune source vérifiable, certains se cantonnant à la population de la France + Belgique francophone, d’autres y ajoutant la population de pays de langue officielle française en y comptant tout le monde. Le rapport de l’OIF est passé par là, et maintenant le chiffre de 220 millions s’est imposé et fait référence.

Ce rapport a également contribué à donner une image beaucoup plus précise de la situation du français dans de nombreux pays sur lesquels nous n’avions quasiment aucune donné si nous ne nous y étions pas rendu par nous-même, ce qui justifiait bien souvent le franco-pessimisme, car on avait une propension à tout voir en noir : personne ne maîtrise le français en Afrique, le français recule au Québec, l’anglais prend la place du français dans de nombreux pays africains et bientôt en France ce sera inévitable. Bref, c’était le grand flou et la place aux fantasmes les plus divers.

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