Sachons cibler nos priorités !

Le texte qui suit  est une réponse à un article écrit récemment par un   journaliste sénégalais, M. Konate.  Au départ, ce devait être un simple commentaire; son ampleur l’a destiné à devenir un article de ce blogue, rédigé sous forme de missive.

 

Cher Monsieur Konate

                                                     J’ai lu avec beaucoup d’attention votre article   ( https://www.lequotidien.sn/oif-la-francophonie-a-t-elle-un-avenir/ ) sur l’Organisation Internationale de la Francophonie, ses récentes querelles pour l’élection d’une nouvelle dirigeante à sa tête ainsi que votre juste diatribe à l’encontre de ces Français haut placés qui s’acharnent à singer leurs homologues anglo-saxons, jusqu’à oublier leur propre langue. Vous ne mâchez pas vos mots et vous avez raison !

                                                  Il y a vraiment de quoi désespérer du comportement d’une certaine élite française à s’aplatir devant leurs pairs anglo-saxons ! Derrière vos critiques hélas pleinement justifiées, je devine une personne à la fois triste et en colère, presque à la limite du désespoir. Pourtant, je voudrais vous dire : ne vous fixez pas sur ces comportements et portez vos regards en dehors des couloirs feutrés des ambassades, salles de réunion onusiennes et autres endroits fréquentés par la soi-disant « bonne société ». Des motifs d’espoir vous apparaitront bien réels !

Saint-Martin, Saint-Barthélémy ou la francophonie molle

 

Saint- Martin, Saint- Barthélémy

L’actualité récente a fait découvrir à beaucoup de Français l’existence même de ces deux îles. En effet, le 6 septembre 2017, après le passage de l’ouragan Irma, Saint-Barthélémy et Saint-Martin étaient brutalement sortis de l’anonymat pour une majorité de nos concitoyens. Comme ces territoires sont des collectivités d’outre-mer françaises, l’Etat français est intervenu vigoureusement dans l’organisation des secours et les médias ont largement relayé pendant des semaines ces efforts. Des reportages nous montraient ainsi de « nouveaux » francophones, perdus dans la mer des Caraïbes.

Francophones vraiment ?

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (troisième partie)

Les précédentes parties ont montré qu’il existe bien un racisme linguistique au sein des institutions européennes. Certains pourraient penser malgré tout que l’expression reste abusive. Il nous manque en fait un mot qu’il faudrait inventer : le « languisme » ? Par commodités cependant, et aussi parce qu’il a été montré que la définition du mot « racisme » s’applique à la situation actuelle des langues au sein de l’UE, nous continuerons d’utiliser les termes « racisme linguistique ».

Nous savons désormais que cette réalité n’est en rien naturelle et qu’elle est d’abord et avant tout le résultat de décisions politiques prises notamment sous l’effet d’influences néo-libérales, très prégnantes depuis 30 ans. Une inflexion est donc possible et nous ne sommes pas condamnés à subir cette fatalité. C’est plutôt une bonne nouvelle !

Mais alors, que faire ? Que pouvons-nous espérer obtenir à court et moyen terme, de manière raisonnable et sans se bercer d’illusions, car nous savons que le combat sera difficile ? Esquissons quelques débuts de réponses…

 

 

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (2 ième partie)

 

Après avoir tracé une géographie de l’utilisation des langues au sein des institutions européennes, géographie qui démontre une hostilité croissante de l’U.E. à l’égard des langues de travail autres que l’anglais, nous allons cerner les explications, officielles mais surtout officieuses, d’un tel comportement. Nous découvrirons alors que le mot « racisme » n’est sans doute pas exagéré, si l’on se réfère à la définition citée dans la première partie.

 

 

Les défenseurs du « tout anglais », et en premier lieu, les anglophones ne manquent pas d’arguments pour justifier la suprématie de la langue de Shakespeare. Étudions la pertinence de ces justifications !

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE

                  

Le sujet traité ici sera décomposé en trois parties, publiées successivement :

1°) La situation actuelle : comment s’articule l’emploi des langues dans les institutions européennes ?

2°)Quelles explications, officielles et officieuses, avance-t-on pour justifier l’hégémonie de l’anglais ?

3°) Quelles solutions pour revenir à une situation plus équitable des langues au sein de ces institutions, et notamment du français ?

Waouh ! Quelle mouche m’aurait donc piqué pour utiliser, dès le titre et d’une manière qui pourrait apparaître péremptoire, un mot aussi fort, aux sinistres résonances, le mot « racisme » ?

A l’origine, l’article devait s’intituler : Y a-t-il un racisme linguistique de l’Europe ? Mais au fur et à mesure de l’écriture de cette réflexion, la forme déclarative s’est imposée. Derrière l’écran de fumée des belles déclarations, écrites ou orales, se cache, en effet, une réalité qu’il faut bien dévoiler et appeler de son vrai nom…

NdL 1 – La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

NdL 1 – La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

1 Juil, 2015

La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation,

par Yves Montenay et Damien Soupart

 

Je vous propose une série d’articles qui commentent, reprennent et approfondissent certains extraits du livre d’Yves Montenay et Damien Soupart : La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation. Cet ouvrage reprend l’histoire de l’établissement et de l’expansion de la langue française en France et dans le monde et s’adresse à un grand public. Considérant que les personnes suivant ce blogue se sont déjà intéressées à l’histoire de la France, de la colonisation, et à la Francophonie, je vais entreprendre un exercice inhabituel : je vais reprendre les passages du livre qui m’ont appris quelque chose, mes notes de lecture (NdL) et cela me permettra de contextualiser ces extraits avec mes analyses. Je pense que cela apportera une entrée originale et intéressante à cet ouvrage que je recommande chaudement, car il dresse un portrait complet de l’histoire du français et de sa situation actuelle et il propose des pistes stimulantes pour le futur. Bien sûr, je me concentre seulement sur certains sujets, je vous laisse le plaisir de découvrir la suite (disponible en ligne et en librairie)… Aujourd’hui, nous verrons que les raisons décisives de la chute du premier empire colonial français ne sont pas forcément celles auxquelles on pense communément (défaites militaires, vente de la Louisiane).

 

1) La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

« Après le sel, le pétrole de cette époque est le sucre (et accessoirement le café) d’où une lutte farouche pour les îles en produisant… » Concernant ce qui allait devenir en partie le Canada : « Peu de gens soupçonnent l’importance potentielle de cette « Nouvelle-France » américaine, qui ne peut produire de sucre. » (p. 32)

Le Canada présentait peu d’intérêt, disposait d’un climat froid pendant une bonne partie de l’année et la France n’avait pas besoin de peupler beaucoup le Canada pour faire le commerce de peaux de castor ; quelques établissements ou forts suffisaient. Le Canada est donc un peu peuplé le long du Saint Laurent et la Louisiane se peuple peu, et tardivement :

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