Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 1 – le Moyen-Age

17 Oct, 2017

Le français occupe une place non-négligeable dans le monde d’aujourd’hui (parlé sur les 5 continents, environ 270 millions de personnes sont considérées comme francophones par l’OIF, et c’est une des langues les plus apprises au monde à tel point qu’on manque de professeurs de français). Ceci dit, la première place est indiscutablement occupée par l’anglais, grâce notamment à l’influence des États-Unis aujourd’hui, et du Royaume-Uni au XIXe siècle. En tant que français, nous connaissons tous nos défaites fameuses (Waterloo, Trafalgar) qui ont mis hors d’atteinte une plus grande expansion du français. Mais le français aurait pu avoir une place plus importante… sans guerre. On ne refait pas l’histoire, mais il est bon de ne pas dévaloriser son histoire. Savoir ce que l’histoire doit au hasard permet à chaque peuple de retrouver une place d’égaux. Aujourd’hui, pour faire un peu les chauvins (et gratter là où ça fait mal), nous allons voir les rendez-vous manqués du français avec l’histoire. (ou avec une plus grande histoire, parce que le français est loin d’avoir disparu !)

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (troisième partie)

Les précédentes parties ont montré qu’il existe bien un racisme linguistique au sein des institutions européennes. Certains pourraient penser malgré tout que l’expression reste abusive. Il nous manque en fait un mot qu’il faudrait inventer : le « languisme » ? Par commodités cependant, et aussi parce qu’il a été montré que la définition du mot « racisme » s’applique à la situation actuelle des langues au sein de l’UE, nous continuerons d’utiliser les termes « racisme linguistique ».

Nous savons désormais que cette réalité n’est en rien naturelle et qu’elle est d’abord et avant tout le résultat de décisions politiques prises notamment sous l’effet d’influences néo-libérales, très prégnantes depuis 30 ans. Une inflexion est donc possible et nous ne sommes pas condamnés à subir cette fatalité. C’est plutôt une bonne nouvelle !

Mais alors, que faire ? Que pouvons-nous espérer obtenir à court et moyen terme, de manière raisonnable et sans se bercer d’illusions, car nous savons que le combat sera difficile ? Esquissons quelques débuts de réponses…

 

 

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (2 ième partie)

 

Après avoir tracé une géographie de l’utilisation des langues au sein des institutions européennes, géographie qui démontre une hostilité croissante de l’U.E. à l’égard des langues de travail autres que l’anglais, nous allons cerner les explications, officielles mais surtout officieuses, d’un tel comportement. Nous découvrirons alors que le mot « racisme » n’est sans doute pas exagéré, si l’on se réfère à la définition citée dans la première partie.

 

 

Les défenseurs du « tout anglais », et en premier lieu, les anglophones ne manquent pas d’arguments pour justifier la suprématie de la langue de Shakespeare. Étudions la pertinence de ces justifications !

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE

                  

Le sujet traité ici sera décomposé en trois parties, publiées successivement :

1°) La situation actuelle : comment s’articule l’emploi des langues dans les institutions européennes ?

2°)Quelles explications, officielles et officieuses, avance-t-on pour justifier l’hégémonie de l’anglais ?

3°) Quelles solutions pour revenir à une situation plus équitable des langues au sein de ces institutions, et notamment du français ?

Waouh ! Quelle mouche m’aurait donc piqué pour utiliser, dès le titre et d’une manière qui pourrait apparaître péremptoire, un mot aussi fort, aux sinistres résonances, le mot « racisme » ?

A l’origine, l’article devait s’intituler : Y a-t-il un racisme linguistique de l’Europe ? Mais au fur et à mesure de l’écriture de cette réflexion, la forme déclarative s’est imposée. Derrière l’écran de fumée des belles déclarations, écrites ou orales, se cache, en effet, une réalité qu’il faut bien dévoiler et appeler de son vrai nom…

NdL 1 – La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

NdL 1 – La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

1 Juil, 2015

La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation,

par Yves Montenay et Damien Soupart

 

Je vous propose une série d’articles qui commentent, reprennent et approfondissent certains extraits du livre d’Yves Montenay et Damien Soupart : La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation. Cet ouvrage reprend l’histoire de l’établissement et de l’expansion de la langue française en France et dans le monde et s’adresse à un grand public. Considérant que les personnes suivant ce blogue se sont déjà intéressées à l’histoire de la France, de la colonisation, et à la Francophonie, je vais entreprendre un exercice inhabituel : je vais reprendre les passages du livre qui m’ont appris quelque chose, mes notes de lecture (NdL) et cela me permettra de contextualiser ces extraits avec mes analyses. Je pense que cela apportera une entrée originale et intéressante à cet ouvrage que je recommande chaudement, car il dresse un portrait complet de l’histoire du français et de sa situation actuelle et il propose des pistes stimulantes pour le futur. Bien sûr, je me concentre seulement sur certains sujets, je vous laisse le plaisir de découvrir la suite (disponible en ligne et en librairie)… Aujourd’hui, nous verrons que les raisons décisives de la chute du premier empire colonial français ne sont pas forcément celles auxquelles on pense communément (défaites militaires, vente de la Louisiane).

 

1) La Louisiane / La Nouvelle-France et la fuite des élites

« Après le sel, le pétrole de cette époque est le sucre (et accessoirement le café) d’où une lutte farouche pour les îles en produisant… » Concernant ce qui allait devenir en partie le Canada : « Peu de gens soupçonnent l’importance potentielle de cette « Nouvelle-France » américaine, qui ne peut produire de sucre. » (p. 32)

Le Canada présentait peu d’intérêt, disposait d’un climat froid pendant une bonne partie de l’année et la France n’avait pas besoin de peupler beaucoup le Canada pour faire le commerce de peaux de castor ; quelques établissements ou forts suffisaient. Le Canada est donc un peu peuplé le long du Saint Laurent et la Louisiane se peuple peu, et tardivement :

Réflexions sur les freins à l’attractivité de la langue française

Pourquoi le français souffre d’un déficit d’image en France, et plus généralement dans le monde occidental ? Pourquoi lui préfère-t-on bien souvent l’anglais ? Comment se fait-il, par exemple, que l’on connaisse en France la chanteuse colombienne Shakira par l’intermédiaire de sa carrière aux États-Unis en anglais, alors qu’elle chantait d’abord en espagnol ? On pourrait également se poser la question pour l’économiste français Thomas Piketty, dont la reconnaissance américaine a propulsé sa carrière. Doit-on attendre que quelqu’un qui s’exprime dans une langue autre que l’anglais soit reconnu aux États-Unis pour s’y intéresser ?

Voici quelques pistes de réflexions que j’ai développées après avoir pris connaissance d’un reportage sur la Russie.

Le russe en Russie ? Shocking !

Un article intéressant chez nos confrères de l’AFRAV : le 31 janvier, un reportage de France 2 présentait des étudiants français en Russie. Le journaliste parle d’un « écueil de taille » : la langue russe. Personnellement, cette remarque ne me choque pas : parler une langue étrangère est difficile. Mais cela prend un tout autre éclairage lorsqu’on entend la remarque d’un étudiant comme quoi dans les grandes mégalopoles (il cite Londres, New-York), « on va tout voir en anglais, tout comprendre tout de suite » (le lien de cause à effet est implicite) et de rajouter « qu’en fait, on se rend vite compte, en fait tout est en russe ici ». On est d’accord : apprendre une langue étrangère, c’est difficile, mais on est surpris par la suite : c’est d’autant plus difficile que l’environnement n’est pas anglophone à Moscou, comme si cela était surprenant. Cette remarque innocente révèle quelque chose de plus profond quant à notre vision de la langue anglaise.

Analysons : ce petit reportage met le doigt sur quelque chose qui paraîtrait évident maintenant, à savoir que l’on s’attend lorsque l’on va « à l’étranger », à pouvoir vivre au quotidien grâce à l’anglais. Et c’est un peu vrai.

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