Perception de l’anglais par des Irlandais

Pourcentage d’Irlandais parlant le gaélique sur une base quotidienne, en dehors de l’école (enquête 2011)

L’été dernier, je suis retourné en Irlande. J’y connais une famille irlandaise et j’en ai profité pour réaborder le sujet du gaélique, la langue celte qui était parlée avant l’arrivée de l’anglais. La plus grande propagation de l’anglais s’est faite au XIXe siècle et l’indépendance en 1922 n’a pas infléchi cette tendance.  La question que je me posais était celle-ci : quelle est la perception de l’anglais par les Irlandais. Autrement dit : comment vit-on le fait de devoir parler anglais dans un pays comme l’Irlande, c’est-à-dire dans un pays qui a été mis à genoux par les Anglais à plusieurs reprises, notamment lors de l’épisode du « potato blight ». Comment vit-on le fait de devoir parler la langue de ses envahisseurs et que la dynamique qui promeut cette langue est bien plus forte que celle qui porte la langue de notre pays, la langue qui fonde notre identité ?

La fin de la Bretagne romaine (2)

État partiel de la recherche sur l’influence celtique en Anglais

 

Des générations d’archéologues ont expliqué la longue connivence culturelle entre les populations installées des deux côtés de la manche. Ainsi, depuis le néolithique et ses réalisations mégalithiques et durant l’age du Bronze atlantique d’intenses relations commerciales sont attestées. Mais rien n’indique ou n’infirme qu’une langue unique ait alors été utilisée lors de ces échanges.

Des recherches récentes situent l’ethnogenèse « celtique » non plus dans les vallées et sur les contreforts septentrionaux des Alpes mais plutôt sur la côte atlantique entre l’age du bronze final et l’age du fer (Alinéi et al. PCP 1996 – 2002). Si ces hypothèses sont fondées, il est probable que des langues relativement parentes aient pu se propager lentement le long des côtes atlantiques de l’Europe. Concernant le peuplement celtique de l’archipel britannique, la théorie « invasionniste » classique (H. Hubert 1932) elle-même, situait les arrivées successives des Gaels, des Pietés et des Bretons, à partir du milieu du 2nd millénaire avant l’ère commune, mais en provenance de la côte sud orientale de la mer du Nord. Les deux grandes théories concurrentes s’accordent donc au minimum sur la présence des langues celtiques dans les îles britanniques dès l’age du bronze atlantique (3300 YBP).

La fin de la Bretagne romaine (1)

Contribution de la linguistique à la reconnaissance de l’histoire – approche traditionnelle vs approche actuelle.

 

Gwenaël Henry m’a demandé de mettre en ligne ces trois articles sur l’histoire linguistique des peuples qui peuplaient la Grande Bretagne à la fin de l’Empire romain. Articles érudits et intéressants du point de vue de l’histoire de la langue française elle-même puisqu’il y est question de l’impact du français (et du latin) avant même 1066. Les interactions avec la Bretagne également méritent l’attention.

Partie I – Survol de l’évolution du traitement universitaire de la question

La linguistique comparée s’est véritablement singularisée en tant que discipline scientifique spécifique, il y a un peu plus de deux siècles, à partir des premiers travaux sérieux et documentés réalisés dès 1783 par le philologue William Jones, d’origine galloise. Soit près d’un siècle avant la parution de la thèse révolutionnaire de Charles Darwin (1859) qui permis entre autres d’approfondir considérablement la durée de l’histoire de l’humanité. Car avant Darwin, l’Histoire se cantonnait tant bien que mal, dans les six petits millénaires alloués par la tradition biblique.

Nos pires ennemis

Pour commencer, un petit quiz :

a) Quelle structure gouvernementale s’occupe de la francophonie en France ?

b) Quel journal télévisé a parlé du rapport de M Pouria Amirshahi ?

c) Quel homme connu des politiques a communiqué récemment au Président de la République un énième rapport sur la francophonie ?

Les réponses sont à la fin de cet article. Cependant, parions que peu de personnes pourront répondre à une de ces questions. Les Français ont été incapables de mener jusqu’à présent une politique francophone véritablement dynamique. Pourquoi une telle inertie en France, une telle incapacité à saisir les enjeux de la Francophonie ? Qu’est-ce qui « coince » chez nous ?

La réponse m’est clairement apparue cet été…

 

Les néologismes et les emprunts

 Lorsque l’on s’intéresse aux anglicismes, on s’intéresse forcément un jour où l’autre à la création de nouveaux mots (néologismes), car derrière les emprunts se cache une incapacité à créer ou imposer un mot français équivalent. Pourquoi les anglicismes arrivent-ils en français si facilement, pourquoi est-on (apparemment) incapable de faire prévaloir des équivalents français ?

Pour répondre à ces deux questions, il faut s’intéresser aux facteurs qui amènent à la création de mots.

1) Le besoin

Lorsque l’on crée un mot, c’est tout d’abord pour répondre à un besoin ; c’est le facteur le plus évident. Je vois un nouvel objet et je veux en parler. Ou j’ai élaboré une nouvelle recette et je veux en parler. Plutôt que de devoir décrire l’objet par une périphrase (le plat qui a des couches d’aubergines, avec de la viande de mouton, etc…), je lui donne un nom (la moussaka), je le baptise.

2) L’isolement

Un mot, c’est une convention. Cela s’appelle « moussaka » ou « ordinateur », ça pourrait s’appeler « auberginade » ou « opérateur ». Il y a un moment où un mot s’est imposé plutôt qu’un autre car si chacun invente des mots différents, on arrive à des problèmes de communication.

Comprendre et favoriser l’évolution du français – 2

Application du principe de bassin linguistique au français du XXIe siècle

 

Si on applique ces informations à la situation du français dans le monde, et que l’on prend également en compte ces informations :

  • le français a pour origine la France, et sa norme actuelle le bassin Parisien
  • le français est maintenant parlé aussi en Afrique et par davantage de personnes qu’en Europe
  • le français est issu de la norme de Paris, et cette norme s’est imposé aux régions avoisinantes puis à la France entière, et maintenant à de nombreux autres pays. La raison en est que Paris est la plaque tournante de la France. La norme se fait par où transite les échanges, par où la population est numériquement importante et par où le pouvoir est.
  • Paris a une importance majeure en France, c’est une unité interconnectée d’environ 10 000 000 de personnes, et elle est au centre des réseaux routiers, ferroviaires de la France, c’est là que siège la plupart des centres de décision.
  • les locuteurs qui parlent français sont numériquement supérieurs en Afrique mais encore faiblement reliés entre eux et peu influents économiquement et politiquement. Reliés entre eux par l’école qui propage une norme, par les moyens de communication modernes, mais au sein d’un immense espace géographique faiblement connecté.

Alors on peut faire quelques observations et déductions :

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