La fin de la Bretagne romaine (2)

État partiel de la recherche sur l’influence celtique en Anglais

 

Des générations d’archéologues ont expliqué la longue connivence culturelle entre les populations installées des deux côtés de la manche. Ainsi, depuis le néolithique et ses réalisations mégalithiques et durant l’age du Bronze atlantique d’intenses relations commerciales sont attestées. Mais rien n’indique ou n’infirme qu’une langue unique ait alors été utilisée lors de ces échanges.

Des recherches récentes situent l’ethnogenèse « celtique » non plus dans les vallées et sur les contreforts septentrionaux des Alpes mais plutôt sur la côte atlantique entre l’age du bronze final et l’age du fer (Alinéi et al. PCP 1996 – 2002). Si ces hypothèses sont fondées, il est probable que des langues relativement parentes aient pu se propager lentement le long des côtes atlantiques de l’Europe. Concernant le peuplement celtique de l’archipel britannique, la théorie « invasionniste » classique (H. Hubert 1932) elle-même, situait les arrivées successives des Gaels, des Pietés et des Bretons, à partir du milieu du 2nd millénaire avant l’ère commune, mais en provenance de la côte sud orientale de la mer du Nord. Les deux grandes théories concurrentes s’accordent donc au minimum sur la présence des langues celtiques dans les îles britanniques dès l’age du bronze atlantique (3300 YBP).

La fin de la Bretagne romaine (1)

Contribution de la linguistique à la reconnaissance de l’histoire – approche traditionnelle vs approche actuelle.

 

Gwenaël Henry m’a demandé de mettre en ligne ces trois articles sur l’histoire linguistique des peuples qui peuplaient la Grande Bretagne à la fin de l’Empire romain. Articles érudits et intéressants du point de vue de l’histoire de la langue française elle-même puisqu’il y est question de l’impact du français (et du latin) avant même 1066. Les interactions avec la Bretagne également méritent l’attention.

Partie I – Survol de l’évolution du traitement universitaire de la question

La linguistique comparée s’est véritablement singularisée en tant que discipline scientifique spécifique, il y a un peu plus de deux siècles, à partir des premiers travaux sérieux et documentés réalisés dès 1783 par le philologue William Jones, d’origine galloise. Soit près d’un siècle avant la parution de la thèse révolutionnaire de Charles Darwin (1859) qui permis entre autres d’approfondir considérablement la durée de l’histoire de l’humanité. Car avant Darwin, l’Histoire se cantonnait tant bien que mal, dans les six petits millénaires alloués par la tradition biblique.

Nos pires ennemis

Pour commencer, un petit quiz :

a) Quelle structure gouvernementale s’occupe de la francophonie en France ?

b) Quel journal télévisé a parlé du rapport de M Pouria Amirshahi ?

c) Quel homme connu des politiques a communiqué récemment au Président de la République un énième rapport sur la francophonie ?

Les réponses sont à la fin de cet article. Cependant, parions que peu de personnes pourront répondre à une de ces questions. Les Français ont été incapables de mener jusqu’à présent une politique francophone véritablement dynamique. Pourquoi une telle inertie en France, une telle incapacité à saisir les enjeux de la Francophonie ? Qu’est-ce qui « coince » chez nous ?

La réponse m’est clairement apparue cet été…

 

La transition linguistique

[Article publié originellement sur le Forum dans la catégorie Débats et Réflexions le 4 Juin 2013]

Nous vivons une époque de mutation : on parle de transition démographique achevée (exemple : Europe), en passe d’être achevée (exemple : Maroc), pas encore commencée (exemple : Afrique sub-saharienne). D’autres parlent aussi du grand remplacement. Vient le moment de parler de la transition linguistique.
La transition linguistique, en ce qui concerne la francophonie, ne tuera pas forcément celle-ci ; mais il faut considérer que le phénomène existe, de façon évidente, pour des fragments de la population francophone.
Au premier chef pour les Français expatriés.

Jusqu’où peut-on introduire des mots étrangers en français ?

[Article publié originellement sur le Forum dans la catégorie Débats et Réflexions le 30 Mars 2013]

Si on considère le texte suivant, inspiré par l’actualité vaticane : Le Nouveau Pape François est apparu à la loggia de la Basilique donnant sur la piazza du même nom alors que toute la cité du Vatican était éclairée a giorno. Le pape lui-même était entouré de Monsignore, dont certains, parmi les cardinaux, était la veille encore des papabile qui échangeaient entre eux mezzo voce. Sur les marches de Saint-Pierre, les gardes suisses, les carabinieri et tutti quanti montaient la garde.
On peut utiliser tous ces mots qui sont dans la langue française depuis la Renaissance et qui sont certes traduisibles mais qui perdraient beaucoup à être traduits. Ils apportent en effet une atmosphère, un esprit d’un peuple extérieur aux frontières linguistiques de la France.
Autre exemple :
Une journée « off » et une journée de farniente ne sont pas des journées identiques. La première est une journée de repos en référence avec des journées normales qui sont des journées de travail, en provenance d’un pays où la tradition n’est pas de donner aux travailleurs de longs congés payés. La seconde journée est prise par elle-même dans la beauté de son inactivité. Ne rien faire est une activité naturelle pour l’esprit italien, une activité seconde pour l’esprit américain. Le locuteur de langue française choisira selon sa psychologie, son sens de la vie, sa philosophie même et son orientation politique, l’une ou l’autre de ces expressions pour signifier qu’il va s’arrêter de travailler pendant une journée.

Une brève histoire de l’anglais

D’où vient l’anglais ?

Les locuteurs de ce qui allait devenir l’anglais d’aujourd’hui après de multiples évolutions, sont issus de populations de langue germanique partis d’une région qui aujourd’hui correspond à un espace qui va du Danemark aux Pays-Bas en passant par la côte allemande. Les Angles, un des peuples qui ont apporté l’anglais, doivent leur nom à une région : Angel, correspondant au Schleswig-Holstein. Avec les Angles, d’autres peuples sont arrivés vers les années 450 : les Jutes (du Jutland, à peu près le Danemark d’aujourd’hui), les Saxons (côte allemande) et les Frisons (actuels Pays-Bas). Certains sont venus s’installer pacifiquement, occupant des terres, d’autres effectuaient des pillages et autres rapines sur les côtes et au final, des royaumes angles et saxons émergèrent.

Leur langue ressemble étrangement à l’allemand : (prononcé à peu près ich) qui donne aujourd’hui I (), ūser / ūre (prononcé à peu près comme l’allemand unser) qui donne « our / ours« , þū (ancêtre de thou, puis you) en allemand : du. On retrouve aussi la forme ge- pour les verbes au passé composé et de nombreuses autres similarités. Bref, c’est de l’allemand qui a évolué indépendamment des locuteurs qui sont restés sur le continent, et ça, au bout d’un certain temps, ça fait une nouvelle langue.

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