LE BREXIT, CHANCE DE REBOND POUR LE FRANCAIS DANS L’U.E. ?

 Depuis le séisme provoqué le 24 juin par l’annonce des résultats du référendum sur la sortie de la Grande Bretagne de l’UE, les journaux n’en finissent pas d’en tirer les conséquences sur le plan politique et économique. Mais peu s’intéressent au thème linguistique et quand ils le font, leurs arguments sont pour le moins fallacieux (voir: http://www.lavoixfrancophone.org/forum/viewtopic.php?f=4&t=814 )

D’autres commentateurs, au contraire, imaginent déjà un retour en fanfare du français (et de l’allemand) dans les institutions européennes. Essayons de garder la tête froide et d’analyser les chances d’un tel retour.

Charabias aux championnats !

Du jeudi 17 décembre au samedi 19 décembre 2015 se sont déroulés à Épinal les championnats de France de patinage sur glace Élite. Je suis tombé par hasard, un peu avant le début des épreuves, sur une feuille distribuée par la patinoire municipale et destinée au grand public.

Dès la lecture du titre, je me suis demandé si les organisateurs étaient conscients qu’il s’agissait de championnats de France se déroulant en France. En parcourant le tableau des épreuves – formulation qui me semble plus compréhensible pour un francophone que celle figurant sur la feuille-, j’ai repéré plusieurs expressions anglaises qui, pour un non-initié, n’ont aucune signification. Plutôt que d’en faire un inventaire, je préfère vous livrer une photographie du tableau des épreuves, ainsi que la lettre que j’ai adressée aux organisateurs (l’adresse indiquée sur ce blogue est volontairement fantaisiste).

[Cliquer sur l’image pour l’agrandir]

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LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (2 ième partie)

 

Après avoir tracé une géographie de l’utilisation des langues au sein des institutions européennes, géographie qui démontre une hostilité croissante de l’U.E. à l’égard des langues de travail autres que l’anglais, nous allons cerner les explications, officielles mais surtout officieuses, d’un tel comportement. Nous découvrirons alors que le mot « racisme » n’est sans doute pas exagéré, si l’on se réfère à la définition citée dans la première partie.

 

 

Les défenseurs du « tout anglais », et en premier lieu, les anglophones ne manquent pas d’arguments pour justifier la suprématie de la langue de Shakespeare. Étudions la pertinence de ces justifications !

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE

                  

Le sujet traité ici sera décomposé en trois parties, publiées successivement :

1°) La situation actuelle : comment s’articule l’emploi des langues dans les institutions européennes ?

2°)Quelles explications, officielles et officieuses, avance-t-on pour justifier l’hégémonie de l’anglais ?

3°) Quelles solutions pour revenir à une situation plus équitable des langues au sein de ces institutions, et notamment du français ?

Waouh ! Quelle mouche m’aurait donc piqué pour utiliser, dès le titre et d’une manière qui pourrait apparaître péremptoire, un mot aussi fort, aux sinistres résonances, le mot « racisme » ?

A l’origine, l’article devait s’intituler : Y a-t-il un racisme linguistique de l’Europe ? Mais au fur et à mesure de l’écriture de cette réflexion, la forme déclarative s’est imposée. Derrière l’écran de fumée des belles déclarations, écrites ou orales, se cache, en effet, une réalité qu’il faut bien dévoiler et appeler de son vrai nom…

TOUTE L’ACTUALITE 2115 DE LA FRANCOPHONIE EN UN SEUL CLIC !

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Vous faites partie des fidèles lecteurs du blogue Lavoixfrancophone et, à ce titre, vous manifestez une sensibilité particulière aux problèmes et enjeux de notre monde. C’est pourquoi, aujourd’hui, je souhaite vous présenter notre Nouvelle Encyclopédie Interplanétaire du Savoir, une encyclopédie multi-connectée en ligne entièrement renouvelée et bénéficiant des toute dernières innovations technologiques.

Alliant jeux, lectures et animations holographiques, cette fabuleuse ressource documentaire vous permettra de découvrir chaque semaine des articles mis à jour en temps réel, avec des informations minutieusement vérifiées par nos Robots Connectés sur la Toile.

Avec la Nouvelle Encyclopédie Interplanétaire du Savoir, vous bénéficierez, en outre, d’une sélection d’holoconférences en ligne animées par les meilleurs spécialistes !

Alors, si comme je le pense, vous souhaitez vous tenir au fait des dernières actualités, et notamment celles ayant trait à la francophonie, n’attendez pas et profitez vite de notre offre spéciale d’abonnement réservée à vous, lecteur, lectrice de ce blogue.

Afin que vous puissiez vous forger une véritable opinion sur la qualité de notre encyclopédie, nous vous proposons, à titre gratuit, des extraits d’articles susceptibles de vous intéresser.

Bonne lecture et à très bientôt,

Yacine Wart’hing, directeur de la rédaction

Petit Pied

Il est plus souvent appelé Little Foot. Il a vécu il y a près de 4 millions d’années dans une partie du monde qui correspond aujourd’hui à l’Afrique du Sud. Ce n’était pas un humain, loin de là, il appartenait à la famille des australopithèques mais on le considère comme notre plus vieil ancêtre connu.

Avant cet article paru dans un numéro de Télérama début juin, j’avais une vague connaissance, purement scientifique d’ailleurs, de cet être. En tant que professeur des écoles, je me dois en effet de me tenir régulièrement informé des dernières découvertes scientifiques ; et la Préhistoire est justement un domaine où elles remettent en cause des certitudes jusque – là bien établies. Sur la dernière période de 25 ans qui vient de s ‘écouler – qui correspond à la durée de mon activité professionnelle jusqu’à aujourd’hui -, les représentations de la vie de nos lointains ancêtres ont quelque peu évolué. Ne pas transmettre à nos élèves des idées erronées m’incite donc à entretenir une veille cognitive.

Je lisais ainsi distraitement cet article quand soudain, le journaliste utilisa les mots « Petit Pied » plutôt que « Little Foot ». Je m’aperçus alors que je n’avais jamais fait l’effort de traduire les termes anglais ou songé seulement à le faire. Ces mots anglais s’imposaient à moi, tout simplement, comme la dénomination d’un squelette. Les traduire ne posait évidemment aucun problème et après coup, je me reprochai de ne pas l’avoir fait. Mais cette évidence des mots français, la lumière nouvelle qu’ils jetaient sur ce pré-humain, au détour d’une simple phrase, m’ont brusquement entraîné dans un état émotionnel surprenant qui modifia intégralement mon regard sur ce « petit » australopithèque.

Les mots français me décrivaient, plus qu’un long texte explicatif, la fragilité de cette petite créature dans un monde qui lui était largement hostile, la vulnérabilité extrême de notre descendance préhistorique dont la survie a, quelquefois, tenu du miracle.

Petit Pied, je pouvais maintenant t’imaginer vivre, te voir te dresser sur tes membres inférieurs, scruter par dessus les hautes herbes de la savane ton environnement, d’un air inquiet, constamment sur tes gardes, à l’affût du moindre bruit menaçant. Maintenant que le cache de la langue anglaise était ôté, je te voyais marcher de tes petits pas maladroits, car la marche pour toi n’était pas encore un acquis suffisamment maîtrisé . D’ailleurs, les arbres restaient pour toi des refuges réconfortants où tu passais une longue partie de la journée, pour échapper à tes prédateurs ou tout simplement te reposer.

Je te voyais désormais t’avancer sur un sol qui soudainement se dérobait sous toi et t’entraînait vers la mort dans une grotte… Ta panique lorsque la terre s’était soustraite à toi, ton angoisse de la mort que tu pressentais alors que tu gisais dans les entrailles de Gé, seul, blessé, abandonné par le destin, dans l’incapacité de te mouvoir, cette panique et cette angoisse, je pouvais aussi les ressentir.

« Petit Pied » me reliait sensiblement à toi, « mon «  ancêtre, ce que « Little Foot » n’avait jamais réussi à produire.

Les scientifiques, les artistes ont souvent pris l’habitude de donner des dénominations anglaises à leurs découvertes ou leurs œuvres, sans même se donner l’effort de les traduire. Cela correspond évidemment à un besoin de reconnaissance immédiat et international par leurs pairs, le besoin d’une classe de marquer sa distinction, mais pour nous, simples citoyens, qu’avons -nous à y gagner ou plutôt, qu’ y perdons-nous ? Pourquoi les dénominations anglaises d’œuvres d’art , les découvertes scientifiques ne sont-elles pas plus systématiquement traduites dans les langues nationales ? Comment peut-on à la fois reprocher aux gens du peuple leur manque d’intérêt pour l’art contemporain par exemple et nommer dans un langage hermétique ou semi-hermétique, l’anglais, des peintures ou des sculptures ? Pourquoi interdit-on le lien affectif de la langue maternelle avec l’art ou la science ? Poser ces questions, c’est déjà y répondre un peu

Petit Pied, Petit Frère. Si loin autrefois, si proche maintenant.

Combien de «Petit Pied » nous sont aujourd’hui cachés ?

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