LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE

                  

Le sujet traité ici sera décomposé en trois parties, publiées successivement :

1°) La situation actuelle : comment s’articule l’emploi des langues dans les institutions européennes ?

2°)Quelles explications, officielles et officieuses, avance-t-on pour justifier l’hégémonie de l’anglais ?

3°) Quelles solutions pour revenir à une situation plus équitable des langues au sein de ces institutions, et notamment du français ?

Waouh ! Quelle mouche m’aurait donc piqué pour utiliser, dès le titre et d’une manière qui pourrait apparaître péremptoire, un mot aussi fort, aux sinistres résonances, le mot « racisme » ?

A l’origine, l’article devait s’intituler : Y a-t-il un racisme linguistique de l’Europe ? Mais au fur et à mesure de l’écriture de cette réflexion, la forme déclarative s’est imposée. Derrière l’écran de fumée des belles déclarations, écrites ou orales, se cache, en effet, une réalité qu’il faut bien dévoiler et appeler de son vrai nom…

TOUTE L’ACTUALITE 2115 DE LA FRANCOPHONIE EN UN SEUL CLIC !

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Alliant jeux, lectures et animations holographiques, cette fabuleuse ressource documentaire vous permettra de découvrir chaque semaine des articles mis à jour en temps réel, avec des informations minutieusement vérifiées par nos Robots Connectés sur la Toile.

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Bonne lecture et à très bientôt,

Yacine Wart’hing, directeur de la rédaction

Petit Pied

Il est plus souvent appelé Little Foot. Il a vécu il y a près de 4 millions d’années dans une partie du monde qui correspond aujourd’hui à l’Afrique du Sud. Ce n’était pas un humain, loin de là, il appartenait à la famille des australopithèques mais on le considère comme notre plus vieil ancêtre connu.

Avant cet article paru dans un numéro de Télérama début juin, j’avais une vague connaissance, purement scientifique d’ailleurs, de cet être. En tant que professeur des écoles, je me dois en effet de me tenir régulièrement informé des dernières découvertes scientifiques ; et la Préhistoire est justement un domaine où elles remettent en cause des certitudes jusque – là bien établies. Sur la dernière période de 25 ans qui vient de s ‘écouler – qui correspond à la durée de mon activité professionnelle jusqu’à aujourd’hui -, les représentations de la vie de nos lointains ancêtres ont quelque peu évolué. Ne pas transmettre à nos élèves des idées erronées m’incite donc à entretenir une veille cognitive.

Je lisais ainsi distraitement cet article quand soudain, le journaliste utilisa les mots « Petit Pied » plutôt que « Little Foot ». Je m’aperçus alors que je n’avais jamais fait l’effort de traduire les termes anglais ou songé seulement à le faire. Ces mots anglais s’imposaient à moi, tout simplement, comme la dénomination d’un squelette. Les traduire ne posait évidemment aucun problème et après coup, je me reprochai de ne pas l’avoir fait. Mais cette évidence des mots français, la lumière nouvelle qu’ils jetaient sur ce pré-humain, au détour d’une simple phrase, m’ont brusquement entraîné dans un état émotionnel surprenant qui modifia intégralement mon regard sur ce « petit » australopithèque.

Les mots français me décrivaient, plus qu’un long texte explicatif, la fragilité de cette petite créature dans un monde qui lui était largement hostile, la vulnérabilité extrême de notre descendance préhistorique dont la survie a, quelquefois, tenu du miracle.

Petit Pied, je pouvais maintenant t’imaginer vivre, te voir te dresser sur tes membres inférieurs, scruter par dessus les hautes herbes de la savane ton environnement, d’un air inquiet, constamment sur tes gardes, à l’affût du moindre bruit menaçant. Maintenant que le cache de la langue anglaise était ôté, je te voyais marcher de tes petits pas maladroits, car la marche pour toi n’était pas encore un acquis suffisamment maîtrisé . D’ailleurs, les arbres restaient pour toi des refuges réconfortants où tu passais une longue partie de la journée, pour échapper à tes prédateurs ou tout simplement te reposer.

Je te voyais désormais t’avancer sur un sol qui soudainement se dérobait sous toi et t’entraînait vers la mort dans une grotte… Ta panique lorsque la terre s’était soustraite à toi, ton angoisse de la mort que tu pressentais alors que tu gisais dans les entrailles de Gé, seul, blessé, abandonné par le destin, dans l’incapacité de te mouvoir, cette panique et cette angoisse, je pouvais aussi les ressentir.

« Petit Pied » me reliait sensiblement à toi, « mon «  ancêtre, ce que « Little Foot » n’avait jamais réussi à produire.

Les scientifiques, les artistes ont souvent pris l’habitude de donner des dénominations anglaises à leurs découvertes ou leurs œuvres, sans même se donner l’effort de les traduire. Cela correspond évidemment à un besoin de reconnaissance immédiat et international par leurs pairs, le besoin d’une classe de marquer sa distinction, mais pour nous, simples citoyens, qu’avons -nous à y gagner ou plutôt, qu’ y perdons-nous ? Pourquoi les dénominations anglaises d’œuvres d’art , les découvertes scientifiques ne sont-elles pas plus systématiquement traduites dans les langues nationales ? Comment peut-on à la fois reprocher aux gens du peuple leur manque d’intérêt pour l’art contemporain par exemple et nommer dans un langage hermétique ou semi-hermétique, l’anglais, des peintures ou des sculptures ? Pourquoi interdit-on le lien affectif de la langue maternelle avec l’art ou la science ? Poser ces questions, c’est déjà y répondre un peu

Petit Pied, Petit Frère. Si loin autrefois, si proche maintenant.

Combien de «Petit Pied » nous sont aujourd’hui cachés ?

Comment endormir son enfant ? La réponse en chansons

Comment endormir bébé ? La recette !

Il est né le divin enfant, c’est merveilleux ! … mais il ne veut pas dormir, le coquinou. Il ne vous voit tout d’abord pas, sa vision n’est pas encore affûtée, et quand vous essayez de lui parler, il ne vous entend pas car il est en train de crier. Jusqu’ici vous aviez essayé de lui chanter des comptines et des berceuses, mais au bout d’une demi heure à une heure d’efforts, un son de trompette vous signale une couche à changer et réduit à néant vos efforts. Tout est à recommencer mais tel un Sisyphe des temps modernes (un Sisyphe 2.0), vous reprenez vos efforts (infructueux) de père modèle et attentionné et recommencez une berceuse. Qui sortira vainqueur de ce combat de titans entre Papa et son fils ? La réponse (suspense !) avec Bénabar (il ne vaut mieux pas que le bébé comprenne les paroles) :

Bénabar – La Berceuse (2005)

 

Puis au fil des jours et des premières semaines, il prend conscience de votre voix, regarde votre bouche prononcer des mots qu’il ne comprend pas… à moins que ? mais il est fasciné. Là vous comprenez que vous avez un pouvoir sur lui, c’est le moment de l’utiliser. Les sons brefs l’étonnent, les voyelles qui s’allongent retiennent son attention. Vous faîtes des grimaces en chantant Patrick Bruel, il rigole ou chouine (selon les moments et selon la justesse de votre voix), mais quand vous chantez une maison bleue qui s’adosse à la colline (Maxime Le Forestier) (cliquez ici pour une version surprenante et poétique), il a l’air plus attentif. Des voyelles qui s’étirent, une mélodie douce, la recette de la berceuse idéale vous apparaît, c’est LA solution à vos problèmes. Vous n’avez plus les vieux vinyles de vos parents alors vous allumez votre ordinateur portable et retrouvez les paroles d’une chanson douce que vous chantait votre maman :

Comment éradiquer le français des institutions internationales

COMMENT ÉRADIQUER LE FRANÇAIS (ET AUTRES LANGUES) DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES ET DU MONDE EN GÉNÉRAL

 ou comment favoriser l’hégémonie d’une seule langue supranationale, l’anglais.

 

Courant novembre 2013 s’est tenue à Washington, dans les bureaux de la CIA, une réunion informelle, volontairement secrète, qui réunissait les principaux acteurs du British Council, l’office britannique de promotion de la langue anglaise et de leurs homologues des Centres Culturels états-uniens.

Grâce à la bévue d’une secrétaire, qui a malencontreusement transmis le rapport de cette réunion à un journaliste du Guardian dont l’adresse mèl se trouvait par erreur dans un fichier de dirigeants, des informations ont filtré et ont été révélées dans le numéro du journal britannique daté du 28 février 2013.

Le document comportant plus de 200 pages, le journaliste, Bob Sleg, n’a retenu que les passages les plus percutants. Vous en trouverez ci-dessous la traduction française.

Article traduit de l’anglais par Marc -Jean Larquais

Pages 2 et 3 : Introduction

L’anglais occupe aujourd’hui une place prépondérante dans le monde comme jamais aucune langue ne l’a eue. Nous devrions plutôt écrire l’américain, sans vouloir vexer nos amis britanniques, car les États Unis, grâce à leur puissance économique, leur armée, leur avance technologique, leur main mise sur les médias internationaux, leur hégémonie culturelle, dominent largement les autres pays et peuvent désormais imposer leur langue en tant que langue de communication privilégiée. Qui ne communique pas avec nous ne peut prétendre être entendu et respecté.

La MAIF nous répond

(Article publié sur lefrançaisenpartage le 12-12-2013)

J’avais interpellé la MAIF sur leur choix d’utiliser l’appellation anglophone « MAIF First » pour désigner un contrat d’assurance, me présentant comme adhérent d’une association de défense du français pour qu’il n’y ait pas de malentendu. J’avais pris soin d’expliquer que c’était plus dans un souci de comprendre que dans un souci de stigmatiser, comprendre pour faire ressortir les mécanismes de l’anglicisation.

La MAIF m’a répondu par l’intermédiaire de son délégué départemental et je leur ai demandé l’autorisation de publier la réponse, ce qu’ils viennent d’accepter ! Cela confirme en un sens ce que je pense : l’anglicisation est une machine avec des rouages puissants qui laisse les individus, aussi militants soient-ils, impuissants. Au final, tout le monde est d’accord sur le constat, à peu près, mais personne ne sait comment arrêter la machine… quelle étape après ?

Voici donc ci-dessous leur réponse, puis ma réponse à leur réponse :

Cher sociétaire,

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