La loi Fioraso et le détricotage du territoire français

Article initialement publié sur le Forum de la voix francophone dans la rubrique Géopolitique et Francophonie du 24/05/2013.

La loi Fioraso permet l’introduction de l’enseignement de langues étrangères dans l’enseignement supérieur.

Les débats actuels tournent beaucoup autour de la langue anglaise.
Mais il ne faut pas négliger l’usage, que pourront faire certains, des autres langues européennes. Dans le sens des aiguilles d’une montre, je pense au flamand, donc au néerlandais, qui pourrait servir de support de cours à l’université de Lille ; à l’allemand pour les universités de Strasbourg et de Metz ; au suisse alémanique, donc à l’allemand, pour l’université de Besançon ; à l’italien, pour les universités de Chambéry et de Nice, à l’espagnol pour les universités de Toulouse, Montpellier ; au basque pour l’université de Bordeaux ; au breton pour les universités de Rennes et de Brest ; et pour clore ce cercle géolinguistique, à l’anglais pour l’université de Caen.
Que se passerait-il alors ?

Projet de Loi Fioraso, l’analyse (sur l’article 2)

(publié sur lefrançaisenpartage le 23-05-2013)

Faute de temps, je n’ai fait que relayer quelques réactions sur l’article 2 du projet de loi Fioraso, concernant l’extension des possibilités d’enseigner en anglais à l’université. Il semble que le débat gagne en ampleur et qu’enfin certains dirigeants politiques et syndicaux s’emparent du débat. Cela a au moins le mérite de mettre le débat sur la langue française et sa promotion (plutôt défense dans ce cas précis) sur la table. Le combat est pourtant loin d’être gagné, car le niveau des connaissances des enjeux est très faible et ce projet risque de passer grâce à de vagues idées à partir desquelles on passe en raccourci à des conclusions hâtives (il faut parler anglais pour réussir ; il ne faut pas se fermer, mais s’ouvrir, ne parler que français, c’est se fermer, il faut donc ouvrir des universités en France au cursus entièrement anglais). Les arguments qui sont médiatisés sont assez faibles d’un côté et de l’autre, il faut donc faire connaître les vraies enjeux et affûter nos arguments. Si les intentions sont louables, les modalités sont très discutables, voici pourquoi.

Que dit le projet de loi Fioraso ?

Pour bien comprendre les enjeux, je vais devoir contextualiser un peu. Le projet de loi Fioraso complète et amende le texte décrivant les « Missions de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche » ; ce texte est le cadre de notre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mme Fioraso souhaite donc « mettre à jour » ce texte pour s’adapter aux réalités modernes.

Appliquer la loi Toubon

Cet article (publié la première fois en 2010) n’est pas exhaustif, je suis ouvert à des compléments d’information. Cet article est un peu à l’image de la « résistance linguistique » aujourd’hui : des outils de lutte existent, outils imparfaits qui ne sont pas toujours connus. Je vous fais donc part ici des renseignements que j’ai pu récolter et glaner ici ou là.

On peut voir des publicités à la télévision en anglais, des affichages en langue anglaise, entendre de la musique anglaise à la radio et chaque personne ayant suivi une scolarité au moins jusqu’au collège est obligée d’apprendre l’anglais en tant que LV1 ou LV2. Bref, l’anglais est la deuxième langue en France. Cela pose de nombreuses questions : faut-il limiter ce phénomène ? Existe-t-il des outils pour le faire ?

Apprentissage des langues

En soi, apprendre l’anglais me paraît utile mais pas de façon généralisée ; j’avais déjà émis l’idée de créer des pôles linguistiques en France : par exemple développer l’apprentissage de l’Italien en PACA, du Néerlandais en Nord Pas de Calais, de l’Allemand en Alsace, en créant des filières d’excellence dans les universités de ces régions, en créant des liens entre le monde du travail de telle région avec tel pays (à l’export notamment, etc) et en imposant l’apprentissage de cette langue si ce n’est dans chaque école, au moins assez largement. Ma réflexion était partie d’un constat : que des emplois nécessitant de parler allemand n’étaient pas pourvus, qu’une femme d’origine polonaise mais ayant suivi sa scolarité en France avait trouvé du boulot tout de suite à l’export vers la Pologne (car profil atypique). Bref, je vous laisse le soin de tirer vos propres conclusions de ces observations, ce n’est pas le sujet essentiel de cet article.

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