Évidences invisibles 2

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°10


Suite de la Chronique n°9, et fin des chroniques « Retour d’Amérique. Vingt ans après ».
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Le couple

Un Français marié depuis de nombreuses années à une Américaine : « j’aime beaucoup ma femme… Mais elle sera toujours pour moi l’étrangère intime. »

Une Américaine, qui avait vécu en couple avec un Français, a résumé ainsi son expérience : « Si j’avais voulu avoir un enfant, j’aurais aimé le faire avec lui, mais pour rien au monde je n’aurais voulu qu’il soit le père de mon enfant ».

À la maison, « dedans », sans témoin, c’est l’intimité, la séparation d’avec les autres, la sexualité. À moins donc d’être admise dans l’intimité d’un couple, je ne connaîtrais ce couple que par son comportement du « dehors », c’est-à-dire social.

Évidences invisibles 1

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°9

Pour terminer cette série de huit chroniques, j’ai choisi de proposer, pour les deux dernières, quelques citations du livre de Raymonde Caroll. Il a été publié en 1987 et correspond donc à l’époque où j’ai vécu aux États-Unis.

Certains aspects de l’ouvrage ont donc vieilli, mais ce recueil de citations sélectionne celles qui sont toujours d’actualité, conformément au principe de ces chroniques.
Si j’y étais resté, j’aurai certainement mis cet ouvrage au programme de mon cours de civilisation.
Nous avons continué, en effet, en bien ou en mal, à nous « américaniser » et certaines différences tendent à s’estomper, tandis que d’autres résistent et résisteront encore très longtemps.

Raymonde Caroll, Évidences invisibles, Américains et Français au quotidien, Le Seuil 1987.
Raymonde CarollCultural misunderstandings, The French American experience, University of Chicago Press 1987.

Bien qu’ayant lu la version anglo-américaine, les citations sont celles de la version originale française.
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Une très grande partie des échanges interculturels se fait sans aucun problème, tout comme il est possible de « très bien se débrouiller » dans une langue étrangère, de la parler même « couramment » mais d’être totalement incapable de bien traduire un texte dans cette langue.

Ceci est plus visible chez les immigrants qui arrivent déjà en couple ou en famille, et développent un modus vivendi entre culture de la maison et culture de l’extérieur.

 La maison

 Des Français s’étonnent souvent que la première fois qu’ils sont arrivés chez des Américains, leurs hôtes leur aient fait le tour de la maison, et interprètent cela comme « un désir d’épater ». Sans exclure cette possibilité, il est important de comprendre cependant que, pour des Américains, c’est faire en sorte que vous puissiez « vous sentir chez vous » en vous donnant l’occasion d’abord de reconnaître, pour ainsi dire, le terrain.

 

Les fenêtres du Nouveau Monde

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°8

Je publie ici chaque quinzaine une chronique à propos d’anecdotes vécues aux États-Unis d’Amérique à la fin des années 80 et au début des années 90. Je m’attacherai à mettre en face de chaque anecdote, un événement similaire ou apparenté que j’ai vécu en France après mon retour d’Amérique.

Quand on habite à Montréal, San Francisco, New York, on peut trouver en bas de son immeuble des journaux français, des baguettes, du Perrier. Mais ce que l’on ne trouvera jamais sur le continent, dans son appartement, ou même dans sa maison, c’est une fenêtre ; une fenêtre qui s’ouvre sur un paysage, un climat. On peut tout emmener en Amérique, bibliothèque, petite amie, femme, enfants : sauf le climat tempéré océanique, typique en particulier de la France du Grand Ouest. La configuration massive du continent américain est telle que c’est le climat continental qui domine, très chaud en été, très froid en hiver. Même la côte Est (New York, Washington, l’embouchure du Saint-Laurent) n’échappe pas à la règle, à cause de la direction des vents. Seule la côte Ouest, pour la raison inverse, présente un climat plus océanique, pour la Californie du Nord, l’Oregon et l’État de Washington ; il ne faut pas toutefois trop s’éloigner à l’intérieur des terres puis qu’on retombe très vite sur le climat continental.

France, mère des arts

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°7

Je publie ici chaque quinzaine une chronique à propos d’anecdotes vécues aux États-Unis d’Amérique à la fin des années 80 et au début des années 90. Je m’attacherai à mettre en face de chaque anecdote, un événement similaire ou apparenté que j’ai vécu en France après mon retour d’Amérique.

France, mère des arts, des armes et des lois,
Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Joachim DU BELLAY

Boston, Nouvelle-Angleterre, 1987.

Je suis né dans une ville du Nord-Est de la France, siège d’un évêché sis à l’ombre d’une grande cathédrale gothique. J’ai suivi le parcours classique d’un enfant de l’après-guerre et mon éducation religieuse catholique a fait que j’ai été un usager régulier de l’édifice. La cathédrale a souffert pendant la Première guerre mondiale si bien qu’il n’y a pratiquement plus de vitraux dans la partie supérieure du chœur qui me fait face. Par contre, autour du maître-autel, au fond du chœur, tous les vitraux sont là, sauf un, dont il manque la moitié inférieure et qui a été obturée par de la maçonnerie. Je les ai souvent contemplés pendant les cérémonies religieuses auxquelles j’ai participé et ils ont toujours fait partie de mon univers intime personnel. L’absence de la partie inférieure me semble naturelle, dans l’ordre des choses : la guerre, les destructions, les obus, les vibrations…

De Berlin à Port-au-Prince

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°6

Je publie ici chaque quinzaine une chronique à propos d’anecdotes vécues aux États-Unis d’Amérique à la fin des années 80 et au début des années 90. Je m’attacherai à mettre en face de chaque anecdote, un événement similaire ou apparenté que j’ai vécu en France après mon retour d’Amérique.

Aujourd’hui :  De Berlin à Port-au-Prince en passant par New York. Voyage en nostalgie.

Je vais parler dans cette chronique de deux différentes façons de faire face à son passé quand il s’agit de sa propre histoire nationale. J’utiliserai ici l’artifice de la géographie comparée.
D’abord le Français que je suis, face aux Allemands d’aujourd’hui, et ensuite le Français résidant à New York, face aux Haïtiens, eux-mêmes résidant dans cette ville, au sein de la plus large communauté en dehors d’Haïti.

Les tribus informatiques

Retour d’Amérique. Vingt ans après : Chronique n°5

Je publie ici chaque quinzaine une chronique à propos d’anecdotes vécues aux États-Unis d’Amérique à la fin des années 80 et au début des années 90. Je m’attacherai à mettre en face de chaque anecdote, un événement similaire ou apparenté que j’ai vécu en France après mon retour d’Amérique.

Aujourd’hui le Macintosh.

Cet article de la série « Retour d’Amérique. Vingt ans après » s’inspire, mais de loin, de deux billets publiés ici :
Situation des acheteurs/utilisateurs de Macs dans les zones à population peu dense le 28 Décembre 2009,
et Comment se construit la mythologie d’Apple (Réaction à un article de Slate.fr) le 9 Septembre 2009.

Ce billet n’est pas une publicité déguisée. La marque Apple n’a été sollicitée en aucune manière.
Apple Inc ® est une marque déposée.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de l’univers informatique je rappelle qu’il y a trois tribus : la tribu dominante chez les commerciaux, les entreprises, la majorité des particuliers, j’ai nommé Microsoft ® (créateur de Windows ®) ; la tribu des informaticiens, des grands réseaux d’entreprise, j’ai nommé Linux ® ; et enfin la tribu des artistes, publicitaires, écrivains et autres créatifs, ainsi que, si je suis mauvaise langue, des particuliers fortunés, j’ai nommé Apple ® (créateur du Mac OS ®).
En 1986, mes connaissances en informatique étaient assez limitées : je maîtrisais plus ou moins le logiciel WordStar ®, ancêtre de tous les traitements de textes qui ont suivi et connaissaient la programmation sur une TI 57 ® (50 pas de programme seulement) ; je considérais l’ordinateur comme une machine à écrire perfectionnée mais j’avais oublié un détail : sur le clavier américain les accents, les fameux signes diacritiques, ne sont pas accessibles d’une seule touche.

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