Chanson française – les années 50 et Charles Aznavour

[Publié sur lefrançaisenpartage le 09-08-2013]

Je me suis procuré un livre sur la chanson française qui remonte jusqu’aux années 20. Si j’ai déjà entendu parler de certains chanteurs / ses, je ne peux vraiment les situer et les appréhender qu’à partir des années 50 / 60. En effet, à part « Douce France » de Charles Trénet, « Le Chant des Partisans » ou quelques chansons de la résistance que je connais « accidentellement » (« Faut pas Francine », de Fernandel), la chanson française commence pour moi dans les années 60. Comme s’il y avait un avant et un après. On le sent d’ailleurs au niveau des radios comme Nostalgie ou Chérie FM, sans doute est-ce lié davantage à la qualité des enregistrements avant les années 60 avec leurs grésillements qu’à la médiocre qualité des chansons. C’est là où la technique rejoint la diffusion d’oeuvres culturelles.

 Je me propose de faire sur ce blogue un petit retour sur l’histoire de la chanson française par époques. J’ai déjà commencé avec certains thèmes (chanteurs d’origine italienne, zouk, rock français des années 80…), je vais maintenant me consacrer au courant de variété qui traverse la chanson française et l’approfondir par époque et par rapport à ce que je connais le mieux. Je m’excuse donc auprès de mes lecteurs pour les auteurs que je vais passer à la trappe faute de bien les connaître.

Les Années 50

 

Comme je le disais, c’est une période que je connais peu mais qui voit l’émergence de certains grands chanteurs qui vont devenir célèbres ultérieurement. Pour être un minimum exhaustif, je vais citer quelques chanteurs ultra connus à l’époque sans pouvoir développer davantage : c’est le début de Boris Vian (Le Déserteur, Vas-y Francky), Guy Béart (L’Eau Vive), Luis Mariano, Bourvil, Juliette Gréco.

C’est une époque où apparaît Europe 1 qui mélange musique et information et lance les fameux « tubes de l’été ». En effet, on se rend compte qu’en diffusant régulièrement une chanson (toutes les deux heures par exemple), les gens se l’approprient et veulent acheter cette chanson. Cela crée des effets de mode, s’opposant à un saupoudrage musical qui a un effet moindre en termes commerciaux. Cette politique de diffusion est l’ancêtre de ce que font les stations musicales actuelles (NRJ, Fun Radio, Chérie FM, Nostalgie…) à l’opposé de France Inter qui utilise des chansons pour illustrer une émission, une époque, par exemple et non pas pour en faire la promotion en priorité. Ce phénomène des tubes de l’été est favorisé par l’émergence du 45 tours, format de 2 à 4 titres de coût modeste qui permet la diffusion d’une ou deux chansons phares.

Le grand Charles

Plus connu pour moi, c’est aussi les débuts de Charles Aznavour (né en 1924, toujours vivant), grand homme de la chanson française, (bien qu’Arménien d’origine!) dont la carrière s’étend sur plus d’un demi siècle. D’abord remarqué par Edith Piaf (1946), il l’accompagne en tournée. Il fournit également des textes à Gilbert Bécaud et à d’autres chanteurs connus de l’époque. L’un des premiers titres qui le font connaître est une chanson dans laquelle il décrit son envie, celle d’être connu : « Je m’voyais déjà » (1954). Son style est déjà là : voix chaude et légèrement enrouée, style music hall.

Ensuite, c’est le début d’une carrière internationale : New-York, URSS, Liban… et s’ensuit l’écriture de nombreux titres toujours diffusés sur certaines radios actuellement : Les Comédiens, For me… formidable (chanson d’esprit qui joue sur l’alternance d’anglais et de français), La Bohème (1965) : « je vous parle d’un temps / que les moins de vingt ans / ne peuvent pas connaître… » chanson nostalgique sur le mode de vie bohème à Montmartre, Emmenez-moi (1967) : « Emmenez-moi au bout de la Terre / Emmenez-moi au pays des merveilles / Il semble que la misère serait moins pénible au soleil ».

Son répertoire est immense (dans les quelques 800 à 1000 chansons apparemment), sa longévité exceptionnelle (70 ans de carrière, on le voit encore chanter à la télé), et beaucoup d’artistes contemporains reconnaissent son influence. C’est l’une des figures incontournables de la chanson française, à consommer sans modération.

Cette époque est aussi le début de Gilbert Bécaud, Léo Ferré, Jaques Brel, Barbara et un certain Serge Gainsbourg. Article à venir, patience…! Vous découvrirez bientôt « Monsieur 100 000 volts » et saurez tout sur l’auteur de la célèbre chanson érotique pour l’époque : « Je t’aime moi non plus ».

A lire : Céline Fontana, La Chanson Française, histoire, interprètes, auteurs, compositeurs, 2007, Hachette.

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