Comment endormir son enfant ? La réponse en chansons

Comment endormir bébé ? La recette !

Il est né le divin enfant, c’est merveilleux ! … mais il ne veut pas dormir, le coquinou. Il ne vous voit tout d’abord pas, sa vision n’est pas encore affûtée, et quand vous essayez de lui parler, il ne vous entend pas car il est en train de crier. Jusqu’ici vous aviez essayé de lui chanter des comptines et des berceuses, mais au bout d’une demi heure à une heure d’efforts, un son de trompette vous signale une couche à changer et réduit à néant vos efforts. Tout est à recommencer mais tel un Sisyphe des temps modernes (un Sisyphe 2.0), vous reprenez vos efforts (infructueux) de père modèle et attentionné et recommencez une berceuse. Qui sortira vainqueur de ce combat de titans entre Papa et son fils ? La réponse (suspense !) avec Bénabar (il ne vaut mieux pas que le bébé comprenne les paroles) :

Bénabar – La Berceuse (2005)

 

Puis au fil des jours et des premières semaines, il prend conscience de votre voix, regarde votre bouche prononcer des mots qu’il ne comprend pas… à moins que ? mais il est fasciné. Là vous comprenez que vous avez un pouvoir sur lui, c’est le moment de l’utiliser. Les sons brefs l’étonnent, les voyelles qui s’allongent retiennent son attention. Vous faîtes des grimaces en chantant Patrick Bruel, il rigole ou chouine (selon les moments et selon la justesse de votre voix), mais quand vous chantez une maison bleue qui s’adosse à la colline (Maxime Le Forestier) (cliquez ici pour une version surprenante et poétique), il a l’air plus attentif. Des voyelles qui s’étirent, une mélodie douce, la recette de la berceuse idéale vous apparaît, c’est LA solution à vos problèmes. Vous n’avez plus les vieux vinyles de vos parents alors vous allumez votre ordinateur portable et retrouvez les paroles d’une chanson douce que vous chantait votre maman :

Henri Salvador – Une chanson douce (1950)

 

C’est un garçon, mais quand on y pense, ça aurait pu être une fille ! Certains Papa veulent absolument un fils pour commencer, pour être sûr de pouvoir leur parler de football ou de francophonie, pour leur transmettre ce qui est important. Une fille, ça a aussi son charme : l’idée me plaît d’avoir un enfant à qui je ne transmettrai pas mes défauts d’homme ; j’aurai aussi du mal à lui transmettre mes passions, pourtant elle m’aimera et je l’aimerai et quelque chose d’elle tiendra de moi. Si l’on est en terrain connu avec notre fils pour qui l’on a déjà des projets, des envies, on ne peut qu’être curieux de ce que deviendra ce petit bout qui est à la fois de nous, mais à la fois autre, car fille. Un peu comme le complément mystérieux de notre personnalité : ce n’est pas la même et pourtant ça existe en fonction de la nôtre. Qui mieux que Claude Nougaro a pu expliquer la magie de cette rencontre surprenante entre un Papa qui ne voulait pas d’enfant (« quel est le plus étonné des deux ? »), et qui se serait consolé d’un garçon mais qui découvre… Cécile. Appréciez la poésie, l’humour et la tendresse de cette chanson :

Claude Nougaro : Cécile ma fille (1963)

Les paroles :

Elle voulait un enfant / Moi je n’en voulais pas / Mais il lui fut pourtant facile / Avec ses arguments / De te faire un papa / Cécile ma fille

Quand son ventre fut rond / En riant aux éclats / Elle me dit :  » Allons, jubile / Ce sera un garçon  » / Et te voilà / Cécile ma fille

Et te voilà / Et me voici moi / Moi j’ai trente ans / Toi six mois / On est nez à nez / Les yeux dans les yeux / Quel est le plus étonné des deux ?

Bien avant que je t’aie / Des filles j’en avais eu / Jouant mon cœur à face ou pile / De la brune gagnée / À la blonde perdue / Cécile ma fille

Et je sais que bientôt / Toi aussi tu auras / Des idées et puis des idylles / Des mots doux sur tes hauts / Et des mains sur tes bas / Cécile ma fille

Moi je t’attendrai toute la nuit / T’entendrai rentrer sans bruit / Mais au matin, c’est moi qui rougirai / Devant tes yeux plus clairs que jamais

Que toujours on te touche / Comme moi maintenant / Comme mon souffle sur tes cils / Mon baiser sur ta bouche / Dans ton sommeil d’enfant /
Cécile ma fille.

 

Dans un tout autre registre, Jean-Luc Lahaye avait composé une berceuse qui est aussi une déclaration exaltée et transie à son bébé, reflet de ses espoirs et de ses inquiétudes. Lui non plus assure qu’il ne voulait pas d’enfant, tout du moins consciemment : Tu t’invites chez moi / Sans en être prié / Mais tout au fond de moi / C’est toi que j’attendais

 

C’est sûr que quand on est placé à la DDASS, ce qui est le cas de Jean-Luc Lahaye, qu’on ne connaît pas ses parents, la paternité ne va pas de soi.

Je n’ai pas de passé, tu es mon avenir / J’ai grandi sans savoir ce qu’était la tendresse /La douceur d’un regard et la main qui caresse

Serais-je à la hauteur ? Que vais-je lui transmettre, moi qui n’ai pas de passé ? Peu importe, je serai la personne que personne n’a été pour moi et je te transmettrai ce que j’ai construit :

Plus tard je te dirais quand tu auras grandi /Mes espoirs, mes regrets, d’où je viens, qui je suis /Pour toi j’inventerai un monde imaginaire /Celui qui m’a manqué, moi j’n’avais pas de père /Je n’avais qu’un prénom, c’est trop peu pour un homme /Je me suis fait un nom et ce nom là je te le donne

Profitons de ce petit bout de chou. Il est encore tout petit, on a hâte qu’il fasse ses nuits, qu’il dise ses premiers mots pour pouvoir partager des choses avec lui, mais ne soyons pas trop pressé. Il aime aujourd’hui les berceuses, mais peut-être que demain il voudra jouer de la batterie dans la cave pour monter un groupe ou peut-être qu’il rappera… enfin on lui pardonnera si c’est pour faire une déclaration à sa maman (sa daone !) :

Sexion d’Assaut – Avant qu’elle parte (2012)

 

2 commentaires

  1. Jean-Marc Varlet /

    Il y a quelque chose de fascinant à observer avec quel intérêt Bébé écoute les comptines ou chansonnettes entonnées par ses parents, comptines parfois vieilles de plusieurs siècles ! L’intonation de la voix, souvent assez mielleuse, compte pour beaucoup : essayez donc de fredonner la plus jolie des comptines avec une voix rauque, il n’est pas sûr qu’elle entraîne l’adhésion de l’enfant ! Le rythme et la mélodie, que l’on transmet de génération en génération depuis des décennies, expliquent également le succès de ces chansons. A ce titre, les comptines et chansonnettes enfantines font partie de notre patrimoine culturel.
    Quant aux paroles, c’est une autre histoire … Les paroles des chansons les plus anciennes ont souvent, comment dire, des sous-entendus pas très  » catholiques », et même carrément grivois … Le site suivant vous en donne un aperçu : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/890197-ces-comptines-que-vous-n-oserez-plus-chanter-a-vos-enfants.html
    Faut-il s’en offusquer ou même, comme je l’ai lu dans certains commentaires de parents, arrêter de les faire découvrir à ses enfants ? Je crois qu’il vaut mieux s’en amuser et ne pas oublier que , la culture , c’est aussi les moyens que se donne une civilisation pour passer d’un état « brut » à un état plus élaboré . Nos comptines enfantines en sont une très bonne métaphore.

    • Marc /

      Bonjour,
      merci pour ces remarques éclairantes. Oui, j’avais commencé à le remarquer quand j’ai utilisé Youtube pour mettre quelques berceuses. Dans une des versions d' »Au Clair de la Lune », la vidéo était suffisamment explicite pour qu’un adulte comme moi comprenne sans qu’un enfant, même assez grand, ne comprenne rien. Pour « la Claire Fontaine », je n’avais pas fait attention, comme quoi !
      J’avais aussi étudié quelques histoires pour enfants, comme le Chaperon Rouge. Dans une version auvergnate, je me rappelle qu’ils décrivaient comment le Chaperon Rouge se faisait déchiqueter par le loup avec force détails sanguinolents ; avertissement pour les enfants dans un temps où le danger était réel et donc loin des « tout est bien qui finit bien ».
      Personnellement, ça ne me gêne pas du tout de transmettre ça à nos enfants, dans un premier temps ils ne comprendront pas certaines choses, mais quand ils seront en âge de comprendre, ils découvriront une formation morale à un monde qui ne l’est pas (comme les « gentilles » fables de La Fontaine que les enfants apprennent sans trop mesurer le monde violent qu’elles décrivent ; personnellement, j’aime bien repenser à la fable du « Loup et de l’Agneau », qui est régulièrement illustrée comme par exemple lors de l’attaque de l’Irak pour se débarrasser des fameuses armes de destruction massive virtuelles, ou plus récemment si l’on repense à l’attaque de la Lybie. Mais je m’éloigne…).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  Il y a 1 commentaire sur le forum.