Europe, Méditerranée et francophonie

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Des développements possibles pour le français : Europe et Méditerranée

Si le Royaume-Uni quittait l’Europe, on pourrait imaginer un basculement linguistique au niveau de la commission, car le socle de locuteurs anglophones maternels se retrouverait très réduit (essentiellement la République d’Irlande, soit environ 4,7 millions d’habitants).

Regardons les cartes suivantes :

Carte des pays/régions membres de la Francophonie, des membres associés, et observateurs

Carte des pays membres de l’Union Européenne

 

Le français pourrait jouer son rôle, comme le soulignait Pouria Amirshahi dans son rapport, en s’appuyant sur les pays membres de la francophonie, ou les pays observateurs et qui sont aussi membres de l’UE. Si chacun faisait l’effort d’utiliser le français, celui-ci retrouverait un niveau tout à fait acceptable au sein de l’UE.

Il pourrait déjà le faire, mais sans doute la force d’inertie joue-t-elle actuellement en faveur de la dynamique de l’anglais lancée lors des élargissements à l’Est, élargissements qui n’ont pu être faits qu’en anglais, même pour la Roumanie. On s’étonne que les Français n’aient pas essayé de proposer le français comme langue d’adhésion, le français étant une des trois langues de travail de l’Union et langue fondatrice, contrairement à l’anglais.

Il faudra d’ailleurs un jour relever l’anomalie que constitue l’anglicisation de l’UE et la faire cesser. Si l’Europe s’était autant francisée de manière volontaire, il y aurait eu une levée de boucliers, à juste titre. Tandis que là, l’anglicisation se fait sournoisement, sans qu’il n’y ait eu aucun consensus politique ni aucune concertation concernant ce fait linguistique majeur. On pourrait ainsi imaginer de former les fonctionnaires (c’est déjà en cours) au français dans le but avoué, en se donnant une date butoir, de faire passer au moins les pays membres de l’OIF à l’utilisation du français au sein de l’Europe. On pourrait aussi mettre à plat la politique linguistique de l’Europe, en concertation avec les partenaires. C’est bien parce qu’il n’y a jamais eu de discussions que l’anglais s’est imposé, car si les Britanniques avaient demandé à ce que toute l’Europe bascule à l’anglais, cela aurait créé de fortes tensions. Ça n’a jamais eu lieu, mais l’anglicisation s’est quand même fait.

Pays membres de la Francophonie et de l’UE :

France, Belgique, Suisse, Luxembourg, Roumanie, Bulgarie, Grèce, soit 7 pays (+ Monaco)

Pays observateurs de la Francophonie et membres de l’UE :

Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Slovénie, Hongrie, Autriche, Lituanie, Lettonie, Estonie, soit 9 pays.

Auxquels il faut rajouter Chypre, pays associé à la Francophonie et membre de l’UE

Ce qui fait un total de 17 pays, si mes comptes sont bons, sur 28 états membres. Chiffre qui pourrait se renforcer à 21 pays si les pays suivants qui ont proposé leur candidature à l’Union Européenne obtenaient satisfaction : Albanie, Monténégro, Serbie, Macédoine (La Turquie et l’Islande sont aussi demandeurs).

Option Méditerranée

Si on regarde la carte des pays membres ou observateurs autour de la Méditerranée, on voit que ceux-ci représentent une bonne part du pourtour méditerranéen :

Membres : France, Maroc, Tunisie, Grèce, Albanie, Egypte, Liban,

Associé : Chypre

Les observateurs : Slovénie, Croatie, Albanie, Bosnie, Monténégro

A ces pays, il faudrait ajouter les pays dans lesquels le français joue un rôle important : l’Algérie (48% de francophones) et Israël (estimation à 20%). http://fr.wikipedia.org/wiki/Francophonie

Un arrière pays peut être intéressé par des projets autour de la Méditerranée, notamment la Roumanie et la Bulgarie ou encore la Macédoine et la Serbie, qui n’ont pas d’accès maritime, mais sont néanmoins très proches de la Méditerranée.

Tous ces pays pourraient être intéressés par un regroupement autour de certains intérêts particuliers, comme avait essayé de le lancer Nicolas Sarkozy et son conseiller Henri Guaino avec leur Union pour la Méditerranée. Cette initiative avait rencontré de fortes réticences, car l’Europe de l’Est et du Nord se sentaient exclues du projet initial porté par le souverainiste Henri Guaino ; ils se sont donc retrouvés membres dans le projet final, ce qui a largement diminué l’influence de la France alors que c’est elle qui portait le projet. Les langues de cette union sont le français, l’arabe et l’anglais ; toujours l’anglais, alors qu’on ne voit pas vraiment ce que vient faire cette langue au niveau de la Méditerranée (à part Malte où on le parle pas mal, ce n’est la langue de personne), si ce n’est qu’il faut la mettre partout.

Pour contourner l’écueil diplomatique, on pourrait imaginer qu’au sein de l’OIF naisse un pôle Méditerranée pour que les pays qui ont le français en partage puissent discuter au niveau régional. Cela donnerait au français une occasion supplémentaire d’être utilisé au niveau international et renforcerait fortement son rôle au niveau régional.

2 commentaires

  1. Ne serait-il pas judicieux de mettre en place
    un observatoire de la francophonie en Méditerranée
    pour stimuler l’usage du français des membres de l’UE
    et des pays non européens membres de l’OIF?
    Cet observatoire pourrait également relancer le concept
    d’Arabo-francophonie notamment sur la rive sud!

  2. Marc /

    Merci pour votre commentaire.
    Un observatoire de la francophonie, pourquoi pas ? Avoir des indicateurs permet de prendre des décisions éclairées pour se donner ensuite des objectifs, et ce ne serait pas de trop.
    Qu’entendez-vous par votre concept d’arabo-francophonie ?

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