RP81 JMV: Les jeunes Québécois et le français

Modérateurs: Michel, Varlet, Marc Beaufrère

RP81 JMV: Les jeunes Québécois et le français

Messagepar Varlet » Lun 15 Avr 2019, 06:39

Travailler en français au Québec n'est toujours pas évident. De nombreuses entreprises - et les anglophones bien sûr- encouragent l'usage de l'anglais, avec l'argument suivant : utilisez l'anglais au travail et le français à la maison ! Nous connaissons cette attitude en France même, à une faible échelle, où les plus fervents partisans du "tout anglais" sont souvent des personnes travaillant à l'international en anglais et qui, par on ne sait quelle dérive psychologique -allégeance au plus fort ?- , dénigre ensuite leur propre langue...
L'article référencé ici en montre les effets pervers sur la jeune génération de Québécois. Cette dernière semble moins attachée au combat pour le français, remettant même en cause des lois indispensables à la survie de la langue . Beaucoup plus bilingue que les générations précédentes, elle fait plus ou moins une hiérarchie entre les deux langues : à l'anglais, le prestige de langue de travail et donc de modernité, d'engagement vers l'autre et le futur; au français, le rôle de repli identitaire, presque folklorique... Couplé à une démographie vacillante des Québécois, cela ne présage rien de bon pour la langue de Molière en Amérique du Nord...
Comment vivre en français dans un continent peuplé d'anglophones en étant ouvert au monde et sans se replier sur soi-même ? Equation difficile à résoudre. Faisons tout de même confiance en la capacité de résilience des Québécois pour trouver des solutions !

https://quebec.huffingtonpost.ca/etienne-alexandre-beauregard/i-speak-francais-documentaire-paradoxe-linguistique-jeunes-quebecois-anglais-langue-travail-ambition_a_23697311/?utm_hp_ref=qc-francais
Varlet
 
Messages: 195
Inscription: Jeu 10 Jan 2013, 12:51
Localisation: Chantraine ( Vosges )

Re: RP81 JMV: Les jeunes Québécois et le français

Messagepar Michel » Lun 22 Avr 2019, 23:49

-
Dans les couples mixtes franco-américains vivant en Amérique, les enfants, effectivement, perçoivent le français comme la langue de la famille et du repli sur soi, surtout si l’un des deux parents exige que sa progéniture soit familiarisée avec l’anglais d’abord. C’est souvent le cas lorsque l’homme est un Américain et la femme une Française ou lorsque le couple, pour des raisons culturelles ou économiques, n’éprouve pas le besoin d’effectuer de fréquents voyages en France. De toute façons, à la génération suivante, le couple mixte d’origine accédant au statut de grands-parents, le français a de grandes chances de passer pour une langue vraiment étrangère.
Au Québec même, dans la campagne, pour un Français venant de France, il est extrêmement difficile de comprendre le parler local (joual). Aux États-Unis d’Amérique, lorsque je me rendais compte que l’Américain en face de moi était d’origine canadienne française, j’essayais de lui parler en français : la situation était infiniment triste parce que j’avais beaucoup de mal à comprendre mon interlocuteur et parce que celui-ci éprouvait une certaine gêne à ne pas bien maîtriser la langue de ses parents, en particulier, lorsque ceux-ci étaient d’origine rurale, sans compter l’accent. Alors, honteusement, je repassais à l’anglais.
Les manières locales de parler français font forcément provincial que ce soit chez les Québécois, les Malgaches, les Kanaks, entre autres.

Nous sommes face à l’adversité, et face à l’adversité, il faut pratiquer la résistance, c’est-à-dire, comme pendant la Seconde Guerre mondiale, unifier les mouvements de résistance ; donc, pour la francophonie, pratiquer une langue commune qui ne peut être que celle de la France. Ce n’est pas du chauvinisme, parce que je ne vois pas d’autres solutions. En 1940-45, les mouvements de résistance se sont peu à peu unifiés autour d’un centre qui était à Londres, et d’un autre qui était à Moscou, mais qui pratiquait la coopération avec le premier.
La France est encore aujourd’hui, peut-être pour pas très longtemps, une superpuissance culturelle. Le français est en effet la seule langue avec l’anglais dans laquelle on peut tout exprimer, et en particulier, dans les domaines scientifiques.

Deux réflexions, deux analogies, à propos de la Chine :

1/ La Chine serait en mesure de prendre, à l’échelle des siècles, la place de la France. En effet, la Chine pourrait être bientôt la première puissance économique mais lui faudra plusieurs centaines d'années pour accéder à un statut hégémonique en matière culturelle ; c'est à dire pour accéder à un statut civilisationnel d'envergure mondiale, comme par exemple l'a été l'école impressionniste en France, à la fois innovante, concentrée en un espace géographique restreint, et prolifique.
La France a en effet mis un millénaire au moins pour accéder à ce statut.
Mais on peut même se demander si ses dirigeants le souhaiteront vraiment.

2/ La Chine s’est refermée sur elle-même au XVe siècle alors que l’amiral Zheng He avait atteint les côtes de Zanzibar, les rivages du Golfe Persique et que la science et les technologies chinoises étaient plus avancées que celles de l’Occident.
La France peut se retrouver dans cette situation, et disparaître progressivement par un processus de muséification. Ses élites sont en effet enclines à la soumission. Et cette fois, contrairement à ce qui s’est passé avec la langue chinoise, la langue française s’éteindra.

La solution ? Redonner à la France les atouts de sa géographie qui lui confèrent des avantages géopolitiques exceptionnels. Car l'histoire d'un pays, son destin, dépendent en premier lieu de sa géographie.
Lao-Tseu, repris par Lénine, puis par Churchill : Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Michel Godet : La bonne prévision n'est pas celle qui se réalise mais celle qui conduit à l'action pour, éventuellement, empêcher qu'elle ne se réalise.
Avatar de l’utilisateur
Michel
 
Messages: 389
Inscription: Sam 26 Jan 2013, 16:09


Retourner vers Québec, Canada et États-Unis

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron