Prendre l'anglais en défaut face aux langues minoritaires

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Marc Beaufrère
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Prendre l'anglais en défaut face aux langues minoritaires

Message par Marc Beaufrère » sam. 30 nov. 2019, 21:58

Superbe intuition de Michel Feltin-Pallas, de l'Express... : ce journaliste a une chronique "Sur le bout des langues" justement sur les langues, que l'on peut recevoir en infolettre toutes les semaines. Celle du 26 mai porte sur les langues minoritaires.

Je vous résume l'aspect qui a retenu mon attention : la France déploie une énergie farouche à combattre les langues minoritaires. Petit rappel par M. Feltin-Pallas sur l'angle d'attaque du gouvernement face aux langues minoritaires :
Car c'est systématique : dès que le sujet franchit les augustes murs du Palais-Royal, trois grands principes de notre loi fondamentale sont aussitôt brandis pour les mettre à mal. Un : "La langue de la République est le français". Deux : "La France est une République indivisible". Trois : elle "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens". Tous ces articles figurent dans notre Constitution ? Certes. Le seul problème - mais il n'est pas mince - c'est que l'interprétation des soi-disant "sages" semble prendre quelques libertés avec le droit.
La charte des langues régionales et minoritaires a été rejetée en se basant sur ces principes. L'unité linguistique de la France est menacée par l'utilisation des langues minoritaires. Face à cela, une contradiction de taille n'a pas encore été relevée : lorsqu'il s'agit de l'anglais, ces principes ne sont plus utilisés. C'est deux poids deux mesures. Combien de mastères (masters) sont-ils uniquement en langue anglaise ? Si quelqu'un peut me retrouver l'information, mais c'est plus d'un millier. Quant aux publicités, musiques à la radio, affichages en anglais, anglicismes dans les médias, s'il s'agissait d'une langue minoritaire, cela ferait bien longtemps qu'il y aurait eu une réaction.

Je propose donc des masters en langue alsacienne, des affiches publicitaires unilingue breton en Bretagne (avec une petite astérisque renvoyant vers la traduction illisible en français), etc... jusqu'à ce qu'il y ait réaction. Cela semble un bon angle d'attaque pour mettre à jour l'incohérence judiciaire du traitement des langues en France. Chiche ? Chiche !

Je laisse la conclusion à ce journaliste qui ne manque pas de mordant :
Et peut-être une bonne âme pourrait-elle les informer d'une réalité très prosaïque. Aujourd'hui, le vrai danger pour le français ne provient ni du picard, ni du breton, ni de l'alsacien, mais de l'anglais. Un anglais auquel le Conseil constitutionnel a ouvert grand les portes de l'audiovisuel et de la publicité en détricotant la loi Toubon sur la langue française au nom de la "liberté fondamentale de pensée et d'expression".
L'anglais a toute sa place au nom de la "liberté fondamentale de pensée et d'expression" tandis que les langues minoritaires (et en voie de disparition) menacent l'unité linguistique de la France...

Retrouvez la chronique en question :
Langues de France : l'étrange "sagesse" du Conseil constitutionnel
"Une langue, c’est un dialecte qui possède une armée, une marine et une aviation" - attribué à Lyautey

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