Défense et Illustration du néo français

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Défense et Illustration du néo français

Messagepar Michel » Sam 06 Juil 2013, 20:34

À la fin du XXIe siècle, si la France comporte 100 millions d'habitants, il y aura 10 millions de Français qui parleront parfaitement l'anglais pour la France d'en haut (accessoirement ils pourront parler également le français) ; et 10 millions de Français qui parleront le français que l'on parle aujourd'hui, pour la France d'en bas (essentiellement des personnes âgées). Ceux-la seront dans l'incapacité de parler couramment la langue anglaise. Entre les deux, il y aura une masse de français (40 millions) qui parleront un anglais dégradé, forme que prendra le globish à cette époque, et une seconde masse de Français, toujours de 40 millions, parlera une forme de français dégradé, descendant du parler banlieue et du langage SMS.
Le français en Afrique avec ses 800 millions d'habitants dans les régions francophones, sera à cette époque ou même peut être avant, en concurrence forte avec l'anglais. Pour que ces 800 millions d'habitants parlent effectivement le français, il faudra qu'ils parlent un français simplifié, dans son orthographe, dans sa grammaire, sa prononciation : c'est la seule solution pour qu'une masse aussi importante de personnes apprenne une langue qui n'est pas leur langue maternelle en l'espace d'une génération. En effet, le nombre de formateurs possibles, même avec les miracles de l'enseignement modernisé et internétisé, ne sera jamais suffisant pour développer l'apprentissage du français traditionnel, autrement dit, du français tel qu'on le parle aujourd'hui, de manière autant châtiée que sophistiquée.
Ce néofrançais reste à construire ; il restera compréhensible pour les locuteurs du français traditionnel, et sera, pour ainsi dire, au français traditionnel ce que le français du XXe siècle était au français de Racine. La langue savante n'étant plus le latin, et a fortiori le grec, c'est le français traditionnel, tel qu'il est parlé aujourd'hui en 2013, qui en fera office.
Les Africains exigeront alors des Nations unies que le néofrançais remplace le français dans les instances internationales. Ce néofrançais qui sera un français simplifié mais non dégradé et qui aura la particularité d'être acquis par un apprentissage rapide et complètement rationnel, pourra alors partir à la reconquête de l'Hexagone. Les vieux Français, à savoir les jeunes d'aujourd'hui, pour les plus lettrés d'entre eux, l'accepteront facilement car l'apprentissage en sera ultrarapide, les 40 millions de francophones au français dégradé pourront s'y convertir avec une relative facilité ; quant aux 40 millions d'anglophones à l'anglais dégradé, ils choisiront entre l'exil la reconversion. C'est, naturellement, la partie de la population qui souffrira le plus sur le plan linguistique. De même pour les 10 millions d'anglophones parfaitement anglophones, qui pourront apprendre le néofrançais ; la plupart en auront la capacité, et en particulier pour ceux qui auront appris le français traditionnel comme langue savante ; les réfractaires, et il y en aura, devront s'exiler (exil intérieur ou extérieur).
La genèse de cette réflexion a été la suivante : Pour le néofrançais, ma découverte de l'existence de deux bretons, le breton traditionnel et le néobreton (http://www.lavoixfrancophone.org/forum/viewtopic.php?f=4&t=186), ainsi que ma redécouverte de la simplification de l'écriture chinoise au début de la République Populaire de Chine (http://www.lavoixfrancophone.org/forum/viewtopic.php?f=5&t=191).
Pour la reconquête de la France par les Africains francophones (néofrançais), je me souviens du livre d'Éric Brunet "Sauve qui peut" dans lequel il exhorte les Français dynamiques a partir pour revenir plus tard en force. Toutefois, je le précise, ce livre ne parle pas d'enjeux linguistiques.
Je le cite :
"Notre pays compterait aujourd'hui près de 2,5 millions d'expatriés. Plus de 230 000 compatriotes quittent chaque année la République.
Même si le départ de nombreux Français devait être définitif, il n'en constituerait pas moins une chance pour le rayonnement de notre culture en situation de délitement. Pour être sauvegardée, la culture française a dorénavant besoin d'être transplantée dans un environnement neuf,un peu comme une espèce végétale menacée dans son biotope d'origine…
Transplantée dans d'autres pays, voire sur d'autres continents, la culture française extraterritoriale sera différente de celle qui agonise aujourd'hui en métropole. Mais son essence demeurera."
et :
"Notre salut est là : partir pour revenir. Partir pour se réinventer."
Lao-Tseu, repris par Lénine, puis par Churchill : Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
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Re: Défense et Illustration du néo français

Messagepar Marc Beaufrère » Lun 08 Juil 2013, 15:32

L'avenir nous dira si vous êtes prophète !
Pour le départ des Français, c'est un sujet intéressant. Il y a toujours eu des gens qui sont partis, d'autres qui viennent, et c'est normal. Par contre, c'est vrai que cela peut être une perte pour le pays de départ. Je parlais de tous ces Français formés dans de très bonnes écoles françaises au frais de leurs parents et de leurs compatriotes (ce qui est normal, c'est la mutualisation des ressources, rien à redire pour moi), le problème se posant lorsque ceux-ci partent en masse pour la city (par exemple). Dans ce cas précis, cela mériterait l'évaluation de ce que cela coute au pays et voir ce que l'on pourrait faire pour limiter ce phénomène, ou pour que la France en profite un peu plus.
Les Français qui partent peuvent être un plus pour leur pays de départ s'ils servent de ponts ou s'ils viennent renforcer une communauté francophone existante. Ainsi les Québecois sont contents d'accueillir des Français ou des africains francophones, cela renforce le poids des francophones chez eux, et il y a du boulot.
Pour moi, c'est bien que des Français partent, c'est enrichissant et il y en aura toujours qui ne reviendront pas tandis que d'autres reviendront avec un petit plus. Il y a là un vrai sujet de réflexion politique : comment faire en sorte que les Français tentent leur chance ailleurs mais qu'ils continuent d'enrichir leur pays d'origine par leurs idées nouvelles, leurs découvertes ? Par exemple pour tous ces Français à la City, il y a une somme d'expertise très importante, et sans doute pourrait-on en faire quelque chose si l'on prenait la peine d'y réfléchir. Bon, c'est juste des idées comme ça.
Quant au néo-français, c'est possible. A l'instar des Etats-Unis d'Amérique qui ont quasiment imposé leur norme de l'anglais, peut-être verra-t-on les Etats-Unis d'Afrique imposer leur norme du français à mesure qu'ils se développeront ? Ça ne me gêne pas tant que nos langues restent mutuellement compréhensibles, cela permet aux gens d'aller d'un pays à l'autre et de s'y établir facilement, de développer des entreprises, de mettre facilement en commun la recherche, etc...
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Re: Défense et Illustration du néo français

Messagepar Michel » Lun 15 Juil 2013, 00:12

Peut-être que dans 50 ans, quand les différentes variétés du néofrançais se rejoindront par la force des choses, les érudits de l'époque exhumeront ce texte…
"Comment faire en sorte que les Français tentent leur chance ailleurs mais qu'ils continuent d'enrichir leur pays d'origine par leurs idées nouvelles, leurs découvertes ?" :
Ils devraient continuer à enrichir leur pays d'origine d'abord en y retournant. L'attrait géographique et climatique de notre pays a toujours été très fort : « Heureux comme Dieu en France » dit un proverbe allemand.
Pour les Français expatriés totalement ou partiellement, la France a toujours été considérée comme un paradis pour y passer ses vacances, mais pas pour y travailler.
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