RP 44 Michel : Le cri de colère d'une professeur de lettres

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RP 44 Michel : Le cri de colère d'une professeur de lettres

Messagepar Michel » Dim 26 Avr 2015, 10:51

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Réforme du collège: "construire des cabanes ne va pas apporter aux élèves une culture solide"
Les heures de français en particulier vont être grignotées au collège par la pluridisciplinarité.
Le cri de colère d'une professeur de lettres en collège:
http://www.marianne.net/reforme-du-coll ... 32965.html
Lao-Tseu, repris par Lénine, puis par Churchill : Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Michel Godet : La bonne prévision n'est pas celle qui se réalise mais celle qui conduit à l'action pour, éventuellement, empêcher qu'elle ne se réalise.
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Re: RP 44 Michel : Le cri de colère d'une professeur

Messagepar Zapata » Lun 27 Avr 2015, 10:23

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Dans la même veine :
Jean-Paul Brighelli s'en prend à l'armée mexicaine :
http://www.lepoint.fr/invites-du-point/ ... 4_1886.php

Il y a bien sûr des esprits chagrins qui assimilent Brighelli au Front National (chez Mediapart) :
http://blogs.mediapart.fr/edition/aggio ... es-racines
Porfirio Díaz : Pobre México ! Tan lejos de Dios y tan cerca de los Estados Unidos.
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Re: RP 44 Michel : Le cri de colère d'une professeur

Messagepar Marc Beaufrère » Lun 27 Avr 2015, 20:49

Mediapart, le journal d'Edwy Plenel ? Pour ceux qui ont suivi le match Edwy Plenel - Loi Toubon, il y a de quoi rire jaune. En tous les cas, ils ont de la suite dans les idées. Edwy Plenel atteignait déjà le point Godwin de la bêtise idéologique en combattant la loi Toubon lors de son adoption. Il n'avait pas peur des mots...

Je cite :

Article paru dans le Monde diplomatique.
Contre le « tout anglais »

« Refus de la modernité », « combat d’arrière-garde », « relents de chauvinisme », « de protectionnisme », voire « de nationalisme », « de colonialisme », et l’on en passe... S’il est un point sur lequel, en France, une bonne partie de l’extrême gauche, de la gauche « bobo » et de la mouvance altermondialiste est en phase avec les hussards de la mondialisation libérale – « élites » de la communication et des médias, management des grands groupes industriels et financiers, haute administration –, c’est bien pour lancer l’un de ces noms d’oiseau à la face de ceux qui s’obstinent à revendiquer le droit de créer, de contracter, de travailler, d’accéder à l’information et aux loisirs dans leur langue, en l’occurrence le français.

Ce chœur s’était déchaîné, dès 1994, contre la loi Toubon « relative à l’emploi de la langue française (1)», toujours en vigueur, et qui, entre autres dispositions, a l’outrecuidance d’exiger l’emploi obligatoire, mais non exclusif, de la langue française pour les salariés d’une entreprise installée en France. C’est Edwy Plenel qui, à la « une » du Monde, avait donné le ton : selon lui, cette loi exprimait « le regret d’une France défunte, imposant sa langue par sa puissance coloniale, impériale, diplomatique, économique », et n’était que « la mise en scène de la nostalgie d’une gloire morte, l’expression d’un déclin auquel on ne se résout pas, mais que l’on est incapable de conjurer » (2).
J'avais également fait mon propre compte-rendu, disponible sur le site.

Comme je l'ai appris lors de la journée d'étude à l'occasion des 20 ans de la loi Toubon, c'était une personne qui connaissait très bien la francophonie qui en parlait dans les pages du Monde et cette personne était d'ailleurs favorable à la loi Toubon. Mais voilà qu'Edwy Plenel arrive et récupère le dossier et s'érige en une du Monde contre cette loi néo-coloniale, pourtant rédigée par la gauche. Jacques Toubon n'a fait que la reprendre à son arrivée au pouvoir, provoquant un retournement d'opinion de la plupart des journaux de gauche... Voir le compte-rendu de cette journée par Frédéric Châteigner (maître de conférence à Sciences Po à l'IUT de Tours), l'intervenant qui avait justement exposé cette histoire cocasse, pour avoir le détail et les sources de cette histoire.

L'article de Mediapart que vous citez est dans la même veine : ils ne parlent que de Front National en criant au loup et parlent à peine de fond. On sait pourtant la chute du nombre d'heures de français en primaire et au collège, on sait qu'il n'y a plus le droit de faire redoubler les élèves. Le procédé est assez douteux que de fermer le débat en ramenant tout au Front National. Au fond, ils ont le travers complémentaire de Brighelli qui parle de "bobo" et de "pédagogo". Eux parlent de fachos. Bref, le degré zéro du débat. Petit coup de gueule en passant !
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Re: RP 44 Michel : Le cri de colère d'une professeur

Messagepar Zapata » Mar 28 Avr 2015, 11:55

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Il s'agit bien du blogue de Laurence de Cock qui s'annonce comme "relais d'un collectif  d'enseignants et de chercheurs souhaitant participer à un «aggiornamento» de l'enseignement de l'histoire et de la géographie.", hébergé par Médiapart.
L'article, effectivement, regorge de références au Front National (4 occurences) ; c'est semble-t-il, une forme d'argumentation assez pauvre.

Une phrase caractéristique qui condense l'essentiel du débat sur la langue :
Ces gens veulent une France et une École qui ne sont pas les nôtres. Ils les veulent sélectives, disciplinées, fortes, fières, au garde à vous, campées dans leurs racines gauloises et occidentales quand nous les rêvons décloisonnées, métissées, égalitaires, libres, et émancipatrices.

Donc d'un côté, une École et une France :
Sélectives : Brighelli est pour la sélection.
Disciplinées : Il est également pour le retour de l'ordre dans les classes. Ordre sans lequel il ne peut y avoir de travail.
Fortes : Une France forte n'est pas la vraie France selon toute apparence.
Fières : La haine de soi semble être la norme. Au diable la fierté, va pour l'autodénigrement.
Au garde à vous : Il n'est pas question de rétablir un quelconque service national (ou civique).
Campées dans leur racines : l'enracinement est réactionnaire.

Et de l'autre :
Décloisonnées : Oui à la pluridisciplinarité, amputons encore un peu plus les horaires des matières fondamentales.
Métissées : Oui à la ratification de la Charte des langues régionales, au globish, au repli communautariste.
Égalitaires : Oui à l'égalitarisme ravageur.
Libres : c'est à dire aliénées et inféodées au mondialisme.
Émancipatrices : à la manière de Vincent Peillon qui a dit : "Il faut arracher l'enfant à ses déterminismes familiaux".

J'ai noté un seul commentaire d'un certain Yann qui sait garder les pieds sur terre (le 11/06/2014 à 18 h.37) :

Nouvel adhérent à Mediapart, et professeur dans un lycée de la banlieue nantaise, je découvre avec surprise la violence de certaines réactions dans un débat dont les enjeux sont effectivement capitaux et méritent mieux, me semble-t-il, que l'invective et l'anathème.
Il se peut que M. Brighelli soit un carriériste et un réactionnaire crypto-fasciste, mais faut-il pour autant faire fi en bloc des constats qu'il fait et des questions qu'il pose (lui et d'autres) ? Personnellement, quel que soit le bien-fondé des arguments avancés (s'il y en a), j'aurais plutôt tendance à être rebuté par un discours aussi hargneux que celui de Mme De Cock, qui me paraît plus un appel à la vindicte qu'une base de discussion pour un aggiornamento de l'histoire-géographie (mais je ne demande qu'à être démenti et peut-être la polémique dure-t-elle depuis longtemps).
(...)
Veillons à ce que le dogmatisme, l'idéologie et les préjugés n'occultent pas notre libre-pensée, dans un camp comme dans l'autre

Par ailleurs, l'article cité par Marc de Frédéric Chateignier est très intéressant. Il constitue la suite de celui de Vincent Dubois qui reprend l'historique de la loi Toubon :
http://chmcc.hypotheses.org/849
Il distingue en particulier les quatre groupes professionnels qui sont, je dirais presque par nature, hostiles à la loi : les journalistes, les publicitaires, les scientifiques (sciences exactes) et les promoteurs des langues régionales.
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