Propositions Christian Philip Juin 2015

Propositions (de votre cru, ou de personnalités avec source) qui serviront de base documentaire pour tous.

Modérateurs: Michel, Varlet, Marc Beaufrère

Propositions Christian Philip Juin 2015

Messagepar Michel » Jeu 07 Jan 2016, 00:41

Quelques propositions concrètes autour desquelles ce projet global pourrait être construit sans prétendre que ceci soit exhaustif ni soumis à critiques ! Sans hiérarchiser telle ou telle action, inscrire, comme indiqué, la Francophonie comme acteur d'une mondialisation plurielle. À cette fin, proposer à l'UNESCO d'ajouter à la convention sur la diversité culturelle un protocole relatif à la diversité linguistique, créer une Agence francophone pour promouvoir nos "produits" culturels, mettre en place une Fondation de la Francophonie, jouer la carte des coopérations décentralisées en multipliant les actions entre collectivités locales, etc. Passer d'une stratégie de rayonnement à ce qu'il ne faut pas hésiter à appeler une stratégie d'influence avec le développement de la politique audiovisuelle francophone, créer un portail de la Francophonie numérique", avoir une ambition d'une E-Francophonie propre, fonder une Agence francophone de l'éducation (paradoxe aujourd'hui : on a, avec l'Agence universitaire de la Francophonie, un opérateur spécifique pour l'enseignement supérieur, alors qu'il n'existe rien afin de développer en primaire et au secondaire l'enseignement du français, établir le vivier de francophones pour l'enseignement post bac !), créer un Erasmus francophone (encore une mesure concrète qui serait fortement symbolique pour les jeunes de la réalité de la Francophonie), multiplier les événements francophones dans le monde, etc. Ces quelques exemples visent à montrer qu'il serait facile de construire un véritable projet pour la Francophonie, s'il existait une volonté politique.



(...)

Ici encore, quelques suggestions, afin d'ouvrir un débat : inscrire dans notre Constitution que la République participe à la construction de la Francophonie dans sa double dimension d'espace géopolitique et d'espace de coopération et que le français est la langue du dialogue de l'aire géoculturelle francophone ; revisiter la loi Toubon de 1994 pour la renforcer ; créer auprès du Premier ministre un Haut-commissariat à la Francophonie ayant une autorité interministérielle ; introduire la notion de Francophonie dans les programmes scolaires ; créer, sur le modèle du service civique, des Volontaires de la Francophonie qui seraient déployés dans les pays membres de l'OIF qui souhaiteraient les accueillir ; multiplier les Maisons de la Francophonie du type de celle que j'ai modestement initiée à Lyon en 2008 ; créer un Institut des hautes études de la Francophonie, dont la préfiguration est l'Institut de la mondialisation et de la Francophonie qu'a su développer, au sein de l'université Lyon III Jean Moulin, le recteur Michel Guillou. On le voit, le chantier est vaste tant au plan de la Francophonie multilatérale que pour la France.



extrait de "La francophonie en péril ?", vu sur ALF le 14 juin 2015

Christian Philip, professeur à l'université Lyon III, ancien recteur des académies de Montpellier, Reims et Clermont-Ferrand, ancien député du Rhône, ancien premier adjoint de la ville de Lyon, spécialiste des questions d'éducation et des institutions européennes. Il a également occupé les fonctions de directeur de cabinet de François Fillon, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que de représentant personnel du président de la République, Nicolas Sarkozy, pour la Francophonie.
Lao-Tseu, repris par Lénine, puis par Churchill : Là où il y a une volonté, il y a un chemin.
Michel Godet : La bonne prévision n'est pas celle qui se réalise mais celle qui conduit à l'action pour, éventuellement, empêcher qu'elle ne se réalise.
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Re: Propositions Christian Philip Juin 2015

Messagepar Zapata » Jeu 07 Jan 2016, 01:00

Avant le passage consacré aux propositions (toute une (géo)politique pour la francophonie), j'ai repéré quelques phrases choc :

Adhérer à l'OIF n'emporte pas d'engagement particulier, même pas sur l'enseignement du français dans le pays considéré.
(...)
En réalité, la Francophonie ne porte aucun véritable projet pour le développement du français dans le monde.
(...)
Qui a entendu notre Secrétaire d'État à la Francophonie s'exprimer et qui connaît son nom ?
(...)
Le français est en développement en Chine (1) ou au Brésil (2)
(...)
Les enfants des Africains qui ont étudié en France s'inscrivent désormais dans les universités américaines, canadiennes, mais aussi chinoises.
(...)
Tous ces rapports, toutes ces propositions sont restées lettre morte quel que soit le gouvernement en place, parce que nos dirigeants ne croient pas en la Francophonie
(...)
Si rien ne se passe, l'OIF deviendra un cadre creux et beaucoup en tireront les conséquences en recherchant ailleurs les lieux au sein desquels ils pourront inscrire la diversité nécessaire au maintien de leurs identités nationales et culturelles.


(1) La Chine s'intéresse beaucoup au scandale géologique (qu'est l'Afrique) qui, comme chacun sait, se conjugue aussi en français.

(2) Et pour cause ! La France a 700 km de frontière avec le Brésil, sa plus grande frontière terrestre (L'Espagne en a 100 de moins). L'État brésilien d'Amapá, qui fait face à la Guyane côtés Sud et Est, est un ancien territoire français (contesté par le Brésil), je cite Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fronti%C3 ... _la_France

Les bases de cette frontière remontent aux traités d'Utrecht de 1713 entre la France et le Portugal, mais diverses interprétations quant au tracé de la frontière existaient. Ainsi la France considérait-elle que le fleuve Japoc dont il était question dans le texte correspondait au fleuve Araguary tandis que pour le Brésil il s'agissait du fleuve Oiapoque. Le litige continua durant deux siècles, la France et le Brésil devenu indépendant installèrent tour à tour postes militaires et missions chrétiennes dans ce qui devint le contesté franco-brésilien, et s'accusèrent mutuellement d'enfreindre leur intégrité territoriale respective. Finalement, un arbitrage international assuré par la Suisse donna raison au Brésil en 1900 : arrivée bien préparée, sa délégation, menée par le baron de Rio Branco, qui avait déjà obtenu un arbitrage favorable face à l'Argentine, gagna les arbitres à ses vues, tandis que la France, peu soucieuse de la question et accaparée par la colonisation de l'Afrique, envoya des diplomates peu au fait de la question  : 260 000 km2 de territoire qui auraient multiplié par quatre la surface du territoire guyanais échappèrent ainsi à la France et rejoignirent l'escarcelle du Brésil, qui ne cesse à cette époque de grignoter des terres au détriment des pays voisins.
Vestige culturel de cette période, demeurent encore dans l'Amapá des communautés amérindiennes parlant un créole guyanais ancien.


Encore quelques arpents de neige dilapidés par l'insouciance des Français de l'époque !

Ilyes Zouari en parle dans son ouvrage "Petit dictionnaire du monde francophone". Marc l'a signalé ici :
viewtopic.php?f=21&t=710

Adresse de l'article de Christian Philip (ALF) :
http://www.avenir-langue-francaise.fr/n ... &tconfig=0
Porfirio Díaz : Pobre México ! Tan lejos de Dios y tan cerca de los Estados Unidos.
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