RP 49 Michel : Une démolition des déconstructeurs français

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RP 49 Michel : Une démolition des déconstructeurs français

Messagepar Michel » Mar 07 Fév 2017, 22:51

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Yannick Jaffré, agrégé de philosophie, dans un article savant du 24 Janvier 2017 (assez aride pour les non philosophes, j’en conviens) se livre à une déconstruction des théoriciens de la déconstruction, principalement Deleuze, Foucault et Derrida, littéralement déifiés en Amérique du Nord et rangés dans la catégorie ‘French Theory » :
http://katehon.com/fr/article/misere-de ... -du-nihilo.

Quelques extraits :

Si les États-Unis ont été le laboratoire social du post-modernisme, des Européens, Français à l’avant-garde, en furent les théoriciens. Comme souvent, les Américains font d’abord, pensent ensuite et, philosophiquement, presque jamais par eux-mêmes.
[La vanité à la française pointe ici le bout de son nez]

On pourrait sous ce rapport s’amuser de la popularité intellectuelle dont jouissent les déconstructeurs chez ceux qu’aux États-Unis on appelle liberals : occupant l’aile gauche du parti démocrate, progressistes en matière de mœurs, laissant intacts les piliers du libéralisme économique, ils sont, autrement dit, des libéraux-libertaires. Acteurs majeurs du capitalisme post-moderne dans sa superstructure idéologique, et bénéficiaires de son infrastructure économique, ils ont fait des déconstructeurs français leurs serviteurs érudits – semblables à ces esclaves grecs qui, dans l’antiquité, chapitraient la jeunesse romaine décadente. A cette différence près que ceux-ci entretenaient les fondements de l’histoire européenne que ceux-là veulent terminer. Pour parler « années 1970 », ces philosophes ont été les « valets du capital » post-moderne.
[Cela recoupe un thème qui m’est cher : les Français occupent au sein de l’"Empire" (américain) la place des Grecs dans l’Empire romain]

Pour Deleuze :
Et c’est sans injustice flagrante que le vocabulaire deleuzien du « nomadisme », de la « déterritorialisation » et donc des « flux », se retrouve aujourd’hui dans la langue du capitalisme financier apatride.

Pour Foucault :
Cédant comme Deleuze à l’idolâtrie des marges cultivée par son époque, Foucault réserve ainsi l’expérience de la liberté aux déments, aux criminels, aux parricides, aux transsexuels.

Enfin, pour Derrida :
Jouissant dans l’université française d’une marginalité confortable, il empile les chaires américaines, soutient les dissidents tchèques, rentre en 1995 au comité de soutien à Lionel Jospin, duquel il s’éloigne en 2002 parce qu’il juge sa politique d’immigration impitoyable… Il accomplit en définitive le parcours sans faute d’une grande conscience de gauche pétitionnaire – Antigone séfarade d’amphithéâtre contre les méchants Créon d’État – qui ne se risque sur le champ de bataille qu’abrité sous le Paraclet du droit naturel cosmopolitique.

… et la déconstruction restera dans l’histoire de la pensée européenne comme le symptôme d’une dépression passagère. Le réalisme politique, la décence éthique et la consistance philosophique ont commencé leur insurrection. Mais c’est une autre histoire. Elle s’ouvre devant nous.
[changement d’époque ?]
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