Grammaire d'hier et de demain

Modérateurs: Michel, Marc Beaufrère, Varlet

Grammaire d'hier et de demain

Messagepar Gilles Colin » Mer 29 Aoû 2018, 14:04

Grammaire française de M. Noël et M. Chapsal, 1842 :
571. Le participe présent est toujours invariable. Le temps est un vrai brouillon mettant, remettant, rangeant, dérangeant, imprimant, effaçant, rapprochant, éloignant et rendant toutes choses bonnes ou mauvaises. (Madame de Sévigné)
572. Il ne faut pas confondre le participe présent et l’adjectif verbal ; celui-ci terminé par -ant, s’accorde en genre et en nombre avec les mots qu’il qualifie. Des esprits bas et rampants ne s’élèvent jamais au sublime. (Girard) La passion dominante de César était l’ambition.
574. L’adjectif verbal marque l’état, la manière d’être du mot auquel il se rapporte, et peut se construire avec un des temps du verbe être : Ce sont des hommes obligeants. Ces hommes prévoyants ont aperçu le danger. Les personnes aimantes ont plus de jouissances que les autres. On peut dire : des hommes qui sont obligeants ; des hommes qui sont prévoyants ; des personnes qui sont aimantes.
575. Le qualificatif en -ant est participe présent quand il a un complément d’objet direct, parce qu’alors il y a action, puisque ce complément est toujours l’objet d’une action : Cette réflexion embarrassant notre homme, On ne dort point, dit-il, quand on a tant d’esprit. (La Fontaine)
576. Le qualificatif en -ant est ordinairement adjectif verbal quand il n’a aucune espèce de complément, parce qu’alors il exprime presque toujours l’état : Un geste pittoresque et des regards parlants. (Fr. de Neufchâteau) On apercevait sur la mer des mâts et des cordages flottants.
577. Le qualificatif en -ant qui n’a qu’un complément indirect est ou participe présent ou adjectif verbal : participe présent, quand le sens indique l’action, et adjectif verbal, lorsque le sens indique la situation, l’état :
_ On voit la tendre rosée dégouttant des feuilles. On voit la sueur ruisselant sur leur visage. Dans ces phrases le sens est : la rosée qui dégoutte des feuilles, la sueur qui ruisselle sur leur visage, c’est de l’action qu’il s’agit : dégouttant, ruisselant, sont donc des participes présents et doivent rester invariables.
_ Voyez-vous ces feuilles dégouttantes de rosée ? Voyez sa figure ruisselante de sueur. Dans ces deux dernières, au contraire, c’est l’état, la manière d’être qu’on exprime ; car le sens est : qui sont dégouttantes de rosée, qui est ruisselante de sueur ; dégouttantes, ruisselante, sont conséquemment des adjectifs verbaux, et doivent s’accorder avec les substantifs feuilles et figure qu’ils qualifient.

Grammaire de 2020 :
Le participe présent est invariable sauf s’il est utilisé comme adjectif ou comme nom, ce qu’on vérifie par substitution.
_ Les apprenants étaient pris en charge par les sachants. (Les nouveaux étaient pris en charge par les anciens.)
_ Les feuilles jaunissantes montraient les arbres dépérissants. (Les feuilles jaunes montraient les arbres malades.)
_ Voyez sa figure ruisselante de sueur. (Voyez sa figure recouverte de sueur.)

À propos de la nouvelle Grammaire française de 1872, de M. Noël, inspecteur général de l’université et M. Chapsal, professeur de grammaire générale, lire : Que dire en 1872 ? par Michael Edwards de l'Académie française http://www.academie-francaise.fr/que-dire-en-1872
Le Dicthographe aide à trouver un maximum de mots.
https://sites.google.com/site/ledictho/
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Re: Grammaire d'hier et de demain

Messagepar Varlet » Jeu 30 Aoû 2018, 17:50

Vous mettez le doigt ici sur une tendance que les enseignants ont souvent sans qu'ils en aient conscience : noyer les élèves dans une pléthore de dénominations. Pour de jeunes enfants ( au moins jusqu'au collège ), parler de participe présent est bien suffisant, comme vous le faîtes dans votre exemple de "grammaire de 2020". Connaître le terme d' adjectif verbal encombre leur apprentissage et n'apporte rien si l'on a comme objectif d'améliorer leur orthographe.
Cette manie de vouloir tout bien distinguer et préciser est une conception d'adulte qui ne marche pas chez les plus jeunes, en tout cas chez la majorité d'entre eux. Nommer les termes grammaticaux quand il le faut, avec parcimonie, manipuler la langue écrite et prendre le temps de le faire, relier ces apprentissages à l'expression écrite, sont certes des activités longues à mettre en place, pas toujours porteuses sur l'instant de résultats positifs - mais les erreurs sont formatrices !-, mais ce sont ces méthodes qui sont le plus validées pour un apprentissage réussi à terme, d'après de nombreuses études.
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