Le français métis et créole en musique

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Indéniablement, il se passe quelque chose au niveau de la musique, de certaines BD et films (et téléfilms), une identité métisse (parmi d’autres facettes) de la francosphère s’affermit. On sait que la France est historiquement le berceau de la langue française et toute une série de représentation y est attachée : formalisme, classicisme, académie pour le XVIe XVIIe siècle ; universalisme, grands auteurs, révolutions pour le XIXe, guerres, déclin relatif, assagissement et construction européenne pour le XXe. La France a jusqu’à récemment eu le monopole du français : peuple, pays et langue ne faisait qu’un, le français était même jusqu’à il y a 100 ans la langue de Paris, d’autres langues ou dialectes étant toujours utilisé ou perçus comme langues maternelles ailleurs (basque, occitan, breton, alsacien ainsi que des dialectes suffisament proches du français parisien pour être perçus comme du sous-français : normano-picard, gallo, etc…). 

Ainsi, le français s’est répandu en France au point de faire un avec elle, une partie de la Belgique, de la Suisse et du Val d’Aoste. Mais le français a aussi débordé hors de ses frontières et des pôles autonomes de culture francophone sont maintenant actifs, notamment dans les Antilles. (On pourrait citer le Liban pour la littérature, le Maghreb pour la littérature et un peu la musique…)

Quelque part, c’est comme si la France était devenue une sous-partie d’un ensemble plus vaste que j’aurais envie d’appeler la francosphère faute de mieux, mais qui ne se résume pas aux locuteurs du français. Comme le français a été un créole du latin avant d’être perçu comme une langue à part, mais toujours de la même famille que d’autres langues latines, quelque chose de la France s’est mélangé avec d’autres identités et on assiste de plus en plus à l’émergence d’une (ou de plusieurs) sensibilité métisse, créole, etc…

Une personne qui a vécu un peu dans un DOM comme j’ai pu le faire saura de quoi je veux parler. Si l’on va dans un supermarché au rayon CD, on retrouve plusieurs choses familières, mais c’est comme s’il y avait une unité autre. Allez chercher le rayon rock, il est tout petit. Par contre, essayez d’éviter le rayon reggae / zouk, cela sera difficile. Il y a une identité qui se vit en français ou en créole à base française, pourtant on aurait du mal à dire que cela participe de la même sensibilité que ce que l’on considère comme la « France classique ». Je trouvais qu’il était assez difficile d’écouter du rock ou de la pop dans un pays tropical, l’environnement induit un autre type de musique qui entre en résonnance avec.

Ainsi, en métropole, on peut entendre des musiques métisses (parfois comme « tubes de l’été ») mais ce n’est pas un genre très important.

Après cette petite digression, je vous propose quelques illustrations musicales populaires ; ce sont des chansons que l’on a pu entendre sur nos ondes (en France) et qui vous donneront peut-être envie d’en découvrir plus. En attendant, voici de la musique festive :

 

Tom Frager – Lady Melody (Guadeloupe)

  Dezil – San Ou La rivière – (Seychelles)

 

 Pep’s – Liberta (Live) (France)

 

 

NZH – Princess (France / Antilles)

 

 

Manu Chao, Amadou et Mariam – Senegal Fast Food (France / Espagne, Mali / Sénégal)

 

 

113 et Magic System – Un Gaou à Oran (France, Côte d’Ivoire)

 


Pour danser… :

 

  Magic System – Ki dit mie (Côte d’Ivoire)

 

 

African connection – Ami oh (Antilles)


 

Dis l’heure de zouk – Laisse parler les gens (avec Jocelyne Labille, Passi, Cheela, Jacob Desvarieux de Kassav’) (Antilles)

 

Si vous voulez découvrir les premiers tubes du zouk, découvrez cet article.

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