La Chanson Française – années 60

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(Publié sur lefrançaisenpartage le 25-11-2010)

brel ferre brassensCes dernières années, l’évènement majeur en France concerne l’émergence de ce que l’on appelle la nouvelle chanson française, phénomène sur lequel je reviendrais. Mais jusque dans la fin des années 90, lorsqu’on pensait chanson française, on pensait aux grands trois de cette photo si célèbre. Ces trois grands, c’était Brel, Ferré et Brassens.

A eux trois, ils ont influencé toute une époque et toute une série de musiciens, chanteurs, et continuent à le faire. Jusqu’à la fin des années 90, ces trois grands constituaient un peu l’horizon indépassable de l’excellence, ils étaient un peu les mètre-étalons de la chanson française. Présence parfois pesante (beaucoup de gens auraient voulu les égaler) mais méritée : ils mettaient toutes leurs tripes dans leur chanson.

 

Léo Ferré – C’est extra 


 

Léo Ferré – Avec le Temps

 

 

 

Jacques Brel – Amsterdam

 

Jacques Brel – Ne me quitte pas

 

 

Georges Brassens – Les copains d’abord

 

 

Georges Brassens – Quand on est con

 

 

Leur particularité était le grand soin apporté aux textes. Brassens était un peu le chanteur des anonymes, des petites gens, Brel, à la sensibilité si forte, qui était quasiment toujours malade de par son trac avant de monter sur scène, chantait surtout le Nord (la Belgique) et la vie de tous les jours tandis que Ferré était le chanteur exalté de l’amour. Trois influences majeures immortalisées par cette photo, même si d’autres chanteurs de la même trempe ont marqué cette époque comme Serge Reggiani, Jean Ferrat, Charles Aznavour, Claude Nougaro… Mais ce que cette photo immortalise, c’est avant-tout le magistère intellectuel et esthétique de ces trois chanteurs sur leur époque.

Ce qui rendait ces chanteurs si particuliers, c’était leur exigence, leur volonté d’être juste dans ce qu’ils disent, de parler de la vie ordinaire de façon poétique, de sujets plus graves parfois, de saisir les particularités de leur temps sans succomber à l’esprit du temps,  avant de plaire… ce qui ne les a pas empêché de plaire. Par conséquent, leurs chansons demandent souvent plus de temps à nous séduire que les ritournelles de l’époque qui s’adressaient plutôt à ce qu’on appelle le grand public : Claude François, Sheila… leurs sujets étaient le plus souvent légers, jamais politisés, pour ne déplaire à personne : « cette année là » « l’école est finie » « tous les garçons et les filles de mon âge ». Les musiques de ces chansons suivaient souvent des modes musicales importées (yé-yé dans les années 60, disco fin des années 70, parfois reggae dans les années 80).

On pourrait également citer Serge Gainsbourg, artiste mondialement connu, qui a essayé d’allier exigence artistique et exploration musicale. Si son style était classique dans les années 60 (le poinçonneur des Lilas), celui-ci a régulièrement évolué en fonction des aléas de sa vie (amoureuse et affective surtout) et de sa volonté « d’encanailler la France » (Je t’aime moi non plus ; Bonnie and Clyde ; Annie aime les sucettes, voire même la sulfureuse Lemon Incest). Malheureusement, une sorte de fêlure triste hante son œuvre musicale, de par sa vie affective instable (Brigitte Bardot, Jane Birkin, Bambou…) à son penchant pour la provocation, l’alcoolisme et la cigarette. Sans doute conscient d’avoir sacrifié sa vie à son œuvre, il déclarera : « j’ai tout réussi… sauf ma vie ». On lui doit cependant quelques superbes chansons atemporelles telle La javanaise et il mériterait un article à lui tout seul.

 

Serge Reggiani – Ma Liberté

 

 

 

 Charles Aznavour – Je m’voyais déjà

 

 

Gilbert Bécaud – Nathalie

 


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