L’apport italien à la chanson française – 2

[Publié sur lefrançaisenpartage le 09-02-2012]

Dalida

Immense artiste de par son répertoire et son succès, je ne suis malheureusement pas assez sensible à sa musique pour pouvoir vous en parler comme il se devrait. Née en 1933 au Caire en Égypte, Dalida fait partie de ces personnes dont la famille européenne s’était installé sur la rive sud de la Méditerranée. A l’époque, l’ensemble des pays de la rive sud de la méditerranée était sous administration européenne et les villes du Maghreb, de Libye et d’Égypte étaient cosmopolites : juifs, espagnols, italiens, français, phénomène que l’on retrouvait aussi dans les villes de la rive nord de la Méditerranée (Marseille…). Dalida était donc la fille d’une de ces familles d’italiens qui s’étaient installés au Caire, son père était un très bon violoniste. Elle fut miss Égypte 1954, « monta » à Paris faire carrière (Paris étant le centre culturel du monde à l’époque) dans le cinéma, puis finalement dans la chanson. Sa vie artistique fut ponctuée d’immenses succès, dont je préfère très nettement les premiers, qui respiraient la vitalité et la bonne humeur ; cependant, sa vie sentimentale fut tragique, un nombre impressionnant d’hommes autour d’elle (compagnons, amis) se suicidant à tel point qu’elle se demandait si elle ne portait pas malheur aux hommes qui l’approchaient. Elle mit fin à ses jours en 1987 en laissant un message qui disait : « la vie m’est insupportable, pardonnez moi ».

Voici donc un des succès des débuts de sa carrière, Come Prima :

 

Nino Ferrer 
 
Voici un chanteur que j’ai beaucoup écouté et qui a, je trouve, un vrai talent, un quelque chose de génial. D’origine italienne, Nino Ferrer né en 1934 à Gênes, a déménagé lorsque son père est parti travailler comme ingénieur en Nouvelle-Calédonie. En 1947, il arrive à Paris où il fait ses études et se passionne notamment pour la musique, surtout pour le jazz. On le voit dans certains des titres de ses albums d’inspiration « groupe de jazz américain » comme « Nino Ferrer and Leggs », même si l’essentiel de ses titres que l’on connaît encore aujourd’hui sont en français.
Nino Ferrer, on le connaît surtout pour la superbe mélodie de  » Le Sud » qui évoque son enfance en Nouvelle-Calédonie, et non pas en Italie ou dans le sud de la France comme je le pensais plus jeune. Enfin c’est un Sud idéalisé, sorte de paradis atemporel où « il y a du linge étendu sur la terrasse » et où « il y a même un chat, une tortue, des poissons rouges », où il n’y a aucun problème sauf que « un jour ou l’autre / il faudra qu’il y ait la guerre / on le sait bien ». Peut-être tout cela recouvre-t-il le paradis de l’enfance, ou évoque-t-il un endroit qui n’existe pas, quoi qu’il en soit, c’est l’une des chansons incontournables du patrimoine français. Concours de circonstance, j’avais lu que cette chanson ne faisait pas du tout partie des chansons de l’album qui la contient et que Nino Ferrer voulait mettre en avant mais c’est celle-là que la postérité a retenue.


Nino Ferrer a également « commis » d’autres succès mémorables « Le téléfon », « Mirza », « Les Cornichons » et bien d’autres aussi hilarants qu’absurdes. Il n’était apparemment pas toujours très heureux que ce soit ces titres qui ait été retenus puisqu’il avait des titres plus personnels mais sans doute la légèreté et l’humour de ses autres chansons convenaient-elles mieux au grand public. Personnellement, je trouve incroyable que quelqu’un ait pu obtenir un succès avec une chanson qui parle d’une virée en pique-nique, chanson encore diffusée aujourd’hui à la radio ! Sur le même principe, Nino Ferrer cherche son chien dans Mirza et ne veut pas que l’on se moque de lui dans « Oh hé hein bon! ». Voici à ce propos la vidéo :

 

Nino Ferrer avait une relation fusionnelle avec sa mère et il a donc malheureusement perdu sa raison de vivre lorsque celle-ci est morte en juillet 1998 ; il a mis fin à sa vie un mois plus tard

 Richard Cocciante

 Tous les artistes d’origine italienne n’ont pas une vie aussi tumultueuse : ainsi Adamo, qui est toujours là, ou Richard Cocciante. En 1979, la France le découvre avec son coup de soleil et sa voix éraillée :

 

J’aime bien aussi la reprise de Camélia Jordana qui se l’ait étonnamment très bien appropriée. C’est rare qu’une chanson soit

aussi différente que l’originale et d’aussi bonne tenue.

Richard Cocciante est né d’un père italien et d’une mère française à Saïgon (alors Indochine). Outre le succès du « Coup de Soleil », Richard Cocciante s’est fait connaître pour d’autres titres au Québec. Il est également moins connu pour son travail sur les comédies musicales et pourtant il a composé le très populaire « Notre Dame de Paris » et « Le Petit Prince », œuvre qui n’a pas rencontré autant le succès.

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