Quels mots français pour remplacer les anglicismes ?

(Publié sur lefrançaisenpartage le 26-02-2012)

Vous êtes un francophone convaincu mais damn it, c’est toujours un mot english qui vous vient. Cependant, vous avez pris vos résolutions, cette fois-ci, vous allez faire un effort pour utiliser le mot français approprié, celui qui décrit au mieux son objet plutôt qu’un vague mot anglais. Et oui, il faut parfois réapprendre à parler français, un peu comme lorsque l’on utilise des gros mots à tout bout de champ et que l’on arrive pas à s’arrêter malgré le fait que l’on verse 50 centimes à chaque fois que l’on en dit un dans la boîte à gros mots.

Il faut bien en être conscient, changer les mots anglais que l’on utilise au quotidien est un effort pour briser des réflexes, ça ne paraît donc pas naturel au début. Il faut donc bien cibler les mots que l’on veut remplacer. Se dire : à partir de maintenant, j’arrête de dire « cool » ou « in » pour décrire tout et n’importe quoi, je fais un effort de réflexion pour trouver le mot qui décrit véritablement ce que je pense et / ou ce que j’observe. Ce n’est pas tellement le besoin de trouver le mot équivalent, mais le plaisir de trouver le mot précis pour décrire ce qui m’entoure. Je me force parfois à dire courriel (pas systématiquement, mais quand j’y pense) et déjà deux trois fois j’ai remarqué des personnes de mon âge qui utilisaient ce mot. Comme quoi…

J’ai remarqué qu’en effet, il y a surtout deux types d’anglicismes : des anglicismes techniques, qui désignent un objet ou un concept qui a d’abord été inventé aux États-Unis ou au Royaume-Uni : mail, joystick, hard (disk), le beat, le rock…

Ensuite, il y a des concepts plus flous qui décrivent une attitude ou un concept qui se veut volontairement hors d’atteinte du commun des mortels pour montrer que l’on appartient à un groupe qui a accès à une vie en dehors du commun des mortels : ce sont là tous les mots du « globish » : cool, hype, trendy, fashion-victim… C’est le même principe que l’argot, qui définit une sorte de groupe qui marque son appartenance. On maîtrise des mots anglais, pour la plupart, qui nous définissent comme branchés sur ce qui se passe de nouveau, de vivant dans le monde anglo-saxon (monde du ghetto, monde de l’informatique aussi, etc…) ; nous avons accès à ce monde, ce qui nous donne quelque chose en plus que notre interlocuteur.

Revenons à nos moutons : vous avez décidé de trouver l’équivalent en français, mais vous ne trouvez pas ! Trop dur, il faut réfléchir, et même en réfléchissant, ce n’est pas évident. C’est que c’est un entraînement. Heureusement, nous disposons grâce à internet d’outils très intéressants. Qui a dit que les français ne se bougeaient pas pour leur langue ? Je vous en livre quelques uns :

http://wikilf.culture.fr/ : c’est l’un des plus innovants. Il se base sur le principe de la wikipedia, l’encyclopédie collaborative. Des internautes proposent des mots, des anglicismes, leur définition, et parfois proposent un équivalent français déjà existant ou crée un nouveau mot. C’est vraiment un exercice intéressant, il nous pousse à bien comprendre le mot puis à trouver dans le vocabulaire, les sonorités, les préfixes et les suffixies, et les racines de la langue française de quoi faire un mot percutant, qui rend bien ce qu’il désigne. J’aime beaucoup la démarche ! Ceci dit, je trouve

http://franceterme.culture.fr/FranceTerme/index.html : Presque sur le même principe, FranceTerme vous propose des équivalents de mots techniques étrangers. Grâce à la boîte à idée, vous pouvez proposer votre équivalent. Ce site s’adresse cependant plus à des spécialistes (ingénieurs, chercheurs…) qui ont besoin de trouver un équivalent pour des mots très pointus.

http://www.direnepasdire.org/ : pas tout à fait la même démarche, ce site vous propose l’emploi admis par l’académie, il vous propose des équivalents pour des mots déterminés et quelques articles. Cela correspond moins à ce que j’imagine pour l’avenir du français mais les remarques sont instructives, ne serait-ce que pour l’étymologie, le fait aussi que ce soit eux qui choisissent les mots sur lesquels ils tombent pour nous donner leur équivalent auquel on n’aurait pas forcément pensé.

Retrouvez ici la contribution que j’ai faite sur ce thème à la demande du site chapeauté par Frédéric Taddéi, site dont je tairais le nom (anglophone! ;-)))

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