Le genre

Retour d’Amérique, vingt ans après : Chronique n°1

Je projette de publier ici une chronique chaque quinzaine à propos d’anecdotes vécues aux États-Unis d’Amérique à la fin des années 80 et au début des années 90. Partant du principe que ce qui se passe aux États-Unis se retrouve ensuite en France une ou plusieurs dizaines d’années après, de façon identique, dégradée ou déformée, je m’attacherai à mettre en face de chaque anecdote, un événement similaire ou apparenté que j’ai vécu en France après mon retour d’Amérique.
Les événements évoqués en France seront présentées sur un mode plus allusif, afin de tenir compte de la vie privée des personnes ou de certaines règles relatives aux institutions.

Aujourd’hui le gender (le genre).

Je me suis retrouvé plusieurs fois dans le grand Salon de recrutement organisé par MLA (Modern Language Association) qui met en relation les professeurs candidats et les universités.
La scène : Le Chef du département de langues étrangères d’une université américaine du Sud profond (Deep South) (Full Professor de sexe masculin, la cinquantaine) et une collègue (Assistant Professor ou Associate Professor, de sexe féminin, la trentaine).
Après les présentations d’usage relatives aux diplômes, publications et carrière, le Chef du département laisse la parole à sa collègue pour me poser quelques questions. Le seul thème qui l’intéresse est celui du genre. « What about the gender ? » répète-elle inlassablement : « Que pouvez-vous me dire sur les questions de genre ? » Le quiproquo est total ; je pense qu’elle est une experte en grammaire comparée (le genre, le nombre …) qui aurait pu écrire une thèse sur les raisons pour lesquelles les bateaux, dans la langue anglaise, sont du genre féminin, par exemple. Pas du tout ! J’ai su plus tard qu’elle avait l’intention de monter dans son université un département de Gender Studies. Je connaissais l’existence des Black Studies, mais pas celle des Gender Studies, alors encore en gestation.
Le Chef du Département, de sexe masculin je le répète, n’en pouvait mais ;  quant à moi,  j’avouais que, sur le plan linguistique, mes connaissances en grammaire comparée étaient limitées.

Cette entrevue (interview) n’eut pas de suite. Mais les Gender studies si. Aujourd’hui en France depuis 2013 le débat sur le genre fait rage avec le mariage pour tous, la GPA, la PMA…

Michel
Michel

Les derniers articles par Michel (tout voir)

Un commentaire

  1. Un article très instructif !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  Il y a 1 commentaire sur le forum.