Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

30 Mar, 2017

Ce matin, en allant au travail, j’entends Benoît Hamon sur France Info avec Jean-Michel Apathie. Moment d’anthologie, apparemment, France Info rediffuse une minute avant la fin de l’émission un extrait d’un enfant qui avait interrogé Benoît Hamon en anglais dans une école :

L’enfant (Teddin ?) « Do you think that leaving the government hurt your image or made you look like someone disloyal ? »

Benoît Hamon : « Est-ce que j’ai été déloyal, est-ce que… »

L’enfant : « In English please »

Benoît Hamon : « Non, je vais répondre en français si tu veux bien parce que… à cette excellente question dans un excellent anglais. »

Dans la suite de l’entretien, les journalistes relancent donc cette question, avec l’un des deux qui ajoute successivement : « improve your English » (améliore ton anglais) et « just do it ». Passablement agacé, je me suis penché sur les raisons de cet énervement. Analysons.

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (2 ième partie)

 

Après avoir tracé une géographie de l’utilisation des langues au sein des institutions européennes, géographie qui démontre une hostilité croissante de l’U.E. à l’égard des langues de travail autres que l’anglais, nous allons cerner les explications, officielles mais surtout officieuses, d’un tel comportement. Nous découvrirons alors que le mot « racisme » n’est sans doute pas exagéré, si l’on se réfère à la définition citée dans la première partie.

 

 

Les défenseurs du « tout anglais », et en premier lieu, les anglophones ne manquent pas d’arguments pour justifier la suprématie de la langue de Shakespeare. Étudions la pertinence de ces justifications !

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE

                  

Le sujet traité ici sera décomposé en trois parties, publiées successivement :

1°) La situation actuelle : comment s’articule l’emploi des langues dans les institutions européennes ?

2°)Quelles explications, officielles et officieuses, avance-t-on pour justifier l’hégémonie de l’anglais ?

3°) Quelles solutions pour revenir à une situation plus équitable des langues au sein de ces institutions, et notamment du français ?

Waouh ! Quelle mouche m’aurait donc piqué pour utiliser, dès le titre et d’une manière qui pourrait apparaître péremptoire, un mot aussi fort, aux sinistres résonances, le mot « racisme » ?

A l’origine, l’article devait s’intituler : Y a-t-il un racisme linguistique de l’Europe ? Mais au fur et à mesure de l’écriture de cette réflexion, la forme déclarative s’est imposée. Derrière l’écran de fumée des belles déclarations, écrites ou orales, se cache, en effet, une réalité qu’il faut bien dévoiler et appeler de son vrai nom…

TOUTE L’ACTUALITE 2115 DE LA FRANCOPHONIE EN UN SEUL CLIC !

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Yacine Wart’hing, directeur de la rédaction

L’anglais dans l’enseignement supérieur : l’exemple des Pays-Bas

     En 2013, l’un des articles les plus controversés de la rénovation de l’enseignement supérieur en France impulsée par Mme Fioraso portait sur l’introduction des langues étrangères comme langue d’enseignement dans les universités françaises. En fait, tout le monde comprenait qu’il s’agissait de l’introduction de l’anglais purement et simplement. Avec une mauvaise foi outrancière sur une supposée faible attractivité de notre pays – un mensonge, comme cela sera montré ci-dessous -,  Mme Fioraso justifiait ainsi cette anglicisation :

«  Sans cours d’anglais, nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table ».

Malgré une mobilisation importante, cet article fut adopté. Remarquons au passage le mépris de cette dame pour les sciences littéraires, mépris à l’égard de Proust au moins aussi significatif que celui de M. Sarkozy envers Mme de Lafayette et de sa fameuse Princesse de Clèves. Notons aussi – mais curieusement, cela n’était pas mentionné en 2013 lors des débats – , qu’en 2012, la France se classait au troisième rang mondial pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis dans l’enseignement supérieur  : 289 000, en augmentation de 49% sur cinq ans (Source : http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/48/7/DEPP-RERS-2013-etudiants_266487.pdf ), derrière les États-Unis ( 709 000 ) et le Royaume-Uni ( 419 000 ). Rapporté à la taille de la population, notre pays attirait donc plus d’étudiants que les États – Unis ! Et cela, malgré un climat peu propice à l’attractivité du pays : ainsi depuis 2009, les ministres de l’Intérieur, M. Brice Hortefeux puis M. Claude Guéant, défendaient une politique farouchement anti-immigrés, avec des délivrances de visas très restrictives, des refoulements aux frontières claironnés haut et fort, même à l’étranger et en particulier dans les pays francophones.

Il est trop tôt pour tirer le bilan de la nouvelle orientation linguistique de notre enseignement supérieur. Dans 10 ans peut-être ? Cependant, d’autres pays nous ont précédés dans cette direction et notamment les Pays – Bas dès le début des années 90. Le recul de 20 ans permet de faire, pour ce pays, les premiers constats.

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