EDUCATION FIRST, puissant lobby anglophile

 

                                   Tous les ans, un peu avant la rentrée scolaire de septembre, avez-vous remarqué comme les médias s’en donnent à cœur joie pour critiquer l’Ecole ? C’est l’occasion de mettre en valeur les évaluations PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis), toujours plus déprimants à les lire. Bien sûr, on passera sous silence que la France reste dans la moyenne des pays évalués. Pourtant, contrairement à la plupart des autres pays de l’OCDE par exemple, même les plus touchés par la crise de 2008, les conditions de travail s’y sont dégradées et sont parmi les pires : salaires en baisse nette et relative, nombre plus élevé d’élèves par classe, formations continues inexistantes, etc.

                                                                 L’ enseignement des langues n’échappe pas à des comparaisons  forcément désobligeantes : les Français seraient parmi les mauvais élèves de l’Europe. Bien sûr, pas un mot sur le niveau des Anglais (ou des Anglo-saxons en général) en langues étrangères… Implicitement, on les exclut de toute comparaison puisqu’ils sont « en haut de l’échelle » grâce à la puissance de diffusion de leur langue…  Il faudrait un jour s’interroger sur les impacts psychologiques, individuels ou collectifs, qu’une telle hiérarchie implique sur les relations humaines ou inter-étatiques ; mais cela dépasse mon champ de compétences !

                                                                        Parmi toutes les critiques de notre système scolaire, l’une s’invite régulièrement depuis quelques années dans les journaux : les interventions d’une entreprise commerciale, Education First.

Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

Benoît Hamon ne tient pas à répondre en anglais sur France Info

30 Mar, 2017

Ce matin, en allant au travail, j’entends Benoît Hamon sur France Info avec Jean-Michel Apathie. Moment d’anthologie, apparemment, France Info rediffuse une minute avant la fin de l’émission un extrait d’un enfant qui avait interrogé Benoît Hamon en anglais dans une école :

L’enfant (Teddin ?) « Do you think that leaving the government hurt your image or made you look like someone disloyal ? »

Benoît Hamon : « Est-ce que j’ai été déloyal, est-ce que… »

L’enfant : « In English please »

Benoît Hamon : « Non, je vais répondre en français si tu veux bien parce que… à cette excellente question dans un excellent anglais. »

Dans la suite de l’entretien, les journalistes relancent donc cette question, avec l’un des deux qui ajoute successivement : « improve your English » (améliore ton anglais) et « just do it ». Passablement agacé, je me suis penché sur les raisons de cet énervement. Analysons.

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (troisième partie)

Les précédentes parties ont montré qu’il existe bien un racisme linguistique au sein des institutions européennes. Certains pourraient penser malgré tout que l’expression reste abusive. Il nous manque en fait un mot qu’il faudrait inventer : le « languisme » ? Par commodités cependant, et aussi parce qu’il a été montré que la définition du mot « racisme » s’applique à la situation actuelle des langues au sein de l’UE, nous continuerons d’utiliser les termes « racisme linguistique ».

Nous savons désormais que cette réalité n’est en rien naturelle et qu’elle est d’abord et avant tout le résultat de décisions politiques prises notamment sous l’effet d’influences néo-libérales, très prégnantes depuis 30 ans. Une inflexion est donc possible et nous ne sommes pas condamnés à subir cette fatalité. C’est plutôt une bonne nouvelle !

Mais alors, que faire ? Que pouvons-nous espérer obtenir à court et moyen terme, de manière raisonnable et sans se bercer d’illusions, car nous savons que le combat sera difficile ? Esquissons quelques débuts de réponses…

 

 

LE RACISME LINGUISTIQUE DE L’UNION EUROPEENNE (2 ième partie)

 

Après avoir tracé une géographie de l’utilisation des langues au sein des institutions européennes, géographie qui démontre une hostilité croissante de l’U.E. à l’égard des langues de travail autres que l’anglais, nous allons cerner les explications, officielles mais surtout officieuses, d’un tel comportement. Nous découvrirons alors que le mot « racisme » n’est sans doute pas exagéré, si l’on se réfère à la définition citée dans la première partie.

 

 

Les défenseurs du « tout anglais », et en premier lieu, les anglophones ne manquent pas d’arguments pour justifier la suprématie de la langue de Shakespeare. Étudions la pertinence de ces justifications !

Réflexions sur les freins à l’attractivité de la langue française

Pourquoi le français souffre d’un déficit d’image en France, et plus généralement dans le monde occidental ? Pourquoi lui préfère-t-on bien souvent l’anglais ? Comment se fait-il, par exemple, que l’on connaisse en France la chanteuse colombienne Shakira par l’intermédiaire de sa carrière aux États-Unis en anglais, alors qu’elle chantait d’abord en espagnol ? On pourrait également se poser la question pour l’économiste français Thomas Piketty, dont la reconnaissance américaine a propulsé sa carrière. Doit-on attendre que quelqu’un qui s’exprime dans une langue autre que l’anglais soit reconnu aux États-Unis pour s’y intéresser ?

Voici quelques pistes de réflexions que j’ai développées après avoir pris connaissance d’un reportage sur la Russie.

Le russe en Russie ? Shocking !

Un article intéressant chez nos confrères de l’AFRAV : le 31 janvier, un reportage de France 2 présentait des étudiants français en Russie. Le journaliste parle d’un « écueil de taille » : la langue russe. Personnellement, cette remarque ne me choque pas : parler une langue étrangère est difficile. Mais cela prend un tout autre éclairage lorsqu’on entend la remarque d’un étudiant comme quoi dans les grandes mégalopoles (il cite Londres, New-York), « on va tout voir en anglais, tout comprendre tout de suite » (le lien de cause à effet est implicite) et de rajouter « qu’en fait, on se rend vite compte, en fait tout est en russe ici ». On est d’accord : apprendre une langue étrangère, c’est difficile, mais on est surpris par la suite : c’est d’autant plus difficile que l’environnement n’est pas anglophone à Moscou, comme si cela était surprenant. Cette remarque innocente révèle quelque chose de plus profond quant à notre vision de la langue anglaise.

Analysons : ce petit reportage met le doigt sur quelque chose qui paraîtrait évident maintenant, à savoir que l’on s’attend lorsque l’on va « à l’étranger », à pouvoir vivre au quotidien grâce à l’anglais. Et c’est un peu vrai.

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