Comment la City anglicise la France… grâce aux Français

(Publié sur lefrançaisenpartage le 01-07-2013)

Les ponts culturels

D’après le site du Ministère des Affaires Etrangères, 1 611 054 Français sont établis à l’étranger. Vivre à l’étranger amène à s’intégrer à la nouvelle société, à apprendre sa langue de par ses voisins, son travail, son environnement. Ces Français qui vivent à l’étranger sont comme des ponts entre deux cultures car en plus des nouvelles personnes qu’ils rencontrent, ils entretiennent des liens avec leurs amis et famille qu’ils laissent en France.

Ainsi, les immigrés portugais, espagnols et italiens hier, marocain, algérien, et portugais (encore !) aujourd’hui amènent un peu de leur culture chez nous et partagent un peu de la nôtre chez eux. Il faut imaginer que, vu le nombre total de Portugais au Portugal (environ 10,5 millions) et en France (1,24 millions pour les immigrés et leurs enfants), la plupart des Portugais ont un cousin en France, ce qui a forcément une influence sur la diffusion du français au Portugal (voir à ce propos la BD de Pedrosa : Portugal, dans laquelle quelques personnes que rencontre le héros au Portugal parlent courament le français car ayant vécu en France). Idem pour l’Algérie ou le Maroc. C’est le phénomène de relai culturel ou relai linguistique.

L’effet de ces ponts culturels est d’autant plus renforcé lorsque la langue du pays d’accueil est aussi une langue d’apprentissage dans le pays de départ.

Projet de Loi Fioraso, l’analyse (sur l’article 2)

(publié sur lefrançaisenpartage le 23-05-2013)

Faute de temps, je n’ai fait que relayer quelques réactions sur l’article 2 du projet de loi Fioraso, concernant l’extension des possibilités d’enseigner en anglais à l’université. Il semble que le débat gagne en ampleur et qu’enfin certains dirigeants politiques et syndicaux s’emparent du débat. Cela a au moins le mérite de mettre le débat sur la langue française et sa promotion (plutôt défense dans ce cas précis) sur la table. Le combat est pourtant loin d’être gagné, car le niveau des connaissances des enjeux est très faible et ce projet risque de passer grâce à de vagues idées à partir desquelles on passe en raccourci à des conclusions hâtives (il faut parler anglais pour réussir ; il ne faut pas se fermer, mais s’ouvrir, ne parler que français, c’est se fermer, il faut donc ouvrir des universités en France au cursus entièrement anglais). Les arguments qui sont médiatisés sont assez faibles d’un côté et de l’autre, il faut donc faire connaître les vraies enjeux et affûter nos arguments. Si les intentions sont louables, les modalités sont très discutables, voici pourquoi.

Que dit le projet de loi Fioraso ?

Pour bien comprendre les enjeux, je vais devoir contextualiser un peu. Le projet de loi Fioraso complète et amende le texte décrivant les « Missions de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche » ; ce texte est le cadre de notre politique de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mme Fioraso souhaite donc « mettre à jour » ce texte pour s’adapter aux réalités modernes.

L’anomalie anglophone de l’Union Européenne

(Publié le 26-04-2012 sur lefrançaisenpartage)

Le français et l’allemand étaient les langues de l’Europe à ses débuts. Depuis que le Royaume-Uni est rentré dans l’Europe en 1973, l’anglais y a aussi pris sa place, et est devenu hégémonique depuis l’entrée des pays scandinaves dans les années 90. Quasiment 90% des textes européens sont rédigés en anglais, même nos représentants à Bruxelles s’expriment souvent en anglais quand bien même le français est langue officielle et fondatrice. On ne leur en demandait pas autant !

Cela doit impérativement cesser et au plus vite. Pour plusieurs raisons :

– les Britanniques n’aiment pas l’Europe, et ne la voient que comme une façon de servir leurs intérêts. Quand l’Allemagne et la France contribuaient à la construction de l’Europe et à son financement, Margaret Thatcher disait qu’elle voulait qu’on lui rende son argent (« I want my money back ! »). Autrement dit, elle ne voulait pas payer plus qu’elle ne recevait, ce qui est pourtant le B.A.BA de la solidarité quand on est dans un groupe et que l’on est plus riche que la moyenne.

L’Europe s’est donc anglophonisée (voir par exemple ici pour l’association AFRAV, ou ici pour l’association COURRIEL), la France avec, mais on ne comprend pas bien qui a donné le feu vert à cela, quel est le mandat démocratique de nos élites qui sont censées nous représenter et qui s’expriment en anglais et imposent l’anglais en France (il faut voir le nombre de lois votées en ce sens).

L’humeur du jour : l’anglicisation vécue comme une injustice

L’humeur du jour : l’anglicisation vécue comme une injustice

4 Avr, 2012

(publié le 04-04-2012 sur lefrançaisenpartage)

Je vous propose ci-dessous une relecture de l’histoire très personnelle à l’aune des évènements qui ont participé à l’histoire (et la géographie) de la langue française, et pas du tout exhaustive. Ça explique quand même pas mal de choses, je trouve !

La France révolutionnaire face à l’Europe

Comme beaucoup d’écoliers, je me suis passionné tout petit pour l’histoire de France, celle de l’Empire Romain aussi. L’histoire des conquêtes, les cartes colorées aux couleurs de la France. Je me rappelle du plaisir que j’ai eu à apprendre l’histoire de la Révolution : celle-ci s’opposait au Roi et se faisait au nom du peuple. Ensuite, j’appris que la quasi totalité des royaumes d’Europe se sont abattus sur la France qui était déjà en guerre civile. L’Angleterre jouait constamment contre la France et soulevait des coalitions. Malgré l’adversité, les armées révolutionnaires ont repoussé les envahisseurs et ont même conquis la majorité de l’Europe. Grand moment pour un enfant d’apprendre que son pays a connu une telle grandeur. Ensuite, on apprend que tout n’est pas aussi simple que cela, qu’il y a eu des pillages, on réalise qu’il y a eu des abus mais il reste quand même le plaisir d’avoir triomphé du fatalisme et d’avoir « exporté » notre révolution puisque l’Europe n’a plus été la même après cela.

Chronique d’Eric Zemmour sur le français et l’apprentissage de l’anglais

(Publié sur lefrançaisenpartage le 15-03-2012)

Voici une chronique très synthétique d’Eric Zemmour sur les enjeux de l’apprentissage de l’anglais :


Eric Zemmour : « L’insupportable domination de l… par rtl-fr

Cette vidéo est pour moi l’occasion de revenir sur une vieille polémique bien hypocrite : les français sont nuls en langues étrangères. Cette conclusion un peu hâtive découle les trois quarts du temps de l’étude européenne PISA que l’on cite en argument pour justifier le propos.

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