Charabias aux championnats !

Du jeudi 17 décembre au samedi 19 décembre 2015 se sont déroulés à Épinal les championnats de France de patinage sur glace Élite. Je suis tombé par hasard, un peu avant le début des épreuves, sur une feuille distribuée par la patinoire municipale et destinée au grand public.

Dès la lecture du titre, je me suis demandé si les organisateurs étaient conscients qu’il s’agissait de championnats de France se déroulant en France. En parcourant le tableau des épreuves – formulation qui me semble plus compréhensible pour un francophone que celle figurant sur la feuille-, j’ai repéré plusieurs expressions anglaises qui, pour un non-initié, n’ont aucune signification. Plutôt que d’en faire un inventaire, je préfère vous livrer une photographie du tableau des épreuves, ainsi que la lettre que j’ai adressée aux organisateurs (l’adresse indiquée sur ce blogue est volontairement fantaisiste).

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Les néologismes et les emprunts

 Lorsque l’on s’intéresse aux anglicismes, on s’intéresse forcément un jour où l’autre à la création de nouveaux mots (néologismes), car derrière les emprunts se cache une incapacité à créer ou imposer un mot français équivalent. Pourquoi les anglicismes arrivent-ils en français si facilement, pourquoi est-on (apparemment) incapable de faire prévaloir des équivalents français ?

Pour répondre à ces deux questions, il faut s’intéresser aux facteurs qui amènent à la création de mots.

1) Le besoin

Lorsque l’on crée un mot, c’est tout d’abord pour répondre à un besoin ; c’est le facteur le plus évident. Je vois un nouvel objet et je veux en parler. Ou j’ai élaboré une nouvelle recette et je veux en parler. Plutôt que de devoir décrire l’objet par une périphrase (le plat qui a des couches d’aubergines, avec de la viande de mouton, etc…), je lui donne un nom (la moussaka), je le baptise.

2) L’isolement

Un mot, c’est une convention. Cela s’appelle « moussaka » ou « ordinateur », ça pourrait s’appeler « auberginade » ou « opérateur ». Il y a un moment où un mot s’est imposé plutôt qu’un autre car si chacun invente des mots différents, on arrive à des problèmes de communication.

La MAIF nous répond

(Article publié sur lefrançaisenpartage le 12-12-2013)

J’avais interpellé la MAIF sur leur choix d’utiliser l’appellation anglophone « MAIF First » pour désigner un contrat d’assurance, me présentant comme adhérent d’une association de défense du français pour qu’il n’y ait pas de malentendu. J’avais pris soin d’expliquer que c’était plus dans un souci de comprendre que dans un souci de stigmatiser, comprendre pour faire ressortir les mécanismes de l’anglicisation.

La MAIF m’a répondu par l’intermédiaire de son délégué départemental et je leur ai demandé l’autorisation de publier la réponse, ce qu’ils viennent d’accepter ! Cela confirme en un sens ce que je pense : l’anglicisation est une machine avec des rouages puissants qui laisse les individus, aussi militants soient-ils, impuissants. Au final, tout le monde est d’accord sur le constat, à peu près, mais personne ne sait comment arrêter la machine… quelle étape après ?

Voici donc ci-dessous leur réponse, puis ma réponse à leur réponse :

Cher sociétaire,

L’anglodétecteur vibre dans la presse française

(publié le 30-04-2012 sur lefrançaisenpartage)

Le magazine Le Point passé à l’anglo-détecteur

J’avais déjà évoqué le nombre de publicités en anglais (et non pas avec des anglicismes, nuance) dans les journaux, dans un précédent article. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire une étude sérieuse de ce phénomène en achetant des journaux de la presse hebdomadaire pour faire un relevé et des statistiques. J’ai donc acheté un exemplaire de l’hebdomadaire Le Point du jeudi 26 avril 2012 ainsi qu’un exemplaire du Nouvel Observateur de la même semaine.

Description du numéro de l’hebdomadaire Le Point :

il comprend 152 pages (hors couverture et quatrième de couverture), dont 51 pages contenant une publicité, dont  38 sur page entière. Je n’ai pas inclus les annonces immobilières du Point (3 pages) ni les pages modes, celles-ci étant choisies non par des annonceurs mais par l’hebdomadaire, ni les communiqués pour la visite des pays (Autriche, Haïti) qui ressemblent plus à des articles qu’à des publicités.

Liste des phrases anglaises

Voici toutes les phrases anglaises ou dans une autre langue référencées sur ces pages publicité. Je précise : ce ne sont pas les anglicismes (mots anglais utilisés dans une phrase française) mais les phrases entièrement en anglais. C’est un peu fastidieux comme liste, mais ça a le mérite d’être précis :

« Unconventional Chic » (Lacoste)

Faut-il traduire tous les mots anglais ?

(Publié sur lefrançaisenpartage le 23-03-2012)

Sous ce titre se cache une question que Fabien Magnenou, l’un des journalistes du site Newsring (eh oui…),  m’a soumise à l’occasion de la journée de la francophonie (mardi 20 mars). Voici le texte que je lui ai envoyé :

Faut-il traduire tous les mots anglais ?

« Au vu des nombreux termes anglais qui nous entourent (y compris sur newsring !), la question se pose effectivement. Doit-on traduire le nom des magasins (tels les Québécois qui traduisent Kentucky Fried Chicken en Poulet Frit du Kentucky), des films ? Doit-on dire courriel au lieu de mail ? Est-ce un combat perdu d’avance, représenté par un législateur qui essaie d’endiguer le flot d’un fleuve avec un dictionnaire ?

Combat perdu d’avance ? Pas si sûr. Mr Cerquiglioni, qui s’occupait de la Délégation à la Langue Française devait expliquer à quoi celle-ci servait à Mr François Mitterrand.

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