GUERRE DES LANGUES EN SUISSE ALEMANIQUE

Nous avons souvent évoqué sur ce blogue la guerre que se livrent les langues dans différentes parties du monde. Ainsi, les Anglo-saxons saxons tentent-ils de substituer l’anglais au français en Afrique, avec succès au Rwanda et de manière de plus en plus appuyée dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Mais cette confrontation entre le français et l’anglais se joue aussi aux portes de la France, plus précisément en Suisse alémanique (germanophone). Cette situation de « tension linguistique » n’est pas nouvelle mais elle s’est réaffirmée dernièrement, dimanche 21 mai 2017, sur ce territoire helvétique à l’occasion d’un référendum organisé dans le canton de Zurich. La question posée était : faut-il continuer à enseigner deux langues autres que l’allemand dans le primaire ? Le vrai enjeu implicite était en fait : faut-il continuer à enseigner le français en primaire ou garder uniquement l’anglais ?

Pour comprendre les enjeux, un résumé de la situation de l’apprentissage des langues en Suisse s’impose.

Nos pires ennemis

Pour commencer, un petit quiz :

a) Quelle structure gouvernementale s’occupe de la francophonie en France ?

b) Quel journal télévisé a parlé du rapport de M Pouria Amirshahi ?

c) Quel homme connu des politiques a communiqué récemment au Président de la République un énième rapport sur la francophonie ?

Les réponses sont à la fin de cet article. Cependant, parions que peu de personnes pourront répondre à une de ces questions. Les Français ont été incapables de mener jusqu’à présent une politique francophone véritablement dynamique. Pourquoi une telle inertie en France, une telle incapacité à saisir les enjeux de la Francophonie ? Qu’est-ce qui « coince » chez nous ?

La réponse m’est clairement apparue cet été…

 

Baisse de la maîtrise de la lecture en France et heures d’enseignement

(Article publié le 13-12-2012 sur lefrançaisenpartage)

Une étude vient de sortir, le couperet est tombé : le niveau de maîtrise de la lecture ne cesse de baisser en France. Cette nouvelle est étrangement absente des sites en ligne du Point et du Figaro. Problème de méthode selon Le Monde, il faut tirer profit des expériences dans les pays qui ont réussi et « au-delà des moyens, indispensables, cela suppose des méthodes, efficaces ». Libération donne la parole à Vincent Peillon qui vante « le bien-fondé de sa Refondation de l’école, avec sa priorité donnée au Primaire et la réforme de la notation « pour redonner confiance aux élèves » ».

Question de méthode, inhibition des élèves… ces analyses font craindre le pire : doit-on changer de méthode à chaque gouvernement ? Doit-on fermer les yeux sur les erreurs des élèves sous prétexte de ne pas les inhiber ? Ces réflexions ne sont-elles pas le résultat d’un prêt-à-penser psychologique qui nie la valeur du travail ?

La solution nous apparaît pourtant limpidement, pour peu que l’on mette certaines données sur la table. Regardons du côté des horaires d’enseignement du français et leur évolution.

En primaire :

Niveau / Années 1923 1938 1945 1956 1969 1977 1985 1995 2002
CP 17h30 15h30 15h 15h 10h 9h 10h 9h 11h
CE1 14h30 13h30 13h45 11h30 10h 9h 9h 8h* / 9h 9h/10h
CE2 14h30 13h30 13h45 11h30 10h 9h 8h 7h30* / 9h 6h* /7h30
CM1 12h00 11h 10h45 9h 10h 9h 8h 7h30* / 9h 6h* /7h30
CM2 12h00 11h 10h45 9h 10h 9h 8h 7h30* / 9h 6h* /7h30

* si enseignement de langue vivante

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