Les rendez-vous manqués du français avec l’histoire – 3 – Le Saint-Laurent et la région des Grands Lacs

1763, date terrible pour l’histoire de la Nouvelle-France puisqu’elle en signe la disparition continentale. Après la guerre de 7 ans, la France négocie pour conserver les îles à sucre (Haïti, Guadeloupe, Martinique) mais cède toute la partie continentale. Elle garde cependant l’île à morues, Saint Pierre-et-Miquelon. A l’époque, l’argent provenant des profits réalisés à Haïti permettait de boucler le budget de l’Etat français. La prospérité amenée par ces îles était considérable. Economiquement, ce n’était pas forcément un mauvais calcul du point de vue de l’époque. On connaît le refrain du Canada, que Rousseau évoque dans Candide en parlant des quelques « arpents de neige » du Canada. On connaît aussi la suite.

Aujourd’hui, on va imaginer les conséquences d’une décision alternative : la France se préoccupe davantage du Nouveau-Monde pendant la guerre de 7 ans ou après. Plusieurs scénarios sont possibles. Bien sûr, on peut affirmer que si l’histoire ne s’est pas déroulée autrement, c’est que ce n’était pas possible, mais parfois l’histoire tient à peu de choses et on va imaginer des petits rouages dans l’histoire telle qu’on la connaît.

Les centres du monde, les centres d’un monde

Je réponds ici à deux points du deuxième commentaire de l’article de Marc intitulé : Défense de la langue française, l’anomalie coupable. Ce texte est trop long pour être inséré dans le fil des commentaires de l’article précédent

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Centre du monde, centre d’un monde : Les mondes dominés par la France ou par l’Angleterre

Quand on naît dans un monde dominé par la France, on doit avoir une sorte d’orgueil, qui ne peut plus exister de la même façon que lorsque l’on naît dans un monde dominé par l’Angleterre.

S’il est vrai que l’orgueil que l’on ressent, en tant que Français, est différent de celui que peut ressentir un Britannique par rapport à son Empire, il n’en est pas moins vrai qu’il y a d’autres lieux où l’on se trouve au centre du monde.

Lorsque l’on se promène dans les rues de Londres, en arrivant de Paris, le Français voit immédiatement qu’il passe du centre de gravité d’un monde à un autre.

Le choc des civilisations en photo

 [Article initialement publié sur le Forum dans la catégorie Géopolitique et Francophonie le 5 Décembre 2013]diplomates3

À Genève, le 24 novembre dernier, les ministres des affaires étrangères de France, de Chine, des États-Unis d’Amérique, d’Iran et de Russie ont négocié un accord international sur le dossier nucléaire iranien.
Sur la photographie, de gauche à droite, l’Iranien, le Chinois, l’Américain, le Russe et le Français.
Ce qui saute aux yeux c’est la complicité des trois compères de droite. Paul Kerry est un buddy (un copain), Serge Lavrov un tovaritch (un camarade) et Laurent Fabius un pote. Ce sont des occidentaux au sens large. On croirait voir la réincarnation de Washington et Lafayette à Mount Vernon, de Napoléon et Alexandre Ier à Tilsitt, de Kroutchev et Kennedy à Vienne.
Je ne sais si, au moment de la prise de vue, ils s’exprimaient en français mais ce dont je suis sûr, c’est qu’ils sont tous francophones. John Kerry va passer ses vacances chez son cousin Brice Lalonde à Saint Briac, station familiale en Ille-et-Vilaine, Laurent Fabius va souvent dans le Lubéron voir ses amis et Serge Lavrov à Courchevel où déambulent depuis la Pérestroïka des Natacha altières en chapka d’Astrakan.

Basculement linguistique

(Publié sur lefrançaisenpartage le 28-08-2011)

Je voudrais essayer de modéliser et compiler tous les facteurs qui suscitent le basculement linguistique, qui font qu’une personne ou un groupe de personnes passe à une autre langue, comme ce fut le cas en Irlande, exemple que je connais le mieux.

L’immigration

Tout d’abord, le cas le plus simple, celui de l’immigration : si ceux-ci s’intègrent dans un pays qui possède son unité, ceux-ci tendent à s’assimiler. Pour se faire comprendre de la majorité, il paraît évident qu’il faut en apprendre la langue. Si les immigrés n’y parviennent pas, il est cependant certain que leurs enfants seront amenés à apprendre la langue de leur terre d’adoption. Tout dépend du degré d’organisation sociétal de ce territoire. Plus un groupe d’immigrés peut vivre dans son propre système, plus il a de chance de pouvoir le pérenniser. Ainsi les colons qui sont arrivés dans les colonies américaines des futurs États-Unis ne se sont pas mélangés avec les populations autochtones (Amérindiens) mais ont établi leur propre communauté en parallèle avec ce que l’on peut appeler son âme, son centre sociétal (ensemble de valeurs, et de caractéristiques qui fondent l’identité, la cohésion d’une société : langue, lois, organisation…). Ils n’avaient donc pas à s’adapter à une communauté existante possédant sa langue propre, mais ont plutôt créé leur propre société avec ses représentants spirituels (prêtres, pasteurs…), ses représentants politiques et militaires, ses commerçants… On peut également penser aux juifs qui ont longtemps su garder leur spécificité (enseignement religieux, mariage uniquement à l’intérieur de la communauté, enseignement d’une langue, d’une tradition, d’une histoire de la communauté). Le mélange, la coexistence dans un même lieu tend à harmoniser les pratiques et les mœurs à moins d’une forte volonté de ne pas s’assimiler.

Deux approches de la colonisation en Irlande

Deux exemples pour montrer que l’immigration peut déboucher sur deux résultats complètement différents. En Irlande, des Anglais se sont installés après l’annexion de l’Irlande en 1171.

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