Nos pires ennemis

Pour commencer, un petit quiz :

a) Quelle structure gouvernementale s’occupe de la francophonie en France ?

b) Quel journal télévisé a parlé du rapport de M Pouria Amirshahi ?

c) Quel homme connu des politiques a communiqué récemment au Président de la République un énième rapport sur la francophonie ?

Les réponses sont à la fin de cet article. Cependant, parions que peu de personnes pourront répondre à une de ces questions. Les Français ont été incapables de mener jusqu’à présent une politique francophone véritablement dynamique. Pourquoi une telle inertie en France, une telle incapacité à saisir les enjeux de la Francophonie ? Qu’est-ce qui « coince » chez nous ?

La réponse m’est clairement apparue cet été…

 

L’anglais dans l’enseignement supérieur : l’exemple des Pays-Bas

     En 2013, l’un des articles les plus controversés de la rénovation de l’enseignement supérieur en France impulsée par Mme Fioraso portait sur l’introduction des langues étrangères comme langue d’enseignement dans les universités françaises. En fait, tout le monde comprenait qu’il s’agissait de l’introduction de l’anglais purement et simplement. Avec une mauvaise foi outrancière sur une supposée faible attractivité de notre pays – un mensonge, comme cela sera montré ci-dessous -,  Mme Fioraso justifiait ainsi cette anglicisation :

«  Sans cours d’anglais, nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table ».

Malgré une mobilisation importante, cet article fut adopté. Remarquons au passage le mépris de cette dame pour les sciences littéraires, mépris à l’égard de Proust au moins aussi significatif que celui de M. Sarkozy envers Mme de Lafayette et de sa fameuse Princesse de Clèves. Notons aussi - mais curieusement, cela n’était pas mentionné en 2013 lors des débats – , qu’en 2012, la France se classait au troisième rang mondial pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis dans l’enseignement supérieur  : 289 000, en augmentation de 49% sur cinq ans (Source : http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/48/7/DEPP-RERS-2013-etudiants_266487.pdf ), derrière les États-Unis ( 709 000 ) et le Royaume-Uni ( 419 000 ). Rapporté à la taille de la population, notre pays attirait donc plus d’étudiants que les États – Unis ! Et cela, malgré un climat peu propice à l’attractivité du pays : ainsi depuis 2009, les ministres de l’Intérieur, M. Brice Hortefeux puis M. Claude Guéant, défendaient une politique farouchement anti-immigrés, avec des délivrances de visas très restrictives, des refoulements aux frontières claironnés haut et fort, même à l’étranger et en particulier dans les pays francophones.

Il est trop tôt pour tirer le bilan de la nouvelle orientation linguistique de notre enseignement supérieur. Dans 10 ans peut-être ? Cependant, d’autres pays nous ont précédés dans cette direction et notamment les Pays – Bas dès le début des années 90. Le recul de 20 ans permet de faire, pour ce pays, les premiers constats.

La loi Fioraso et le détricotage du territoire français

Article initialement publié sur le Forum de la voix francophone dans la rubrique Géopolitique et Francophonie du 24/05/2013.

La loi Fioraso permet l’introduction de l’enseignement de langues étrangères dans l’enseignement supérieur.

Les débats actuels tournent beaucoup autour de la langue anglaise.
Mais il ne faut pas négliger l’usage, que pourront faire certains, des autres langues européennes. Dans le sens des aiguilles d’une montre, je pense au flamand, donc au néerlandais, qui pourrait servir de support de cours à l’université de Lille ; à l’allemand pour les universités de Strasbourg et de Metz ; au suisse alémanique, donc à l’allemand, pour l’université de Besançon ; à l’italien, pour les universités de Chambéry et de Nice, à l’espagnol pour les universités de Toulouse, Montpellier ; au basque pour l’université de Bordeaux ; au breton pour les universités de Rennes et de Brest ; et pour clore ce cercle géolinguistique, à l’anglais pour l’université de Caen.
Que se passerait-il alors ?

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