NdL 5 – L’anglais en entreprise

Suite de mes commentaires et notes de lecture (NdL) sur l’excellent livre d’Yves Montenay et Damien Soupart : La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation. Aujourd’hui, nous réfléchirons sur la place des langues dans les entreprises et son usage parfois contre-productif. Quelles sont les raisons qui expliquent la progression de l’anglais en leur sein, parfois au détriment du bon sens au vu des coûts ? En effet, afin de maîtriser les coûts de la formation en anglais, il faut définir des objectifs précis en se posant les questions : l’anglais pour quoi faire ? pour qui ? quel niveau est requis ? plutôt que de se contenter d’un trop général « il faut parler anglais » qui est une source de stress et d’infériorisation des salariés français.

 

L’usage de l’anglais en entreprise

L’usage de l’anglais se répand dans le monde de l’entreprise et de l’enseignement en France et en Europe. Une dynamique est à l’oeuvre, c’est certain, mais est-elle efficace ? Pourrait-on faire autrement et mieux ?

NdL 4 – Organiser le passage à l’anglais

Quatrième volet de mes notes de lecture sur La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation. Aujourd’hui, je m’attaque à l’idée que certains peuvent avoir que le basculement à l’anglais des pays ayant le français comme langue officielle est souhaitable. Un cas d’école est celui de Madagascar, mais on aurait pu parler de l’Algérie également, qui a tout fait pour éliminer le français sous la pression des « identitaires » pendant que les élites plaçaient leurs enfants dans les écoles françaises. Les lecteurs fidèles de ce blogue sont familiers de ce genre d’argument, mais ils y trouveront néanmoins des arguments inédits.

 

La difficulté de passer à l’anglais

« Ce serait un gigantesque chantier, et les pays qui se sont lancés dans un changement de langue savent que ça prend trois générations, le temps que tous les formateurs, parents compris, parlent correctement la nouvelle langue. » Et encore, ce serait faisable avec une contrainte très forte, comme en Bretagne où l’on a tenté de le chasser de façon violente : il était exclu des cours de récréation et en classe sous peine de châtiment. On a du mal à imaginer qu’à notre époque, des Français accepteraient que leurs enfants se fassent taper sur les doigts ou humiliés parce qu’ils ne parlent pas anglais dans la cour de récréation ; s’il y a un snobisme à utiliser des anglicismes, il n’y a pas de pression sociale à le parler quotidiennement. L’anglais reste une langue que l’on souhaite apprendre dans le cadre scolaire, pas pour le parler chez soi et remplacer le français.

Idée reçue : l’anglais est une langue facile

(Publié le 11-12-2010 sur lefrançaisenpartage)

A propos de l’anglais, j’ai l’impression que l’on mélange souvent cause et conséquence : l’anglais est la langue la plus facile sinon, pourquoi tout le monde le parle ? Pourtant, au XVIIIe et début XIXe, c’est ce que l’on disait du français, que c’était la langue la plus facile à apprendre (ce n’est pas (que) les Français qui disaient cela) et que c’était pour cela que tout le monde le parlait (dans les cours et les milieux aisés ; en Russie, Prusse, Angleterre). Aux États-Unis, au XIXe et au début du XXe siècle, une fille de bonne éducation devait savoir jouer du piano et parler le français.
Le français est toujours une des langues de la diplomatie : c’est l’une des deux langues de travail de l’ONU, une des trois langues de travail de l’Europe (mais en forte régression depuis 10 ans, depuis l’entrée des pays scandinaves dans l’UE, c’est vrai), et une des langues d’à peu près toutes les institutions internationales.
Si l’anglais est devenu si important, ce n’est pas parce que c’est une langue facile : elle est facile à écrire, mais beaucoup plus complexe lorsqu’il s’agit de se faire comprendre par des anglophones, à cause de l’accentuation, chose qu’un Français a du mal à maîtriser car le français, tout comme l’allemand, n’est pas une langue à accent tonique.
L’anglais est devenu important pour deux raisons : la réussite économique des États-Unis, tout d’abord, et deux guerres mondiales qui ont provoqué le déclin relatif de la France et de l’Angleterre ; l’anglais aurait donc régressé autant que le français si les États-Unis n’étaient pas là pour prendre la relève du leadership. D’ailleurs de plus en plus, on apprend et fait apprendre l’anglais des États-Unis (cf les instructions officielles pour les professeurs d’anglais) quand il y a encore 15 ans, on se focalisait sur la RP (received prononunciation, l’accent d’Oxford).

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