NdL 6 – Le français comme langue africaine

Suite et fin de mes commentaires et notes de lecture (NdL) sur l’excellent livre d’Yves Montenay et Damien Soupart : La langue française : une arme d’équilibre de la mondialisation. Aujourd’hui, nous réfléchirons sur la place des langues dans les entreprises et son usage parfois contre-productif. Quelles sont les raisons qui expliquent la progression de l’anglais en leur sein, parfois au détriment du bon sens au vu des coûts ? En effet, afin de maîtriser les coûts de la formation en anglais, il faut définir des objectifs précis en se posant les questions : l’anglais pour quoi faire ? pour qui ? quel niveau est requis ? plutôt que de se contenter d’un trop général « il faut parler anglais » qui est une source de stress et d’infériorisation des salariés français.

Vers le français langue Africaine ?

Entre défaitisme et optimisme excessif, la réalité du français en Afrique obéit à des phénomènes complexes. Son usage est courant dans le Maghreb, il est langue maternelle dans certaines métropoles autour du golfe de Guinée : « Comme par ailleurs la scolarisation en français est relativement complète et ancienne près des côtes du golfe de Guinée et dans les capitales des pays riverains, donc justement là où il y a des « petites » langues (250 au Cameroun), c’est dans ces régions que le français est devenu la langue de la rue, très souvent de la famille, et de plus en plus la langue maternelle d’une grande partie de la population, comme on peut le constater dans les agglomérations d’Abidjan, de Douala et de Yaoundé. » p. 195

NdL 2 – le français au XIXe siècle et au XXe siècle

Suite de ma sélection d’extraits et de mes notes de lecture (NdL) avec mes commentaires sur l’ouvrage d’Yves Montenay et Damien Soupart : La langue française : une arme d’équilibre face à la mondialisation. Aujourd’hui, la situation du français au XIXe et XXe siècle : nous verrons quels bouleversements mondiaux méconnus ont secoué l’hégémonie de la langue française.

Au XIXe siècle

 « Les Prussiens, fiers de leur armée « modèle », se levèrent à l’appel de leur reine contre Napoléon. Rapidement et sévèrement battus (Iéna et Auerstedt, 1806), leur territoire occupé par un ennemi à l’opposé de leurs traditions, ils furent profondément humiliés. A Leipzig, en 1813, ce début de sentiment national allemand et antifrançais fait basculer du côté austro-prussien les Saxons et les Wurtembergeois qui abandonnent Napoléon en pleine bataille. » (p. 43) Napoléon n’a pas su prendre la mesure du changement d’époque, il était resté dans le modèle du XVIIIe siècle où les états ne correspondaient pas à des nations (ce qui est toujours le cas au XIXe) mais où cela commence à poser sérieusement problème : en Espagne et en Prusse notamment. Au XVIIIe siècle, des rois pouvaient payer des armées de mercenaires d’autres pays, l’identité nationale n’était pas encore centrale. Il faudra attendre le XXe siècle pour aller jusqu’au bout de cette logique avec le remodelage de l’Europe sur le modèle d’une Europe des nations. Fin de l’Autriche-Hongrie, empire multiculturel anachronique, génocide des juifs, peuple dispersé sur plusieurs pays sans en avoir vraiment aucun à eux, etc… La révolution française aura fait naître le sentiment national dans de nombreux pays, par exportation de la révolution ou par réaction (rassemblement autour d’une identité face à l’envahisseur). Cela aura néanmoins contribué au prestige de la langue française, associée aux droits de l’homme et aux combats contre les puissants. En s’appuyant sur ce même sentiment patriotique naissant, Napoléon aurait d’ailleurs pu favoriser l’émergence d’un vrai état polonais, qui aurait été un allié aux intérêts communs (menace russe, démantèlement par les Russes, la Prusse et l’Autriche-Hongrie) ; l’Irlande aurait également pu être un allié de poids, l’Angleterre, menacée, s’est empressée de signer un acte d’union (1801) suite à deux essais d’invasion / libération par la France et des Irlandais.

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Yacine Wart’hing, directeur de la rédaction

Nombre d’apprenants du français dans le Monde

carte apprenants

 

Cette carte (également extraite du rapport la langue française dans le monde 2010) indique clairement où se situeront les locuteurs du français demain. C’est une réalité méconnue en France où l’on pense que le français est langue officielle mais très mal connue ou pas du tout maîtrisée en Afrique. Ce qu’il faut savoir pour comprendre cette carte, c’est que dans de nombreux pays d’Afrique où la langue officielle est le français, le système scolaire fait que les cours sont en français, sans doute un peu comme un système d’immersion. Ainsi, aujourd’hui, il y a deux fois plus de jeunes à apprendre le français en Afrique qu’en Europe (France comprise), ce qui implique qu’avec les progrès de la scolarisation et l’allongement de la durée de vie, le français ne devrait pas tarder à être davantage parlé, même en tant que langue maternelle en Afrique (basculement actuel massif vers le français langue maternelle tout le long du golfe de Guinée). Pour comprendre l’impact de cette carte, il faut voir que le nombre d’apprenants n’est pas le nombre de personnes qui parlent actuellement le français mais qui sont en train de l’apprendre (même si c’est avec des résultats inégaux selon les pays) : c’est donc une classe d’âge qui va de 5 à 18 ans grosso modo. On ne mesure pas encore bien les implications que cela aura mais il faudra bien se pencher sur la question un jour.

Plus généralement, le français reste donc une langue apprise sur tous les continents et reste donc une langue d’importance. (2e par son influence après l’anglais selon les critères établis par Louis Calvet)

Devinette : quel est ce livre visionnaire sur la langue française ?

(Publié sur le françaisenpartage le 29-07-2013)

Pour ceux qui s’intéressent à la réforme de l’ortografe, à l’esperanto, au français et qui aiment bien rire, je vous propose les extraits succulents du livre d’un auteur français connu. Le but est de se divertir certes, mais de me donner le nom de cet auteur et le titre de son ouvrage. En quelle année cela a-t-il été écrit ? Tentez votre chance, au moins pour la date…

« Bien que le professeur ait détruit à peu près toutes les notes sur la question, nous savons par ces confidences qu’il s’était un moment proposé de mettre au point « une interlangue, associée à une pasigraphie, pour tenter l’O.N.U. ». Il m’a dit une fois : « Je sais, ces inventions ont toujours avorté. Voyez l’esperanto, voyez le volapuk, voyez la merveilleuse pasigraphie de Damm ! Il y a environ trente langues importantes sur la planète et, pour les unifier, on en a inventé trois cent quatre-vingt-deux ! Alors, une trois cent quatre-vingt-troisième, non !… Et pourtant, mon ami, n’est-ce point raisonnable de rendre plus efficace l’effort de nos enfants, en le limitant à l’acquisition de leur propre langue – dans une écriture nationale – et d’une interlangue – dans une écriture universelle – ? Au moindre potache de la section classique, on réclame beaucoup plus, puisqu’on exige de lui la connaissance du français, puis celle du latin et du grec (qui n’ont pas le même alphabet), sans compter quelques notions d’anglais. Curieuse humanité ! Faire la bombe atomique, voilà qui est sérieux. Rêver de l’anti-babel, il paraît que c’est ridicule… ». »

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